SABENA

SABENA

Réponse du ministre Didier Gosuin du Front démocratique des
Francophones
à un message du président d’Impératif français sur le piètre
service à la clientèle de Sabena. L’adresse du site Internet unilingue anglais de
Sabena est : http://www.sabena.com
. De son côté, l’adresse électronique est: communication@sabena.be

N’hésitez surtout pas à l’utiliser.

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Monsieur Jean-Paul Perreault
Président «Impératif Français»
Recherche et communications
C.P. 449
Aylmer (Québec)
J9H 5E7

Monsieur le Président,

J’ai bien reçu votre e-mail concernant l’usage des langues à la
Sabena. Vos observations sont évidemment fondées et je ne manquerai pas d’en faire part
à la direction de la Sabena ainsi qu’aux instances de mon parti, le Front Démocratique
des Francophones.

Dans ce dossier, il faut prendre trois éléments en considération:

1. La langue internationale de l’aéronautique est l’anglais.

2. Les deux langues officielles de l’ONU sont le français et
l’anglais.

3. Dans les domaines technique et mercatique, l’usage de l’anglais
s’est puissamment généralisé ces dernières années.

De ces trois éléments, il faut retenir que la puissance économique
anglo-saxonne se développe à l’abri d’une mondialisation mal comprise car peu
respectueuse des cultures et des peuples. Ce phénomène que l’on désigne sous le terme
éloquent de "globalisation" impliquerait qu’à terme une seule langue et une
seule culture absorberaient toutes les autres de façon à créer les conditions d’un
marché mondial unique, d’un modèle de société uniforme et d’une puissance
centralisatrice. La Belgique, carrefour de l’Europe, et profondément sensible aux flux
internationaux, n’échappe pas à ce phénomène général qui affecte aussi bien le
commerce que la culture ou les techniques. Dès lors, que proposer?

a. Au sein de nos états respectifs, il s’agit de faire respecter nos
cultures en commençant par notre langue, le français. C’est à quoi mon parti et
moi-même nous nous employons dans la Région bruxelloise.

b. Si l’Europe veut être elle-même, elle doit, à la fois, harmoniser
ses structures et permettre aux cultures qui la composent de s’exprimer pleinement. Dès
lors, il vaut mieux, à mon sens, un plurilinguisme contraignant qu’un unilinguisme
anglais dominant.

c. Au plan international, nous devons toutes et tous faire pression
pour que les sociétés privées, dont la Sabena, apprennent à respecter leur clientèle.
Lorsque mon épicier reçoit un client dans son magasin, il ne lui viendrait jamais à
l’idée de parler une autre langue que celle de son interlocuteur! Lorsqu’une société
veut me convaincre d’acheter ses produits par publipostage, elle s’adresse à moi tout
naturellement en français. Dès lors, quand une société comme la Sabena veut
transporter des Québécois, des Wallons, des Bruxellois francophones, des Français ou
des Suisses romands, elle se doit d’offrir une plage de communication en français.
J’ajoute qu’il serait complètement absurde, à contrario, de chercher à éliminer
l’anglais car ce serait faire preuve à la fois d’un intégrisme linguistique et d’un
manque d’esprit pratique évident mais de cette position il ne faut pas induire qu’il
n’est de bon bec que de New York.

d. L’argument technique auquel recourent d’abondance les anglomaniaques
ne tient plus face aux multiples possibilités technologiques de traduction. Il faut donc
promouvoir ces dernières.

Espérant avoir répondu sur le fond à votre lettre et en vous
joignant copie de celle que j’adresse ce jour à la société d’aviation incriminée, je
vous prie d’agréer, Monsieur le Président, mes salutations les meilleures.

Didier Gosuin
Ministre

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LETTRE à SABENA

SABENA

Monsieur le Directeur de la communication
Avenue E. Mounier, 2
1200 Bruxelles

Monsieur le Directeur,

Je suis saisi de plaintes concernant l’usage des langues sur vos
lignes. Il semblerait que les consignes de sécurité soient diffusées uniquement en
anglais. D’autre part, votre revue corporative est publiée uniquement dans cette
langue. Enfin, votre site accessible par Internet ignore purement et simplement les autres
langues que l’anglais.

Je n’ignore nullement que la langue internationale de
l’aéronautique soit l’anglais. Cependant, il me paraît que les sociétés
privées, dont la vôtre, se doivent de respecter leur clientèle.

Lorsque mon épicier reçoit un client dans son magasin, il ne lui
viendrait jamais à l’idée de parler une autre langue que celle de son
interlocuteur! Lorsqu’une société veut me convaincre d’acheter ses produits
par publipostage, elle s’adresse à moi tout naturellement en français. Dès lors,
quand une société comme la Sabena veut transporter des Québécois, des Wallons, des
Bruxellois francophones, des Français ou des Suisses romands, elle se doit d’offrir
une plage de communication en français. J’ajoute qu’il serait complètement
absurde, à contrario, de chercher à éliminer l’anglais car ce serait faire preuve
à la fois d’un intégrisme linguistique et d’un manque d’esprit pratique
évident mais de cette position il ne faut pas induire qu’il n’est de bon bec
que de New York.

L’argument technique auquel recourent d’abondance les
anglomaniaques ne tient plus face aux multiples possibilités technologiques de
traduction. Il faut donc promouvoir ces dernières.

En vous remerciant de remédier à ces défauts de communication
rédhibitoires et en espérant que la Sabena ne cédera pas à une mode de globalisation
réductrice, je vous prie d’agréer, Monsieur le Directeur, l’assurance de mes
salutations les meilleures.

Didier Gosuin
Ministre