UNITY LINK / UNILIEN (SUITE)

UNITY LINK/UNILIEN (SUITE)
Le Canada, largement vue à l’étranger comme un pays anglophone… La fédération fonctionne, mais avec le français qui est souvent mis au second plan, quand il n’est pas totalement absent!

Le texte suivant fait suite à l’article
UNITY LINK/UNILIEN APPUIE L’UNILINGUISME ANGLAIS
qui est accessible sur la page d’accueil du site Internet Ensemble.

Bonjour,

Je me permets de vous tenir au courant de ma discussion avec Unilien.
Ci-dessous se trouve la réponse que j’ai envoyée suite à un nouveau
message que j’ai reçu:

>J’aime bien discuter avec quelqu’un qui est de bonne foi.
>Votre attitude m’indique le contraire. Lorsque l’on parle de
>problèmes irrésolus qu’il y a en France et de la manière forte que
>l’on y utilise depuis des temps immémoriaux pour les régler, vous
>repoussez tout argument du revers de la main.

On peut tout à fait en parler et je ne repousse rien du tout. Ceci dit,
j’insiste pour dire que ce n’est pas le débat qui m’intéresse. De plus,
vous n’avez pas répondu aux questions que je vous ai posées concernant
ce problème: quel aménagement proposez-vous entre les langues
régionales et la langue officielle, le français?

De plus, pourquoi ne blâmez-vous pas l’Italie ou l’Allemagne où les
dialectes perdent du terrain?

Je reprends aussi une troisième question que j’ai posée: croyez-vous
que cela soit facile de faire marcher un pays avec dix langues
officielles?

Ceci dit, oui, l’imposition du français au niveau du pays s’est faite
au détriment des langues régionales. C’est évident. De même, je ne nie
pas qu’il y ait eu des violences. On peut tout à fait ne pas être
d’accord avec ce qui s’est passé en France au niveau linguistique, comme
vous l’êtes, mais, dans ce cas, il faut proposer une solution de
rechange!

Je ne nie rien de ce que vous dites sur ce problème mais d’une part,
vous n’apportez pas de solutions, d’autre part je pense que le débat
initial (et celui qui m’intéresse de mener) est celui de la situation
politique et linguistique québécoise.

>Par exemple j’apprends que la situation corse est "complexe". Comme
>si la nôtre le serait moins.

Sur la Corse, vous avez sorti une phrase!
Moi, je suis tout à fait d’accord pour entamer le débat sur la Corse
mais, dans ce cas, il faut étoffer votre argumentation.

Quant à la situation au Québec, elle ne me semble pas si compliquée
que cela. Mais si tel est votre avis, il faut l’argumenter.

>Lorsque vous citez le cas d’Ottawa où l’on parle de reconnaissance,
>non pas au niveau fédéral où elle est acquise, mais au niveau
>provincial, vous refusez de considérer la réciproque pour une ville du
>Québec.

Tout à fait.
Tout simplement parce que, encore une fois, Ottawa est une ville qui a
la particularité importante et unique d’être la capitale politique du
Canada, pays officiellement bilingue. Et donc, je ne comprends pas
pourquoi le français en serait exclu. Même au niveau provincial. De plus,
je pense que le "provincial" ou le "fédéral" n’est pas primordial dans
cette affaire. Une ville est aussi un symbole! Que l’on veuille faire
de cette dernière une ville unilingue anglais alors qu’elle était
bilingue auparavant montre bien comment est considéré le français par
certains au Canada…

Pour reprendre l’exemple de Bruxelles, le français et le néerlandais
sont tous deux langues officielles à égalité, à quelque niveau que ce
soit.

De plus, ce qui est choquant dans le cas d’Ottawa, c’est que le
français avait ce statut et que l’on lui enlève. Pour quelle raison?

Vous écrivez vous-même: "Bien que j’aimerais voir le gouvernement
Harris faire preuve d’ouverture d’esprit,…". Mais c’est quoi,
l’ouverture d’esprit, concrètement?

>Ce n’est pas pareil. Le Québec est français. Je n’apporte aucun
>argument valide. En fait vous considérez la province de Québec comme
>un état déjà indépendant, trouvant anormal que l’on y parle anglais en
>public.

Je n’ai jamais dit que je trouvais anormal que l’on parle anglais en
public! N’importe quel individu peut se mettre sur un tabouret et
haranguer la foule en anglais sans être en marge de la loi. De plus, je
pense que je ne considère pas le Québec comme un Etat déjà indépendant
puisqu’il ne l’est pas encore.

Ceci dit, je cherche à être cohérent. Le Québec a pour langue
officielle le français (comme la France d’ailleurs). Pourquoi devrait-on,
dans ces conditions, accorder un statut officiel à une autre langue
dans certaines villes? A partir du moment où le français est la langue
officielle (et donc la langue commune), tous les Québécois sont censés
la parler, il me semble.

>à partir de là, comment discuter? Depuis quand l’anglais est-il banni
>au Canada?

Et le français, que doit-on en dire? Ceci dit, à mes yeux, l’anglais
n’a rien à faire sur des documents officiels émanant du Québec.
A partir du moment où la langue officielle et commune du Québec est le
français, il est bien clair que c’est dans cette langue que marche la
province. Comme la Colombie-Britannique marche en anglais.

>Même avis pour le site web de Laval. Toujours deux poids deux mesures.

J’ai donné mon avis sur le site de Laval en donnant aussi de nombreux
contre-exemples de sites d’ambassades unilingues anglais. Le "deux poids
deux mesures" mériterait d’être largement plus développé de votre part.

>L’unilinguisme français d’un Québec indépendant simplifierait les
>choses. Les francophones verraient leur sécurité linguistique
>renforcée. Mais ce serait au prix de la brisure d’un pays fascinant,
>par sa diversité et sa tolérance

La tolérance, parlons-en. Vous n’avez toujours apporté aucune solution
aux discriminations que subit le français.

>– à l’opposé du vôtre où la façon brutale est préconisée depuis vos
>rois en passant par les LePen d’aujourd’hui, où l’on
>a toujours écrasé les minorités et imposé sa langue et sa
>culture.

Vous connaissez le dernier score de Le Pen aux élections? 5%!
Alors je ne pense pas que cela soit une référence.
De plus, il y a au moins un avantage en France. On évite les
déchirements linguistiques de l’Espagne ou de la Belgique. Ceci dit, je
reviens à mes trois questions du départ concernant les langues
régionales. Je ne nie pas ce que vous dites concernant l’imposition de
la langue française. Mais alors dites-nous, à nous Français, ce qu’il
aurait fallu faire! C’est bien joli de critiquer, mais j’aimerais tout
de même avoir aussi des solutions!

>Pardonnez-moi de croire qu’en dépit des Français comme vous, tout
>étonné de rencontrer un fédéraliste, que (largement vue à l’étranger
>comme un pays anglophone)

Je ne suis pas étonné de rencontrer un fédéraliste vu que je sais que
cela existe. Ceci dit, oui la fédération fonctionne, mais avec le
français qui est souvent mis au second plan, quand il n’est pas
totalement absent!

Le site d’Impératif Français est à cet égard très clair. Et je n’ai
jamais vu beaucoup de contre-arguments.

Comment vous le dites bien: "Les francophones verraient leur sécurité
linguistique renforcée dans le cadre d’un Québec indépendant". Tout à
fait, ce qui sous-entend clairement que cette sécurité linguistique
n’est pas à son maximum!

Alors si le prix à payer pour ce renforcement (qui sera notable à mes
yeux) est la "brisure d’un pays fascinant" (où soit dit en passant tous
les francophones hors-Québec-Nouveau-Brunswick se font assimiler), je
crois qu’il n’y a vraiment pas à hésiter.

>Je ne crois pas qu’il serait utile de discuter davantage, car votre
>position semble fixe et immobile. à un de ces jours peut-être.

Je n’ai aucune position fixe et immobile. Si l’on m’apporte des
arguments solides et convaincants pour résoudre les problèmes, je peux
tout à fait changer d’avis.

Ceci dit, je pense qu’effectivement, il n’est pas utile de discuter
davantage. A partir du moment où vous estimez que le maintien de la
fédération canadienne (largement vue à l’étranger comme un pays
anglophone) prime sur le renforcement de la langue française, je crois
qu’il n’y a effectivement plus rien à dire.

Bien à vous

Grégoire ROSTROPOVITCH