INTERNET, LA NOUVELLE ARME CULTURELLE

INTERNET, LA NOUVELLE ARME CULTURELLE
Pour Boutros Boutros-Ghali, le Réseau peut aider à préserver le
patrimoine de l’humanité.

Extrait du quotidien Le Monde

L’insertion de la francophonie dans la société de l’information est-elle une
priorité de l’Organisation internationale de la francophonie (OIF) ?

Je suis convaincu que la société de l’information est un nouvel instrument qui
doit nous aider à préserver les identités culturelles. Avec les technologies de
l’information et de la communication (TIC), nous sommes en possession d’un
outil beaucoup plus puissant pour défendre les langues et les cultures
locales qu’en continuant à nous appuyer sur le " vieux système ". Dans le vieux
système, un professeur touche seulement les étudiants qui sont dans sa
classe. Grâce à Internet, il peut créer des sites et diffuser son savoir vers un
public beaucoup plus large. Sur le plan politique, je répète depuis trois ou
quatre ans que le mur de Berlin a disparu mais que nous devons nous battre
pour éviter qu’un nouveau mur, numérique celui-là, ne divise le Nord et le Sud.
Nous devons construire des ponts numériques. S’il n’en tenait qu’à moi, je
concentrerais tous les efforts de l’Organisation sur les technologies de

l’information et de la communication.

Qu’est-ce qui vous en empêche ?
Si nous privilégions le développement des autoroutes de l’information, nous
consentons un investissement à long terme. Or notre opinion publique ne
comprendrait pas car l’espace francophone compte des Etats qui
appartiennent aux PMA pays les moins avancés et attend donc des réponses

à court terme à des problèmes urgents. L’urgence, dans les PMA, fait
concurrence aux nouvelles technologies. Nous n’avons pas seulement à
lutter contre la création du mur numérique, à lutter contre l’importance
d’une langue dans les TIC, mais nous avons aussi à lutter avec le
sous-développement, qu’il soit dû aux guerres, aux pandémies ou aux
famines. C’est un conflit entre le court terme et le long terme. Mais je
suis persuadé que l’un des éléments pour impulser une dynamique nouvelle
à l’Afrique francophone est une utilisation plus grande des technologies de
l’information. C’est pourquoi nous voulons toujours placer les TIC au premier
plan de nos priorités.

(…)