SERVICES EN FRANÇAIS DANS LES FILIALES D’AIR CANADA

Services en français dans les filiales d’Air Canada
Air Ontario: la commissaire aux langues enquêtera

La compagnie aérienne Air Ontario aurait du offrir des services dans les
deux langues officielles à bord du vol Montréal-Ottawa où prenait place
Michel Thibodeau.

ISABELLE RODRIGUE, Le Droit, 16 août 2000

En vertu de la nouvelle loi régissant la restructuration de l’industrie du
transport aérien, Air Canada et ses filiales doivent offrir, depuis le 5
juillet dernier, le service dans les deux langues «là où il existe une
demande importante». En d’autres mots, lorsqu’un vol transite par le Québec,
le Nouveau-Brunswick et la région de la capitale nationale, le personnel a
bord des avions doit s’exprimer en français.

«Il y a de nouvelles dispositions linguistiques et les compagnies aériennes
doivent les respecter, indique Catherine Scott, attachée de presse de la
commissaire aux langues officielles. Par contre, on sent qu’ils ont beaucoup
de difficultés à respecter ces nouvelles conditions.» Michel Thibodeau, un
résidant d’Orléans, a eu la surprise de sa vie lundi lorsqu’après avoir
demande a l’agente de bord d’Air Ontario de le servir en français, la police
l’attendait à l’aéroport. Quelques explications plus tard, la policière
quittait les lieux sans retenir quoi que ce soit contre le passager.
M. Thibodeau n’a cependant pas l’intention de tourner la page sur cet
épisode sans aller jusqu’au bout de l’affaire. Il a déposé une plainte
officielle au bureau de la commissaire aux langues officielles, qui fera
enquête. Il pense également faire part de son expérience au commissaire aux
droits de la personne.

«Je ne me suis jamais levé de mon siège, j’ai adressé la parole à l’agente
de bord à deux reprises, sans être menaçante, et on appelle la police. Je ne
comprends pas», expliquait Michel Thibodeau.

L’an dernier, la commissaire a reçu quelque 200 plaintes portant sur les
services en français déficients à bord des vols d’Air Ontario.
Hier, Air Ontario n’a pas retourné les appels du Droit. On ne fait
aucunement mention de services en français sur le site Internet de la
compagnie, un site unilingue anglais. ( http://www.airontario.com )

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Opinion du lecteur
Air Ontario: on n’a pas fini de se battre

Bravo, Michel Thibodeau, mettez-en et mettez-en encore.
Non seulement vous avez magistralement démontré que nos droits linguistiques
ne sont pas respectés, vous avez fait la démonstration de la stupidité de
notre compagnie nationale, Air Canada.
Voila un an, c’était Colonial Voyageur avec ses chauffeurs unilingues sur le
parcours Montréal-Ottawa. Cette fois, c’est Air Canada sur le même trajet.
Ces gens n’apprendront jamais, car j’ose imaginer qu’ils ignorent qu’une
bonne moitié des passagers Montréal/Ottawa sont francophones.
Et on appelle la police! Après tout, il y a un fatigant à bord qui tient à
revendiquer ses droits garantis par la Constitution. Surprenant? Pas
vraiment, car l’équipage de ce vol n’avait probablement aucune idée des
revendications de M. Thibodeau, telle est l’ignorance trop fréquente de nos
compatriotes anglophones, de surcroît au départ de Montréal, Québec.
Si j’ai un désaccord avec M. Thibodeau, car il est trop aimable, c’est
l’histoire de compréhension ou non de la langue française en cas d’urgence.
Qu’on soit ou non bilingue, les employés de n’importe quelle compagnie
opérant entre Québec et toute autre province doivent pouvoir s’exprimer en
français. C’est la loi, c’est la simple politesse et, perd-on le sens des
affaires, «it’s simply good business».

Comme quoi on n’a pas fini de se battre. Toutefois, grâce à vous, M.
Thibodeau, on y arrivera peut-être.

Jacques Dufault, Orléans

(Ces deux textes nous ont été communiqués par notre correspondant Daniel A. Duclos)

(Le 20 août 2000)