LE FRANÇAIS EST EN PÉRIL AU CANADA

LE CANADA L’ADMET OFFICIELLEMENT…

LE FRANçAIS EST EN PéRIL AU CANADA

Analyse de la situation réelle de la francophonie canadienne
à l’occasion de la tenue des IVes Jeux de la Francophonie à Ottawa

Impératif français
C.P. 449
Aylmer (Québec)
J9H 5E7

Juillet 2001

Reproduction et diffusion
grandement recommandées. Merci !

COMMUNIQUé

SOMBRES PERSPECTIVES POUR LE FRANçAIS AU CANADA

Impératif français, l’un des plus importants groupes de défense de la langue française et des droits des francophones au Canada, profite de la tenue des IVes Jeux de la Francophonie 2001 pour sensibiliser l’opinion publique nationale et internationale au sort peu enviable que le Canada inflige à la langue française.

Les données utilisées par les chercheurs d’Impératif français pour dénoncer le sort peu enviable que le Canada inflige à la langue française proviennent de l’agence fédérale Statistique Canada dont l’expertise est reconnue mondialement.

Le président d’Impératif français monsieur Jean-Paul Perreault a déclaré : « La langue française recule dramatiquement au Canada. Sans l’ombre d’un seul doute, le Canada anglicise. Cette oeuvre assimilatrice du Canada, quoiqu’en dise les politiciens de tous acabits, agit comme un véritable rouleau compresseur culturel. » De plus, il a tenu à préciser que « l’assimilation n’est pas une fatalité comme le prétendent certains, mais le résultat de mesures et de politiques gouvernementales, ou un manque de mesures adéquates, qui ne protègent pas et ne permettent pas l’épanouissement du fait français. »

M. Perreault souhaite que « la tenue des IVes Jeux de la Francophonie au Canada ne serve pas à camoufler le sort peu enviable que la Canada inflige à la langue française et à jeter de « poudre au yeux » sur le recul du français au Canada. »

Source :
Impératif français
Recherche et communications
C.P. 449
Aylmer (Québec)
J9H 5E7
Tél. et téléc. : (819) 684-7119
Courriel : imperatif@imperatif-francais.org

LE CANADA L’ADMET OFFICIELLEMENT…

LE FRANçAIS EST EN PéRIL AU CANADA

L’un des plus importants groupes de défense et de promotion de la langue française et des cultures d’expression française au Canada, Impératif français, présente une analyse de la situation réelle de la francophonie canadienne à l’occasion de la tenue des IVes Jeux de la Francophonie à Ottawa.

Les données utilisées par les chercheurs d’Impératif français pour dénoncer le sort peu enviable que le Canada inflige à la langue française proviennent de l’agence fédérale Statistique Canada dont l’expertise est reconnue mondialement.

« L’évolution linguistique du Canada, que les données du recensement de 1996 viennent éclairer, est nette (…) La réalité, qui va se consolidant, est celle de deux pays linguistiques dans un : le Québec, qui reste français mais devient de plus en plus bilingue, et le reste du Canada, qui est et va demeurer anglais. » ( Lise Bissonnette, Le Devoir, 5 décembre 1997 )

– Selon le recensement de 1996, la langue majoritaire au Canada, la langue anglaise, enregistre des gains encore inégalés de 2 222 401 locuteurs, soit l’équivalent du tiers de toute la population francophone contre des pertes de 263 028 pour la langue française, grâce à l’assimilation des francophones et des allophones (personnes dont la langue maternelle n’est ni le français ni l’anglais);

POPULATION ET ASSIMILATION AU CANADA

Langue

maternelle

d’usage

écart

Pourcentage

anglais

17 072 433

19 294 834

2 222 401

13,02

français

6 711 645

6 448 617

– 263 028

– 3,92

autres

4 744 052

2 784 674

– 1 959 378

– 41,30

total

28 528 130

Source : Statistique Canada – 1996

– Le poids relatif des Québécois et autres francophones poursuit sa chute. Sur une brève période de 45 ans, l’importance relative des francophones au Canada a diminué de 18,9 %, celle des Québécois de 14,5 %, et celle des francophones hors Québec de 38,3 %; la proportion de francophones et de Québécois est tombée, dans les deux cas, sous la barre psychologique des 25 %;

– L’assimilation linguistique des francophones du Canada est dramatique ( 3,92 % ). Le Reste du Canada ( Canada sans le Québec ) connaît un taux d’assimilation faramineux de 36,25 %. En Ontario – où se trouve la Capitale canadienne, Ottawa -, province des Jeux de la Francophonie 2001, ce taux est de 38,6 %;

– Dans le Reste du Canada, les dégâts se remarquent de plusieurs façons : par une baisse du nombre de francophones, selon la langue maternelle et la langue d’usage, et par une hausse perpétuelle du taux d’assimilation. Certains démographes parlent d’effondrement et même de disparition tendancielle;

éVOLUTION DE LA LANGUE DANS LE RESTE DU CANADA

Langue maternelle

Langue d’usage

écart

Taux (%)
d’assimilation

1991

976 415

636 440

– 339 975

34,80

1996

970 198

618 529

– 351 669

36,25

Source : Statistique Canada – 1996

– D’un côté, le français recule dans le Reste du Canada; de l’autre, l’anglais fait des gains de 22,61 % au Québec grâce à l’assimilation des francophones et allophones;

DEUX POIDS, DEUX MESURES : INIQUITé

Lieu

Langue

maternelle

d’usage

écart

Pourcentage

Québec

anglais

621 862

762 434

+ 140 572

+ 22,61

Reste du Canada

français

970 198

618 529

– 351 669

– 36,25

Source : Statistique Canada – 1996

– L’unilinguisme anglais, l’ignorance ou le rejet de la langue française, fait des progrès au Canada! Le nombre de Canadiens ne connaissant qu’une langue officielle, l’anglais, progresse de un million de personnes tous les cinq ans alors que le nombre de Canadiens ne connaissant que le français, l’autre langue officielle du Canada, est en baisse;

– Au recensement 1996, on comptait 683 332 personnes dans les provinces et territoires canadiens à l’ouest du Québec se déclarant de langue maternelle française, mais de ce nombre il ne reste seulement que 371 300 francophones qui admettent encore parler le plus souvent français à la maison ! Facile à comprendre quand on sait qu’il n’y a AUCUNE UNIVERSITé FRANCOPHONE digne de ce nom à l’Ouest du Québec… alors qu’au Québec, les anglophones, environ 600 000 personnes, ont 3 universités anglophones.

– L’analphabétisme fonctionnel élevé chez les francophones du Reste du Canada est grandement attribuable à une accessibilité réduite aux institutions scolaires et aux services sociaux dans leur langue;

– Difficulté de naître, de se faire soigner et de mourir en français dans le Reste du Canada faute d’institutions et de services de santé accessibles en français; il est périlleux pour sa santé à tout non-anglophone de s’aventurer au Canada anglais;

– Le seul hôpital francophone à l’ouest du Québec, en Ontario, à Ottawa, la Capitale canadienne et ville des IVes Jeux de la Francophonie, est menacé de fermeture par les gouvernements canadien et ontarien; les porte-parole de la plus importante communauté francophone à l’extérieur du Québec doivent recourir aux tribunaux pour tenter de bloquer cette tentative « meurtrière »;

– Les données du recensement de 1996 confirment que la politique canadienne de bilinguisme est une réussite ( ! ) puisque les anglophones peuvent tranquillement demeurer unilingues grâce au bilinguisme ou, pis encore, à l’assimilation des non-anglophones. Plus de 91 % des Canadiens anglais pratiquent une forme d’exclusion culturelle ou, si vous préférez, un unilinguisme sans regret alors que 41 % des francophones sont bilingues. Tout est en place pour une accélération de l’anglicisation dans l’ensemble du Canada ! ;

– à l’instar des Canadiens anglais, un grand nombre de fonctionnaires de la fonction publique canadienne sont unilingues; certains emplois fédéraux requérant la connaissance de la langue française sont occupés par des unilingues anglais;

– Deux poids, deux mesures : en Ontario, sans la région de la Capitale fédérale ( RCF ), 9 % des postes de la fonction publique canadienne exigent le bilinguisme ( anglais et français ) pour une population de 500 000 Franco-Ontariens alors qu’au Québec, sans la RCF, ce sont plus de 54 % des postes qui exigent la maîtrise de la langue anglaise pour à peine 600 000 Anglo-Québécois. Le Canada anglicise;

– Le gouvernement canadien verse annuellement près de deux millions de dollars à des organismes canadiens établis au Québec ( Alliance Québec, The Townshippers, etc. ) ayant pour mandat d’oeuvrer très activement à l’avancement et au rayonnement de la langue et de la culture vastement majoritaire au Canada et en Amérique, la langue et la culture d’expression anglaise. Très souvent ces subventions servent à financer des campagnes promotionnelles de désinformation et de salissage à l’étranger et auprès des Nations unies présentant la langue et la culture d’expression anglaise comme menacées de disparition au Québec, le seul lieu en Amérique du Nord où la langue et la culture d’expression française se portent « le moins mal »;

– Dans la Capitale canadienne, Ottawa, les chefs de police, les agents de l’ordre, les chauffeurs d’autobus, d’autocars et de taxis, les employés d’aéroport et de gares d’autocars et de train, les fonctionnaires municipaux, les employés des commerces de détail et de bureaux de professionnels ont été maintes fois embauchés bien qu’on les savait unilingues anglais, incapables de respecter l’autre réalité que l’on veut ignorer ou, pire encore, cacher;

– Dans la capitale canadienne, Ottawa, ville des Jeux de la Francophonie 2001, l’affichage commercial est presque « exclusivement » en anglais;

– Dans certaines régions du Canada anglais, les abonnés n’ont même pas accès à la télévision de langue française ou seulement accès à une ou deux stations de langue française alors qu’ils peuvent capter plusieurs dizaines de stations de langue anglaise en provenance des états-Unis !

– La « déportation » de la langue française imposée par le Canada se retrouve éloquemment exprimée dans les statistiques de la ville d’Ottawa, ville des IVes Jeux de la Francophonie. Vous constaterez que le résultat des politiques et des us et coutumes canadiens conduisent inexorablement à l’extinction prévisible des francophones. Le taux d’assimilation est de 27,10 % pour Ottawa, la Capitale canadienne :

IVes JEUX DE LA FRANCOPHONIE

VILLE D’OTTAWA
CAPITALE CANADIENNE
POPULATION ET ASSIMILATION LINGUISTIQUE
1996

Langue

maternelle

d’usage

écart

%

Anglais

475 115

558 132

+ 83 017

+ 17,47

Français

112 242

81 820

– 30 422

– 27,10

Autres

124 518

73 823

– 50 695

– 40,71

Total

713 880

Source : Municipalité régionale d’Ottawa-Carleton et Statistique Canada 1996

– Selon le rapport du 10 avril 1997 de la Commission des questions politiques des droits d’une minorité linguistique, le Conseil de l’Europe déclare que « la situation de la minorité anglophone du Québec est un excellent exemple de la protection des droits d’une minorité linguistique. » Le Canada, plus particulièrement le Canada anglais, ne peut en dire autant de la protection des droits des francophones…

CONCLUSION

à maintes reprises, les politiciens canadiens ont proclamé que le Canada a deux langues officielles jouissant d’une égalité de statut, de droits et de privilèges. Un constat émerge toutefois : la langue anglaise serait plus officielle et plus égale; elle aurait plus de statut, plus de droits et beaucoup plus de privilèges!

La langue française recule dramatiquement au Canada. Sans l’ombre d’un seul doute, le Canada anglicise. Cette oeuvre assimilatrice du Canada, quoiqu’en dise les politiciens de tous acabits, agit comme un véritable rouleau compresseur culturel. La langue majoritaire, l’anglais, enregistre au Canada des gains constants et mêmes inégalés au détriment de la langue française.

Les différences de traitement et les statistiques d’assimilation linguistique citées dans cette étude ne sont pas uniquement le résultat de politiques discriminatoires passées ni une conséquence pénible de la condition minoritaire des francophones dispersés sur un continent anglophone ou une fatalité comme le prétendent certains, mais le résultat de mesures et de politiques gouvernementales qui ne protègent pas et ne permettent pas l’épanouissement du fait français.

Sous les apparences d’un pays bilingue, le gouvernement canadien cache aux yeux de l’opinion canadienne et étrangère une toute autre réalité : le Canada a une langue plus officielle que l’autre, c’est l’anglais. Au Canada, la majorité domine de plus en plus tandis que la minorité est de plus en plus marginalisée.

Alors que le Canada se fait sur la scène internationale le grand défenseur de la diversité culturelle mondiale, ses politiques actuelles uniformisent de plus en plus le Canada et fragilisent sa plus grande minorité.

La tenue des IVes Jeux de la Francophonie au Canada ne doivent pas faire oublier le sort peu enviable que la Canada inflige à la langue française et la nécessité urgente d’agir pour corriger cette situation qui conduit inexorablement à ce que certains démographes appellent « la disparition tendancielle » ou « l’extinction intergénérationnelle » et, parallèlement, à l’affaiblissement de la place et de l’importance de la langue française et de la francophonie dans le monde.

Bibliographie virtuelle :

La disparition tendancielle : l’extinction intergénérationnelle

Le recul du français au Canada : les deux côtés de la médaille

Tendances lourdes, Lise Bissonnette, Le Devoir, 5 décembre 1997
http://www.ledevoir.com/ott/1997/edlan051297.html

Le Rapport Durham à sa Majesté d’Angleterre

Le grand nettoyage canadien

L’humiliation des francophones vivant dans la Capitale canadienne

Le Canada anglicise le Québec

Le Canada cherche à cacher la vérité

L’unilinguisme anglais fait des progrès au Canada

Le Canada anglicise

La purification ethnique au Canada
http://www.ottawacitizen.com/national/990610/2706109.html

La fonction publique canadienne : une machine manipulatrice

Impératif français remercie tous ceux et celles qui ont collaboré de près ou de loin à la réalisation de cette étude.

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IMPéRATIF FRANçAIS

Impératif français est un organisme de recherche et de communications pour la défense et pour la promotion de la langue française et des cultures d’expression française. Impératif français célèbre cette année sa vingt-sixième année d’existence.

Mouvement Impératif français
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Site : http://www.imperatif-francais.org

La reproduction et la diffusion de ce document sont grandement recommandées.

Merci !

P.-S. Réalisée initialement en 1999 à l’occasion du Sommet de la Francophonie tenu à Moncton, cette analyse n’a été que légèrement modifiée afin de tenir compte des changements qui ont pu se produire depuis.