LA GUERRE DE VELOURS

LA GUERRE DE VELOURS

Une nouvelle menace pèse sur notre
civilisation.

Cette menace c’est la menace de
la "guerre de velours",une nouvelle forme de guerre qui a été
conceptualisée et découverte par Claude Rifat(El-Sayed),un chercheur
contemporain qui a continué et étendu l’oeuvre d’analyse psychosociale de feu
le Dr Henri Laborit, dont il était, d’ailleurs, un ami. Selon Rifat, la guerre
de velours est la troisième étape du redéploiement de l’agressivité
spécifique intra-mâle dans une nouvelle symbolique guerrière, plus abstraite
que les symboliques guerrières des anciennes guerres dites "chaudes"
ou "froides",pour prendre une terminologie anglo-saxonne. En somme, la
guerre de velours est la continuation, reformulée dans la symbolique, du
comportement guerrier dominateur de l’homme mâle! Ce qui veut dire que l’homme
mâle, loin de souhaiter la Paix, une paix générale, préfère, encore et
toujours, la guerre et les affrontements car cela fait partie de son
éthogramme. L’important à découvrir dans cette notion c’est que nous sommes,
malheureusement, toujours en guerre même si, paradoxalement, nous ne voyons pas
cette guerre! Etant en guerre, nous devons, dès lors, lutter pour en sortir
victorieux afin de proposer une alternative définitive à la guerre: la
collaboration par le respect profond des identités des uns et des
autres,"l’apprivoisement" de l’homme sauvage et compétitif en un
homme civilisé et pacifique.

La formulation du concept de la
guerre de velours nous fait, ainsi, découvrir que l’homme prétendument
"moderne" est, toujours, un barbare mais un barbare déguisé! Ce
barbare emploie des alibis verbaux, comme disait Henri Laborit, pour justifier
sa neurobiochimie cérébrale qui le conduit, depuis des millénaires et
inéluctablement, à l’affrontement et à la violence, à travers ce que Claude
Rifat a pu encore nommer, ironiquement, le "syndrôme testiculaire",
qui désigne cette propension instinctive, typiquement mâle, de toujours
rechercher la querelle, l’affrontement, la compétition sytle gladiateurs,
lorsque des mâles sont en présence communicationnelle, au lieu de rechercher
la négociation, le dialogue, choses typiquement plus féminines. En effet,
quand les mâles de notre espèce se rencontrent, la première chose qu’ils font
c’est de se brandir, symboliquement, leurs testicules les uns à la face des
autres qu’ils identifient, inconsciemment, d’abord à un adversaire qu’il faut
"pacifier", dominer, soumettre et contrôler! Voyant dans l’autre
immédiatement un "adversaire",l’homme mâle devient, dès lors,
incapable de communiquer sauf dans un système de hiérarchie de dominance très
strict et ritualisé. C’est ce syndrôme testiculaire qui est à l’origine des
hiérarchies intra-mâles car ces hiérarchies ritualisent l’agression pour
l’éviter entre membres mâles d’un
même
groupe.

Pour tenter d’amener l’humanité
vers une paix universelle il est essentiel de connaître ce syndrôme et, bien
sûr, ensuite de réaliser qu’il est à l’origine de la plupart des malheurs de
l’homme. De là nous en arrivons à cette nouvelle forme de guerre qui vient de
remplacer la guerre froide et que Rifat a bien nommé par le terme de
"velours" car c’est une guerre furtive, souriante, presque tranquille
même, douce comme du velours, en apparence, où l’on assassine et l’on tue dans
la joie et le silence! Donc le *fait primordial* de l’humanité mâle,
l’agression intra-spécifique, loin d’avoir disparu à l’époque moderne, s’est
ritualisé dans des formes de plus en plus abstraites mais toujours, et c’est
là l’essentiel,*en se maintenant*,inchangé, alors qu’il s’agit, au nouveau
millénaire, de faire disparaître, définitivement, l’agressivité
intra-spécifique qui n’est plus que l’équivalent comportemental de
l’appendice, donc une chose parfaitement inutile! Mais c’est un appendice qui
transforme l’humanité en péritonite… et qu dit péritonite dit mort presque
immédiate!

Si, donc, l’humanité veut
poursuivre son évolution, elle doit se guérir, à tout jamais, de ce fameux
syndrôme testiculaire.

Claude Rifat
cyrano@aqua.ocn.ne.jp

(Le 11 février 2001)