BILINGUISME À AIR CANADA

BILINGUISME à AIR CANADA
Des promesses…

(Texte extrait du site de Radio-Canada le mardi 4 décembre 2001)

Le président d’Air Canada, Robert Milton, a promis de «redoubler d’efforts»
pour augmenter et améliorer les services bilingues, anglais et français, au
sein de l’entreprise. Il s’est aussi engagé à dévoiler un plan d’action sur
les services bilingues d’ici le printemps 2002.

M. Milton a pris ces engagements lundi soir, lors de sa comparution devant
le comité mixte (Sénat et Chambre des communes) sur les langues officielles.

Ces dernières années, Air Canada a reçu un grand nombre de plaintes à propos
d’infractions aux politiques de bilinguisme. Tout y passe: les services en
vol et au sol, les campagnes publicitaires, la langue de travail.

Le Commissaire aux langues officielles, qui reçoit plus de plaintes de
clients mécontents d’Air Canada que de toute autre source, est intervenu à
plusieurs reprises auprès de la compagnie aérienne sans que cette dernière
ne donne suite à ses recommandations. Robert Milton soutient quant à lui que
le problème n’est pas si important que certains l’affirment. L’an dernier,
dit-il, la compagnie n’a reçu que 137 plaintes concernant le bilinguisme
alors qu’Air Canada a transporté 30 millions de passagers.

Robert Milton reconnaît toutefois qu’il y a un problème qu’il impute en
grande partie à la fusion avec Canadien. 16 000 employés unilingues
anglophones ont alors intégré les rangs de la compagnie, diminuant du coup
la capacité d’Air Canada d’offrir des services en français. Le président du
transporteur aérien a expliqué que les efforts de la compagnie pour diminuer
le nombre de plaintes de francophones ont subi un autre dur coup le onze
septembre.
La compagnie, a-t-il expliqué, a dû mettre à pied depuis les attentats des
milliers d’employés qui ont peu d’ancienneté. Or, selon Robert Milton, ces
employés étaient à peu près tous bilingues. Et puis, il affirme qu’il n’a
pas la collaboration des syndicats quant vient le temps
d’affecter au moins un employé bilingue sur les vols qui le nécessitent.

Quoi qu’il en soit, M. Milton promet d’ici le printemps un plan d’action
pour mieux desservir sa clientèle francophone. Ce plan d’action sera élaboré
en collaboration avec le Commissariat aux langues officielles. Entretemps,
promet-il, la compagnie va continuer à chercher à s’améliorer.

Les partis d’opposition se sont montrés très sceptiques quant aux intentions
réelles d’Air Canada. Tant le député bloquiste Benoît Sauvageau qu’Yvon
Godin, du NPD, ont dit craindre n’avoir entendu que d’autres «voeux pieux»
de la part de M. Milton.

Un député a même suggéré à Robert Milton de prêcher par l’exemple et
d’apprendre le français. Le président d’Air Canada a répondu qu’il s’est
inscrit à des stages d’immersion en français à
plusieurs reprises mais qu’à chaque fois il a dû annuler parce qu’un nouveau
drame venait de frapper sa compagnie.

Le comité mixte des Communes et du Sénat pourrait proposer des mesures
punitives pour forcer Air Canada à respecter la loi sur les langues
officielles.

Hyperliens pertinents Air Canada

http://www.aircanada.ca/f-home.html

(Ce texte nous a été communiqué par notre correspndant M. Daniel A. Duclos)