LE FRANÇAIS LANGUE PARFOIS DOMINÉE

LE FRANçAIS LANGUE PARFOIS DOMINéE
Le Québec nous remplit à la fois de fierté et d¹humilité.

Chers amis d’Impératif français,

Je suis le directeur de la revue wallonne et républicaine TOUDI dont
l’adresse sur la toile est

http://users.skynet.be/toudi

La revue se bat pour le socialisme (en tentant son renouvellement par la
lecture de JM Ferry et Habermas, notamment) et l’autonomie de la Wallonie dans
le cadre de l’Union européenne. Elle paraît mensuellement excepté le mois de
juillet, le mois d’août et les mois où elle sort sous la forme d’un numéro
double.

Je voudrais y introduire une rubrique régulière sur le Québec qui m’est
entré dans le coeur un certain jour de juillet 1967. En vue de renouveler des
liens autrefois très forts (années 70 et 80), entre militants wallons et
québécois.

Nous serions intéressés aussi à une réflexion entre intellectuels du
Québec, de Romandie (Suisse romande) et Wallonie pour trouver une position
exprimant nos trois singularités par rapport à la France (non pas contre
elle!), dans le cadre de la Francophonie

Voici un extrait du dernier numéro de TOUDI sorti ce jour, 27
février, où nous parlons de la nouvelle approche référendaire proposée par
Pierre Cloutier et où il y a aussi la brève réflexion sur la langue
française depuis deux siècles que voici:

Le français est-il une langue persécutée?

Le français n¹est pas toujours la langue des seigneurs! Il a connu depuis
deux siècles diverses infortunes.

Au Canada où, au cours du 19e siècle, l¹Anglais Lord Durham, dans un
célèbre rapport, concluait à la prochaine assimilation des Canadiens
français étant donné leur « infériorité».

à Malmedy (ville wallonne réunie à l’Allemagne en 1815), où les Wallons
ont été réprimés à partir du fameux Kulturkampf de Bismarck après 1870.

Il y a une tendance à brimer les droits des Francophones canadiens au
Québec mais surtout en dehors du Québec dans le reste du Canada.

Au Val d¹Aoste (enclave francophone en Italie), même s¹il n¹y a pas de
répression du français proprement dite, les observateurs notent qu¹il y a en
tout cas «violence symbolique».

Le Boston Globe du 2 février dernier rapportait le désir d¹anciens
immigrés du Québec et de leurs descendants, notamment dans le Maine (USA), de
retrouver leurs racines françaises. Les gens d¹un certain âge se rappellent
les vexations subies à l¹école comme ce système de points offerts aux
élèves qui dénonçaient leurs condisciples parlant français. Ou cette petite
fille qui, s¹étant cassé le bras, ne reçut de l¹aide que lorsqu¹elle
expliqua ce qui lui était arrivé en anglais.

Si l¹une des langues les plus prestigieuses au monde peut subir ce
traitement dans certains cas, on mesure ce qui peut arriver aux autres. Le
Québec nous remplit à la fois de fierté et d¹humilité. Il n¹y a de
liberté – pour personne – dans le mépris.

Nous sommes très conscients de cela avec les Flamands que, pourtant, nous
n¹avons jamais dominés en tant que Wallons et qui ont une réelle
prépondérance, eux, en tant que Flamands, dans l¹état. Plusieurs défenseurs
lucides de la langue française estiment en conséquence qu¹elle se doit de
s¹allier aux «petites cultures» dont parle Ludo Abicht (dans ce numéro à
propos des rappprts Flandre/Hollande)

à Fourons (*), la majorité flamande était en place de quelques jours
qu¹elle rédigeait déjà (contre l¹esprit de la loi), une indication
routière uniquement en néerlandais, signalant un «rétrécissement» … de
la chaussée…

JF

Les Fourons (au nord-est du territoire wallon), ont été rattachés (4000
habitants) à la Flandre en 1962, contre l’avis de la majorité des habitants
d’alors, avis exprimé lors d’un référendum officiel organisé par la Province
(plus ou moins la même chose qu’un département français) de Liège. Depuis
lors, le passage au régime flamand a augmenté progressivement le nombre de
ressortissants flamands (engagement de personnels flamands dans les services
locaux de l’état, installation d’un énorme centre culturel et même d’une
école provinciale à des dizaines de kilomètres de la Flandre – les Fourons
sont une enclave très éloignée de la Flandre et de la province flamande à
laquelle ils ont été rattachés). Dans le domaine de l’immobilier plusieurs
familles hollandaises venaient s’y installer, les prix des maisons étant moins
élevés qu’en Hollande proche. L’Union européenne permet que tous les
Européens, de quelque origine, votent aux élections municipales. Comme la
colonie hollandaise est forte à Fourons (500 personnes pour 4000 habitants), on
estime que son vote à fait basculer la majorité francophone ou wallonne qui
avait toujours oscillé entre 55 et 60% à toutes les élections régulièrement
organisées depuis 40 ans. Et qui est devenue cette fois minoritaire (47%).
Malgré sa faiblesse la majorité flamande (quelques dizaines de voix) a un
comportement triomphaliste.

Ce qui est plus grave – et que je ne savais pas au moment où la revue était
bouclée -, c’est que cette nouvelle majorité flamande, en sus de la question
des indications routières, a décidé déjà, à peine en place (le conseil
communal nouveau a été installé début février), d’expulser 40 personnes de
langue française, de condition modeste et logées dans des bâtiments
appartenant à la commune que celle-ci a décidé de revendre.

Il ne m’est pas simple de rapporter ceci car cela ne fait honneur ni aux
Flamands ni aux Wallons finalement. Mais au nom de l’équité, il me semblait
avoir le droit de rapporter cette manière rude d’imposer sa loi dans de petits
villages où le français – réellement dominant (autrefois) dans les
bourgeoisies des grandes villes famandes, et menaçant vraiment (autrefois)
l’intégrité néerlandaise de la Flandre – ne menaçait ici plus rien ni
personne. Nous allons faire appel à des Flamands convcaincus mais sensibles à
l’injustice poyur les faire réagir. Le destin de la Wallonie ne dépend pas des
Fourons mais toute injustice doit être dénoncée.

Ert il faut regretter que la Flandre (certains Flamands) veuille prendre ici
une sorte de revanche sur des gens qui n’ont pas commis ce que la Flandre peut
parfois reprocher à certains francophones et donc une revanche illogique et,
comme toute revanche, parfaitement stérile.