LANGUE DE TRAVAIL ET AFFICHAGE

LANGUE DE TRAVAIL ET AFFICHAGE

Affiche et texte soumis au contentieux syndical pour étude.

montréal, le 30 septembre 2001

MONSIEUR SERGE LAVOIE

PRéSIDENT DU SYNDICAT DES CHAUFFEURS D’ AUTOBUS,
OPéRATEURS DE MéTRO ET EMPLOYéS DES SERVICES CONNEXES
AU TRANSPORT DE LA STCUM – SECTION LOCALE 1983 – SCFP

4274, rue Papineau, bureau 200
Montréal, (Qc.) H2H 1S9

Téléphone: 514-527-4171

Télécopieur : 514-527-8597

Courrier électronique: scfp1983@videotron.net

Monsieur Lavoie,

Je pense que le temps est venu que vous assumiez tous les devoirs et responsabilités qui incombent à votre poste de président syndical. Sachez qu’en tant que membre cotisant de votre syndicat, il n’est pas normal que ne m’ait pas été garanti pour me défendre, et cela depuis plus d’un an, le plein appui de vos ressources qui sont aussi de plein droit les miennes. Il y a longtemps déjà que vous avez quitté, par votre attitude, le domaine simplement banal de la négligence et que vous vous avancez sciemment dans la compromission impardonnable d’un de mes droits de travailleur. à travers moi, et le néfaste traitement que vous reservez à mon droit, vous atteignez, ce qui est pire encore, au droit collectif de la totalité de vos syndiqués, ne l’oubliez jamais. Vous aurez, j’en suis sûr, compris qu’il est ici question de la nature nuisible de vos positions dans ce dossier de l’affichage et de la langue de travail.

Grâce à l’hostilité que vous m’avez manifesté à chaque fois que j’ai tenté de soumettre à votre soin ce dossier, je me trouve aujourd’hui aux prises avec la machine disciplinaire de la STCUM qui, n’ayant jamais à vous retrouver en travers de son chemin, avance vers moi en ayant le loisir de la plus complète marge de manoeuvre de faire à sa guise pour me dépouiller d’un droit que vous-même semblez mépriser. Et tout cela parce que j’aurai fait un travail qu’il est de votre compétence et de votre obligation de faire. Y aurait-t-il eu à mon insu une redéfinition, par le monde syndical dans son ensemble, des responsabilités qui sont dévolues à chacun des syndicats locaux et qui remettrait à chaque syndiqué la responsabilité entière de défendre seul ses propres droits ? Sinon, à vous maintenant de jouer votre rôle au-delà du simple dépôt, comme vous l’avez jusqu’à maintenant fait, d’un banal grief dont chaque syndiqué peut facilement de lui-même faire le dépôt sans l’aide d’un onéreux et, dès lors, inutile appareillage syndical. Dans le but de justifier le poste que vous occupez, il est temps que vous fassiez bénéficier à vos syndiqués de ces fameuses ressources dont je vous parlais plus tôt, qui nous appartiennent en propre, et auxquelles, dans ce dossier, vous nous avez privé jusqu’à maintenant de puiser.

Aujourd’hui, c’est ce que, par cette lettre, je vous demande quoi que puisse en penser l’hostilité de vos incompréhensibles préjugés personnels à ce sujet que je n’arriverai sûrement jamais à comprendre, à supposer qu’il m’était donné de vouloir un jour les comprendre. Votre opinion ne m’ayant été jusqu’à maintenant d’aucun secours, je vous demande donc de transmettre à mon contentieux syndical le document qui suit cette lettre pour qu’il puisse, à la lumière de ce que j’y fais valoir, produire, dans un délai raisonnable, la marche détaillée de ses réflexions ainsi que les conclusions les plus probables auxquelles cet exercice l’aura mené. M’est-il besoin de vous rappeler que de nombreux regards sont désormais tournés vers vous et jugeront de la tranparence et de la rapidité avec laquelle vous vous déchargerez, par ma demande, de votre devoir envers vos syndiqués. Il ne vous sera sans doute pas inutile de savoir aussi que j’ai d’autres avis légaux en ma possession qui accordent, sans hésiter, aux arguments que je soutiens, tout l’appui de la Charte des droits et libertés sans oublier, bien sûr, la Charte de la langue française.

Dans cette affaire où les enjeux sont rien de moins que fondamentaux, de nombreux défenseurs de la langue française vous regardent et attendent pour voir de quel côté vous retomberez: celui du droit de vos syndiqués ou celui de ceux dont il n’est pas de votre mandat de défendre. Il n’est pas, monsieur Lavoie, encore trop tard pour prendre la place que vous vous devez d’occuper par votre présidence. Vous aurez, je l’espère, aussi compris qu’il se fait tard.

Voici donc l’affiche et le texte que je soumets à vos bons soins ainsi qu’à ceux de mon contentieux syndical pour étude.

Pour être sûr d’être bien compris, dois-je aussi spécifier que me soit faite, par la suite, une soumission écrite des résutats pour que je puisse éplucher le sérieux et la rigueur de la démarche.

Français

En toute conformité avec la loi 101 (art.4 & art.45), l’employé occupant ce poste n’est pas tenu de parler une langue autre que le français.

Deutsch

In aller Übereinstimmung mit Gesetz 101 (art.4 u. art.45), wird der Angestellte, der diese Station besetzt, angehalten, um keine Sprache anders als Franzosen zu sprechen.

English

In all conformity with law 101 (art.4 & art.45), the employee occupying this station is not held to speak any language other than French.

Español

Según la ley 101 (art.4 & art.45), en toda conformidad, el empleado ocupando este puesto de trabajo, no puede estar obligado a hablar otro idioma que el Francés.

Italiano

Conformemente alle disposizioni di legge (legge 101, art.4 & art.45), l’impiegato che occupa questo posto non è tenuto di parlare altra lingua que il francese.

Une affiche incontestable

(la solution non négociée)

Article 4

Les travailleurs ont le droit d’exercer leurs activités en français

Article 45.
Il est interdit à un employeur de congédier, de mettre à pied, de rétrograder ou de déplacer

un membre de son personnel pour la seule raison que ce dernier ne parle que le français ou

qu’il ne connaît pas suffisamment une langue donnée autre que la langue officielle ou

parce qu’il a exigé le respect d’un droit découlant des dispositions du présent

chapitre.

Si vous craignez que la STCUM puisse vous refuser l’utilisation que vous pourriez faire de cette affiche durant votre travail, permettez que je vous rassure. Non seulement avez vous le droit de travailler en français (art. 4) mais l’article 45 stipule, en plus, que vous avez aussi le droit d’exiger le respect de l’article 4.

Travaillant exclusivement avec la clientèle, si vous exigez que votre droit soit respecté, vous devez donc nécessairement l’exiger de celle-ci. Il va de soi que vous ne perdrez pas votre temps à demander à «Jéhova» ou à la «Sainte Vierge» de respecter votre droit car il est communément accepté et reconnu qu’ils en sont respectueux. Donc, vous ne faites pas mauvais usage de votre temps et vous soumettez votre exigence, comme il est normal de le faire, à ceux seulement qui le contestent ou qui sont en mesure de le contester : la clientèle. Il n’y a pas, non plus, des millions de façons d’exiger que votre droit soit respecté. Vous pouvez, bien sûr, le faire par la parole mais c’est une grande dépense de salive et d’énergie; vous pouvez, également, le faire par télépathie mais votre «fluide subtil» traversera toujours mal les masses osseuses crâniennes qui seraient plus épaisses que la moyenne; ou vous pouvez, finalement, le faire par l’écrit (mon affiche). Celle-ci ne vous coûte ni salive, ni énergie et a aussi le grand avantage d’économiser votre tout précieux «fluide mental».

Celle-ci constitue, selon mon opinion et celle tout aussi éclairée de mon avocat, possiblement la seule affiche destinée au public et issue du seul travailleur, qui soit protégée par la loi et dont il est, à toute fin pratique, impossible à la STCUM de vous contester, avec succès, l’utilisation ou l’affichage. Si jamais la STCUM se laissait, dans un moment d’égarement, tenter par l’idée de le faire, votre syndicat, premier défenseur de vos droits de travailleurs, se ferait alors un plaisir et un devoir de voir à votre protection. Il est intéressant de savoir que les obligations ainsi que toutes les lois et règles des organismes publics, parapublics et organisations syndicales ou de toutes autres sortes, reconnus par la loi, sont nécessairement assujetties aux lois et règlements votés par l’assemblée nationale du Québec qui ont droit de préséance, article 4 et 45 de la loi 101 inclus. Pour asseoir sa légitimité, on ne peut faire mieux.

Pour en savoir davantage, consulter les documents suivants sur le site internet d’Impératif français :

«VOUS ÊTES LÉGALEMENT DANS VOTRE BON DROIT!»
AUTOPSIE D’UNE PARODIE DE JUSTICE À LA STCUM

Robert Choquette Matricule 22903

Courriel : nelligan29@sympatico.ca

C.c. : Madame Diane Lemieux (Ministre de la Culture et des Communications)

C.c. : Madame Louise Harel (Ministre des Affaires municipales et de la Métropole)

C.c. : Office de la langue française

C.c. : Commission de protection de la langue française

C.c. : Monsieur Pierre Marois (Président de la Commission des droits de la personne)

C.c. : Conseil de la langue française

C.c. : Monsieur Claude Généreux (Président de la division SCFP Québec)

C.c. : Monsieur Jean-Paul Perreault (Impératif français)

C.c. : Monsieur Guy Bouthillier (Président de la Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal)

C.c. : Monsieur Bernard Frappier (Fondateur et éditorialiste de Vigile)

C.c. : Avant-garde Québec

C.c. : Monsieur Benoit Roy (Président du Rassemblement pour un Pays Souverain)

Robert Choquette

nelligan29@sympatico.ca