LA FRANCISATION DE L’ESTRIE

LA FRANCISATION DE L’ESTRIE
Après Gatineau en Outaouais, Grandes-Fourches en Estrie… avec l’aide de
Québec

Claude Lessard
Québec-Inter
claude@lessard.com

Le gouvernement a choisi le nom de Gatineau pour la nouvelle métropole de
l’Outaouais. Bravo ! Et adieu à ce Hull qu’on a toléré trop longtemps.

Peut-on penser maintenant à répéter le même exploit en Estrie ? Se
débarrasser de ce nom de Sherbrooke à la faveur du fusionnement des
municipalités ne sera pas si facile.

La nouvelle agglomération sera à 95% francophone mais elle continuera
de
s’affubler d’un nom anglais. Et si le nom de la métropole de l’Estrie (
la
«Ville reine des Cantons de l’Est» disent probablement encore de nombreux
résidents), perdure, ce ne sera pas par crainte d’une révolte des anglos de
Lennoxville et des campagnes loyalistes avoisinantes…

Ce sera à cause d’une certaine mentalité qui tarde à disparaître dans
ce
coin de pays, celle d’un bonne-ententisme à tout prix, celle d’une
population dont un large segment vit encore avec l’impression que les
anglophones forment un important groupe dans cette région.

Il y a cinquante ans existait à Sherbrooke la pratique de l’alternance
anglo-franco à la mairie…alors que les anglophones ne représentaient que 8%
de la population…Il y a certainement encore des gens – des Charest et des
Gagnon-Tremblay, par exemple – qui ont la nostalgie de cette époque…du
Eastern Townships Agricultural Association et du bilinguisme intégral et des
parades avec salut à l’Union Jack devant la Bank of Montreal sur Wellington…

La francisation du nom de la métropole est un vieux rêve chez les
nationalistes de la région. Déjà à l’époque de Maurice O’Bready
circulaient
des noms comme Cherbourg pour rebaptiser la ville. Mais seul le courage
politique à Québec (ça existe ?) pourrait opérer un miracle. Car il semble
que pour le conseil municipal le nom de Sherbrooke soit «coulé dans le
béton».

Le Mouvement estrien pour le français a demandé un nom français pour la
nouvelle ville issue de la fusion avec Sherbrooke et rencontré en vain le
conseil municipal à cet effet. On ne veut rien savoir de tout cela dans
l’ancien Palais de justice…

Un nom significatif et bien français serait une mesure intéressante pour
refléter la réalité francophone de la région. Le nom de Grandes-Fourches,
puisque la métropole de l’Estrie sera située à la rencontre des rivières
Magog, Massawippi et Saint-François, a été suggéré par le MEF.

Il semble que la population ne sera pas consultée pour le choix d’un
nouveau
nom. Remarquons que cela ne changerait peut-être pas grand chose à la
problématique : une population dont la majorité des gens semblent bien à
l’aise depuis si longtemps sur ses rues Wellington, King, Aberdeen, McManamy,
Queen, Bowen, Morkill…se sentirait peut-être dépaysée dans un nouveau
paysage français.

Adieu aux Grandes-Fourches. Reste la francisation des principaux artères de
la nouvelle métropole, objectif que poursuit le MEF.

Bon courage à ces vaillants Estriens! Espérant que notre gouvernement
national et souverainiste saura vous appuyer dans votre démarche…