UN ÉTAT D’IMPLOSION APPRÉHENDÉE

UN éTAT D’IMPLOSION APPRéHENDéE
Le pays est moins bilingue qu’avant l’élection de Pierre Trudeau.

Voici quelques notes prises au chapitre 6, intitulé "Un état d’implosion
appréhendée", du récent volume fort bien documenté de J.F. Lisée : "Sortie
de secours":

Dans "Sortie de secours", J.F. Lisée dans une étude fort bien documentée
en parlant des conséquences politiques de l’échec du bilinguisme et des politiques
trudeauistes parle " d’un état d’implosion appréhendée".

Après plus d’un quart de siècle de trudeauisme, le caractère francophone du Canada
est en régression…..Malgré l’instauration de droits formels pour les francophones
depuis 25 ans, LE PAYS EST MOINS BILINGUE QU’AVANT L’éLECTION DE PIERRE TRUDEAU.

Hors Québec, trois fois plus de gens parlent à la maison une langue minoritaire autre
que le français. On Ontario et au Manitoba, cinq fois plus. En Saskatchewan, sept fois
plus. En Colombie-Britannique, 32 fois plus.

Selon les démographes, le recensement de 2001 confirmera la tendance observée en 1996
et démontrera qu’à l’extérieur du Québec, y compris en Ontario, un plus grand nombre
de citoyens parlent le chinois à la maison que le français. Autrement dit, la principale
minorité hors Québec ne sera plus les francophones, mais les sinophones…..

Parmi les signes que l’appui au bilinguisme institutionnel est en perte de vitesse, il
faut compter le récent livre de Reed Scowen, "Le Temps des Adieux". Cet
Anglo-Québécois parfaitement bilingue, ancien membre du gouvernement Bourassa, donc
exactement le type d’anglophone éclairé dont Trudeau rêvait, écrit ce qui suit:
"Le français n’a pas à être une langue officielle au Canada hors Québec. Ne
mâchons pas nos mots, le français aujourd’hui est une langue marginale, strictement
locale au Canada. Malgré une respiration artificielle qui dure depuis 30 ans, seulement
588 585 Canadiens (recensement 1996) utilisent le français comme langue principale. Sans
même bénéficier du moindre appui, 553 045 autres canadiens utilisent le chinois".

Le Canada est condamné à projeter, à l’intérieur comme à l’étranger, une image de
plus en plus artificielle de son bilinguisme, à diffuser la bande-annonce trudeauiste
sans jamais pouvoir produire le film.

Les Anglo-Canadiens ont une préoccupation linguistique: ils s’inquiètent du sort des
anglophones du Québec. Pas moins de 84% d’entre eux sont d’ailleurs en désaccord avec
l’affirmation selon laquelle les "anglophones du Québec sont mieux traités que les
francophones du reste du Canada" et 75% pensent qu’il faut protéger leurs droits.

Pierre Grandchamp
http://pages.citenet.net/users/ctmx5332/

(Le 3 mars 2000)