UNE FORTE SCOLARISATION EN FRANÇAIS NE NUIT PAS À L’APPRENTISSAGE DE L’ANGLAIS

Une forte scolarisation en français ne nuit pas à l’apprentissage
de l’anglais

L’Express
Toronto

MONCTON, Nouveau-Brunswick (PC) – Une forte scolarisation en français ne nuit pas à
l’apprentissage de l’anglais en Nouvelle-écosse, révèle une étude réalisée par deux
professeurs chercheurs de l’Université de Moncton.

L’étude de Rodrigue Landry et Réal Allard démontre que les craintes des parents au
sujet des possibles effets néfastes d’une trop forte scolarisation en français sur
l’apprentissage de l’anglais ne sont pas fondées.

"Elle confirme ce qu’on a pu constater dans tous les milieux francophones
minoritaires. Le milieu semble contribuer suffisamment à l’anglicisation pour qu’on
puisse être complètement scolarisés en français sans nuire à l’apprentissage de
l’anglais", a déclaré Rodrigue Landry en conférence de presse, la semaine
dernière, à l’Université de Moncton.

La Fédération des parents acadiens de la Nouvelle-écosse, qui lutte pour une
scolarisation complète en français de la maternelle à la 12e année, se réjouit des
résultats de cette étude. "L’étude vient confirmer ce qu’on savait depuis
longtemps. ça faisait longtemps que les parents demandaient une étude pour la
Nouvelle-écosse. Nous avons donc un argument de plus pour obtenir des écoles
homogènes", a affirmé sa directrice générale, Marie-Claude Rioux.

Selon Mme Rioux, un certain pourcentage des parents attendaient une étude comme
celle-là pour appuyer le projet d’école homogène. Sa seule inquiétude demeure que les
parents voient en l’école homogène la panacée à tous les maux.

Mme Rioux a rappelé que la famille avait aussi un rôle important à jouer pour
contrer l’assimilation. C’est d’ailleurs ce que prouve l’étude de MM. Landry et Allard.

Chez les élèves acadiens et francophones néo-écossais, l’identité francophone et
l’usage du français sont aussi fortement associés aux contacts fréquents avec d’autres
francophones dans la famille et la parenté, ainsi qu’avec les médias francophones.

Les deux chercheurs ont fait passer une batterie de tests à 465 élèves des cinq
écoles secondaires qui desservent les francophones de la province. Les analyses
révèlent que le développement de la compétence en anglais n’est aucunement
défavorisé car plus la compétence en français est grande chez les élèves, plus leurs
scores de compétence en anglais sont élevés. Des élèves entièrement scolarisés en
français (sauf les cours d’anglais) ont un rendement en anglais équivalent à celui des
élèves fortement scolarisés en anglais.

Au cours de leurs nombreuses recherches auprès des minorités linguistiques
francophones, MM. Landry et Allard ont constaté qu’il y avait deux types de bilinguisme.
Il y a celui où plus on apprend la langue seconde, plus on perd la langue de la
minorité, et il y a l’autre type, appelé "additif", où l’on apprend une
deuxième langue sans perdre la première, un bilinguisme beaucoup plus stable.

17 au 23 mars 1998

L’EXPRESS – TORONTO