SERMENT DE FIDÉLITÉ ET SERMENT DU TEST

Serment de fidélité et serment du Test

(1764)

« Sous le régime militaire, les Canadiens n’étaient tenus qu’au serment de
fidélité et d’allégeance. à partir de 1764, on exigea en outre de tout fonctionnaire
le serment du Test. Ce serment comprend une abjuration du Pape, une abjuration des
descendants de Jacques II, une déclaration contre la transsubstantiation et contre le
culte des saints et de la Vierge. Pas un seul Canadien ne consentit à prêter ce dernier
serment et il s’ensuivit que les catholiques se trouvèrent exclus, en principe, de route
charge officielle. Comme les Anglais du pays n’étaient pas tous compétents à
remplir les postes de l’administration, Murray et Carleton durent faire appel à quelques
Canadiens sans exiger d’eux le serment du Test. Nous donnons ici le serment de
fidélité et le serment du Test, moins l’abjuration de Jacques II. Ils sont extraits de Masères,
A Collection of Sereval Commissions, and Other Instruments,
107-112.

I. Serment de Ligence, ou Fidelité.

Je, A.B. promets & jure sincerement que je serai fidéle et garderai une véritable
ligence envers sa Majesté le Roi George.

Ainsi DIEU me soit en aide.


II. Serment d’Adjuration à la Puissance du Pape.

Et je jure que j’abhorre du fond de mon coeur et que je déteste et abjure, comme
étant impie et pleine d’heresie, cette doctrine et maxime affreuse que les princes qui
sont excommuniés, ou privés de leur royaumes ou territoires, par le Pape, ou par aucune
authorité du siége de Rome, peuvent être détrônes ou mis à morts par leurs sujets ou
par d’autres personnes quelconques.

Et je déclare que nul prince, personnes, prélat, état, ou potentat étranger a, ou
devoir avoir, aucune juridiction, pouvoir, superiorité, prééminence, ou authorité
ecclésiastique ou spirituelle dans ce royaume.

Ainsi DIEU me soit en aide.

V. Déclaration contre la Transubstantiation, ou Présence réelle du Corps de Jésus
Christ dans la Sainte Cêne.

Je, A.B. déclare que je croi qu’il n’y a pas dans le sacrement de la sainte cêne de
nôtre seigneur Jesus Christ, aucune transubstantiation des éléments de pain et de vin,
ni dans le moment de leur consécration, ni après leur consécration, par quelque
personne que ce soit.

VI. Déclaration contre le Papisme.

Je A.B. professe, témoigne, et déclare, solemnellement et sincérement dans la
présence de Dieu, que je croi que dans le sacrement de la Sainte Cêne de notre Seigneur
Jésus Christ il n’y a pas aucune transubstantiation des éléments de pain et de vin en
le corps et le sang de Jésus-Christ dans le temps, ou aprés le temps de leur
consecration par quelque personne que ce soit; et que l’invocation, ou l’adoration de la
Vierge Marie, et de tout autre saint, le sacrifice de la messe, comme elles sont
aujourd’hui prâtiquées dans l’église de Rome, sont superstitieuses et idolatreuses.

Et je professe, témoigne, et déclare, que je fais cette déclaration et chaque partie
d’icelle, dans le sens naturel et ordinaire des mots qui m’ont été lûs, comme ils sont
entendus communément par les Anglais Protestants, sans aucune évasion, interprétation
équivoque, ou réservation mentale quelconque, et sans aucune personne, ou authorité
quelconque, et sans penser que je suis, ou que je puisse être, devant Dieu ou les hommes,
censè, libre de l’obligation de cette déclaration, ou que je puisse être absous
d’icelle, ou d’aucune partie d’icelle, quoique le Pape, ou tout autre personne, ou
personnes, ou puissance quelconque, m’en dispensât ou l’annulât, ou déclarât qu’elle a
été nulle et de nulle validité depuis son commencement.»

(Version intégrale non corrigée)

Extrait du livre de Michel Brunet, Guy Frégault et Marcel Trudel, Histoire du
Canada par les textes
, publié chez Fides.