WHERE IS THE GENUINE FRANCE

Where is the genuine France ?
Ou se détruire pour s’enrichir

M. Jean Glavany
(
Jean.Glavany@Agriculture.Gouv.Fr)
Ministre de l’Agriculture et de la Pêche,
Paris, France

Objet : «French Foods (Sopexa)» / http://www.frenchfoods.com/sopexa/

Monsieur,

Je suis un véritable amoureux de la France, de ses produits de la table de manière toute
singulière. à telle enseigne qu’au fil du dernier quart de siècle, j’ai séjourné chez
vous certainement l’équivalent de trois années complètes.

Or à voir cette douce France s’angliciser tous azimuts dans une Europe de laquelle se
tient pourtant largement à distance la seule nation d’expression anglaise du Continent,
eh bien j’avoue que le phénomène a chez moi l’effet contraire à celui sans doute
escompté par l’ensemble des milieux politiques et d’affaires de votre pays.

Cette façon de se dépersonnaliser chez un état comme celui dont vous êtes le ministre,
sinon de se nier sans détour, s’apparente à mes yeux à une forme de prostitution sociale
et économique. Et loin de s’attirer par-là de nouvelles clientèles, pareille attitude
répugne à plus d’un et éloigne définitivement moult de vos ami/es jusque-là
puissamment fidèles.

J’aimais la France. Profondément. Hélas! je suis désormais incapable de poursuivre de
mes attentions et de mes assiduités une Femme qui se méprise de la sorte, prête à
changer d’identité, sinon même à se travestir, pour le premier venu. à quoi bon une
France peut-être plus riche en dollars (ce qui par ailleurs n’est pas avéré, et ne le
sera sans doute jamais par le biais de procédés aussi unilatéralement et exclusivement
vénaux) si c’est pour devenir une fade copie difforme, impersonnelle, de n’importe lequel
autre pays sur les cinq continents? à commencer bien sûr par les United
*** States *** of *** America.

Si on aime une personne, une individualité, un «Je» en un mot, en revanche on répugne
toujours à partager son amour, son amitié, son intimité avec un clone ­ un «ça» en
d’autres mots.

La France actuelle désire séduire le monde entier en niant la France réelle, la France
authentique. Or loin de s’attirer de nouveaux amants à gauche, de nouveaux capitaux et
clientèles à droite, la France détruit bien plutôt littéralement ­ et de son propre
chef ­ l’immense capital de sympathie et de «préjugés favorables» qu’elle avait, de
Clovis à de Gaulle par François le Premier, jusque-là accumulé au fil des siècles.

Une France non française n’a plus aucun intérêt.
Pour personne. Ni même pour les Français mêmes.

Bien à vous,

Jean-Luc Gouin
Sec.ours@vif.com
Québec, Québec

cc : Sopexa
(Contact@Sopexa.com), Ministère français de la Culture (Ministre@Culture.Fr),
Délégation générale de la Langue française (Dglf@Culture.Fr) et le Conseil de
la Langue française du Québec (CLFQ@CLF.Gouv.Qc.ca).