L’ANGLAIS ? DOUCEMENT, DOUCEMENT…

L’ANGLAIS ? DOUCEMENT, DOUCEMENT…

Arrêter de nous saouler aux séries américaines,
lesquelles constituent un ensemble de stupidités.

L’orthographe, la grammaire, le vocabulaire et
inévitablement les oeuvres littéraires, constituent les assisses d’une langue.
Le français, notre belle langue, est, à cet égard, un modèle du genre. Les mots
ont un talent certain, c’est ce que ne cesse de répéter Alain Rey (patron du
Robert) lequel ajoute: « à nous d’en être conscients et de favoriser ce talent»
. Hélas, hélas, hélas : le français est de plus en plus bourré d’anglicismes ce
qui a pour fâcheux objet de nuire à l’élégance de notre langue. Hitchcock a dit
que « en Suisse, ils ont les lacs et le chocolat» . Il aurait pu dire aussi : «
Et l’anglais» .

Certes, André Gide soutenait que « toute chose
appartient à qui sait en sortir» . Pardon ! Impossible d’en sortir car l’anglais
est devenu la langue universelle dans le monde. Qu’on le veuille ou non. En
Suisse, par exemple, on privilégie l’étude de l’anglais par rapport au français
et, aussi à l’allemand. Voici où nous en sommes… Il est donc impératif que
nous luttions pour que nos langues nationales ne soient pas sacrifiées à cette
nouvelle orientation. Tout en maintenant, bien sûr, l’anglais.

La première des chose à faire serait de nous
arrêter de nous saouler aux séries américaines, lesquelles constituent un
ensemble de stupidités, à quelques exceptions près. Au niveau de la culture,
l’incidence est désastreuse et va nous amener à de tristes lendemains. N’est-ce
pas déjà trop tard pour amorcer et poursuivre une saine réaction.

Pierre G. Théus
Chevalier de l’Ordre du Mérite (France)
Suisse

(Ce texte a déjà été publié dans L’IMPARTIAL)

(Le 12 décembre 2001)