SECOND CUP POINTÉ DU DOIGT

SECOND CUP POINTé DU DOIGT
Il est facile d’acheter et de boire un bon café ailleurs que chez Second Cup.

Le texte suivant est extrait du journal Le Devoir du samedi 30 septembre.

Impératif français lance un appel au boycottage de Second Cup

Après avoir été montrée en exemple par le Conseil de la langue
française dans l’affichage de marques de commerce en anglais et
avoir été la cible de poseurs de bombes incendiaires par la
Brigade d’autodéfense du français, voilà que la chaîne
commerciale Second Cup fait l’objet d’un appel au boycottage.
Par la voie d’Internet, l’organisme Impératif français invite la
population à faire pression sur l’entreprise. «Il est facile d’acheter
et de boire un bon café ailleurs que chez Second Cup»,
souligne-t-on dans le message. «Qu’une compagnie comme
Second Cup, après 23 ans d’application de la Charte de la langue
française, ait un nom d’entreprise qui n’a pas été francisé pour
mieux épouser les caractéristiques du marché québécois, c’est
troublant. ça sent la mauvaise foi», soutient le président
d’Impératif français, Jean-Paul Perreault.

La semaine dernière, le Conseil de la langue française a démontré
que le gouvernement est impuissant devant les entreprises qui
affichent leur marque de commerce enregistrée en anglais.
Quelques jours auparavant, la Brigade d’autodéfense du français
(BAF), qui revendique depuis dix mois des actes «d’épuration
linguistique» perpétrés contre des commerces qui s’affichent en
anglais, faisait savoir que trois des 40 succursales Second Cup au
Québec sont dans sa ligne de tir. Tout cela est survenu à quelques
semaines du début des états généraux sur la situation et l’avenir de
la langue française.

Mêlée à cette polémique, l’entreprise Second Cup a entrepris de
franciser son site Internet. Au siège social, à Toronto, on soutient
que ces modifications étaient prévues depuis quelque temps.
Quant à savoir si d’autres changements pourraient être entrepris, la
porte-parole de Second Cup, Catherine Héroux, a nerveusement
martelé les mêmes réponses.

– «Est-ce que l’entreprise est agacée par le fait de se retrouver à
l’avant-scène dans le dossier linguistique?, a demandé Le Devoir.

(Texte de Kathleen Lévesque)

(Le 30 septembre 2000)