TRIPOTAGE DE DÉFINITION

TRIPOTAGE DE DéFINITION

Impératif français s’indigne de la nouvelle signification du terme «francophone» donnée par le Conseil de la langue française dans L’étude sur le français, langue d’usage publique au Québec en 1997 rendue publique hier. De surcroît, cette étude ignore une autre fois l’urgente nécessité de faire du français la langue d’usage en Outaouais.

La nouvelle signification du terme francophone – « les personnes qui utilisent habituellement le français dans leurs activités, indépendamment de la langue parlée à la maison » – vient, à sa façon, d’augmenter le nombre de non-francophones à l’extérieur du Québec et de la France pour n’ajouter que quelques milliers de « nouveaux francophones hypothétiques » au Québec.

Si la mesure du progrès de la francisation du Québec signifie de changer la signification du terme francophone pour y « inclure » plus de gens, il y a là un problème sérieux au plan de la démarche.

De plus, les conclusions de l’étude du Conseil de la langue française affirment que « les droits linguistiques (droits des travailleurs et des consommateurs) sont généralement respectés en dehors de Montréal (sic). Dans un communiqué(1), le Conseil de la langue française écrit : «Une attention particulière doit être apportée à la langue de travail et à la situation de Montréal », sans jamais parler des besoins « criants » de l’Outaouais, région unique par l’étendue de l’assimilation linguistique !

La région de l’Outaouais fait-elle encore partie du Québec ? Il est pourtant bien connu qu’en Outaouais québécois les gens travaillent trop souvent en anglais au sein de la fonction publique fédérale, principal employeur de la région. Comment peut-on ignorer ce fait ? Les rapports du Commissaire aux langues officielles le répètent et le déplorent année après année; sans compter les établissements commerciaux qui embauchent des employés qui persistent à accueillir et à servir la clientèle en anglais.

Il y a lieu de se demander où étaient les auteurs de cette étude lorsqu’un enquêteur de la CPLF a été malmené et éconduit grossièrement parce que des commerçants de l’Outaouais affichant uniquement en anglais au Québec n’ont pas prisé qu’on leur demande de le faire aussi en français.

Il faudra bien quelque part que le gouvernement du Québec, les ministères québécois et autres organismes gouvernementaux apprennent et comprennent que l’Outaouais « québécois » fait encore et toujours partie du Québec et d’agir en conséquence. Si Montréal réclame une attention particulière, l’Outaouais a des besoins criants, auxquels il faut prêter une attention soutenue.

Ce n’est pas en changeant la signification d’un terme et en ignorant la troisième région la plus populeuse du Québec que l’on peut parler de « progrès de la francisation au Québec ».

Impératif français
Courriel : Imperatif@imperatif-francais.org

(1) Tous le communiqués de CLF sont accessibles à l’adresse : http://www.clf.gouv.qc.ca