CONTRE LA PENSÉE UNIQUE

CONTRE LA PENSéE UNIQUE
Résister à l’uniformisation du monde

A Cotonou, la Francophonie va adopter un plan
contre la pensée unique

PARIS, 12 juin (AFP) – La Francophonie va
adopter cette semaine à Cotonou (Bénin) un plan d’action pour les dix
prochaines années destiné à promouvoir une culture à même de
"résister à l’uniformisation du monde" et à la mondialisation
économique, indique-t-on dans les milieux francophones.

Cette rencontre, les 14 et 15 juin, aura lieu
avant deux réunions cruciales sur le mêmes thèmes: le sommet francophone de
Beyrouth en octobre prochain et une réunion ministérielle de l’OMC
(Organisation Mondiale du Commerce) en novembre à Doha (Qatar), indique-t-on à
l’Organisation Internationale de la Francophonie (OIF), présidée par l’ancien
numéro un de l’ONU, Boutros Boutros-Ghali.

Les francophones, qui représentent quelque 500
millions de personnes dans le monde, veulent, selon le ministre de la culture
libanais Ghassan Salame, en charge du sommet de Beyrouth, trouver lors de la
réunion au Liban les moyens, notamment financiers, pour éviter une dérive
vers la "pensée unique" et favoriser la "diversité
culturelle".

La "diversité culturelle" est, a
indiqué le ministre libanais lors d’une conférence de presse lundi à Paris,
le moyen de favoriser l’universalisation des "petites cultures" et des
"cultures menacées".

Une trentaine de ministres francophones doivent
mettre la dernière main lors d’une Conférence ministérielle dans la capitale
du Bénin à une "Déclaration Politique" et un "Plan
d’Action" sur le rôle des "biens et services culturels porteurs de
l’identité des peuples" face à la mondialisation.

Cette déclaration et ce plan, une fois adoptés
à Cotonou, seront présentés aux cinquante-cinq chefs d’Etat et de
gouvernement francophones des cinq continents qui se réuniront en sommet à
Beyrouth en octobre sur le thème du "Dialogue des Cultures".

Les deux textes doivent par ailleurs
synthétiser la position des pays francophones en vue d’une réunion
ministérielle de l’OMC à Doha en novembre prochain, indique-t-on à
l’Organisation Internationale de la Francophonie (OIF).

La place des biens et services culturels au sein
du commerce mondial fait l’objet d’un débat récurrent entre grandes puissances
au sein de l’OMC depuis plusieurs années.

La Francophonie a rappelé, lors de son dernier
sommet, à Moncton (Canada), en septembre 1999, que "les biens culturels ne
sont en aucun cas réductibles à leur seule dimension économique".

A Cotonou, les ministres francophones
s’appuieront sur une synthèse de travaux préparatoires effectués durant
dix-huit mois par 120 experts et artistes des cinq continents.

Ce document préconise notamment, pour les
francophones, de "développer des ententes de coproduction, de
cofinancement et de distribution; de s’accorder des privilèges permettant la
coproduction ou la codistribution d’oeuvres; d’établir des mécanismes assurant
l’allègement des pressions fiscales à l’importation au profit des produits
culturels".

Pour ce qui est du soutien aux industries
culturelles francophones, les auteurs du rapport affirment qu’il convient de
"plaider pour que les Etats offrent à ces industries l’accès à des aides
fiscales et à des garanties de prêts, de donner une reconnaissance légale au
mot mécénat comme alternative incontournable de financement de la culture,
(et) d’étudier un fonds d’investissement pour les investissements culturelles
francophones".

(Extrait de Yahoo France, ce texte nous a été
communiqué par notre correspondant M. adrien Borel,
adrienb01@yahoo.fr
(Le 19 juin 2001))