TITANIC? RIEN POUR LES SOURDS FRANCOPHONES

Le samedi 5 septembre 1998

TITANIC?
Rien pour les sourds francophones

Planète Québec

Le Regroupement québécois pour le sous-titrage RQST est en colère. La vidéocassette
du Titanic qui vient d’être lancée à grand renfort de publicité est sous-titrée en
anglais pour les sourds, mais rien dans la version en français.

Vous êtes sourd et francophone et bien séchez semble dire la Paramount.

Pourquoi?

Le RQST explique que le sous-titrage d’un film tel que Titanic coûte environ 1000 à
1500 $, soit quelques sous par vidéocassette.

Le marché américain et canadien anglais justifie cette dépense alors que le petit
marché francophone fait les frais d’une philosophie à rabais. C’est donc des centaines
de milliers de canadiens francophones qui sont privés d’accès au film le plus primé
lors de la remise des Oscars.

Le RQST ajoute que MGM, Disney, 20th Century Fox sont des entreprises qui se soucient
très peu de sous-titrer en français ce qu’ils produisent ou distribuent.

Seules Alliance et Astral font des efforts en ce sens.

Toutefois, depuis 1981, seuls 40 films ont été sous-titrés en français. Le RQST
considère le sous-titrage d’une grande utilité non seulement pour les personnes vivant
avec une surdité, mais aussi pour les immigrants apprenant le français comme langue
seconde ainsi que les personnes en voie d’alphabétisation. Ces dernières ont autant le
droit de se divertir et de profiter des oeuvres culturelles.

Le sous-titrage de film ne fait pas exception. Les postes de télévision francophones
font aussi la sourde oreille aux demandes répétées du RQST pour du sous-titrage
intégral de leurs émissions.

Une personne qui vit avec une surdité ne devient pas sourde seulement entre 18 h et 22
h comme semble le croire un télédiffuseur comme TVA qui ne sous-titre que les émissions
en soirée.

Une personne sourde ou malentendante regarde aussi la télévision le matin et
l’après-midi, principalement lorsqu’elle est âgée.

Elle tient à connaître les prévisions du temps et les résultats sportifs, mais
parce que ces informations sont souvent diffusées en direct, donc sans sous-titrage, elle
ne peut les recevoir.

Pourtant, les anglophones bénéficient du sous-titrage, même lors de reportages en
direct. Ils ont pu suivre intégralement les événements lors du verglas, lors de la
Fête du Canada ou de la crise des Mic Macs. Les francophones, quant à eux, ont dû se
contenter des images.

Les émissions anglophones sont sous-titrées à 90 % alors que celles en français,
des réseaux les plus populaires, ne le sont même pas à 50 %.

Le Regroupement québécois pour le sous-titrage est un organisme à but non lucratif
mis sur pied en 1992 par les usagers du sous-titrage insatisfaits de la qualité du
français et du nnombre peu élevé d’émissions et de vidéocassettes sous-titrées.

Planète Québec
rjohnson@planete.qc.ca

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