ROGERS ACCUSÉ DE NE PAS ÊTRE LE MEILLEUR AMI DES FRANCOPHONES

Article de La Presse, Montréal, Mercredi 16 février 2000, page E4

Rogers accusé de ne pas être le meilleur ami des francophones

Des chaînes françaises retirées de la grille en Ontario

Suzanne Colpron

Le géant canadien de la câblodistribution Rogers est-il hostile aux
francophones?

C’est, en tout cas, ce que soutient Raynald Charest, un abonné du
câble à Orléans, près d’Ottawa, dans une lettre adressée aux médias. «En tant
que futurs abonnés de Rogers, les Québécois ne devraient pas être indifférents devant
cette transaction puisque les francophones d’Ottawa ont souvent éprouvé des
déboires avec Rogers», écrit-il.

Des déboires?

En février 1999, Rogers, qui vient, comme on sait, d’acheter
Vidéotron, a fait beaucoup de mécontents dans la communauté francophone en retirant de
sa grille le canal français de retransmission des travaux parlementaires, CPAC.

L’année précédente, il avait déclenché un mouvement
d’opposition de la part du Mouvement d’implication francophone d’Orléans
(MIFO) en faisant disparaître SUPER éCRAN de son offre, tout en ajoutant 14 nouveaux
services spécialisés anglophones.

«Dans son forfait Me-TV, Rogers avait préféré quatre stations
américaines aux quatre chaînes spécialisés canadiennes de langue française (Canal D,
Canal Vie, LCN et Musimax) qui entraient en ondes, rappelle M. Charest. Pour ajouter à
l’injure, il en profitait pour effacer Super écran de son menu et repoussait Télé-Québec
à la case 70.»

M. Charest ajoute que Rogers a annoncé récemment l’addition, à
Ottawa, de huit services spécialisé en français sur son service numérique. Cette
annonce est survenue le 3 février, quatre jours seulement avant l’achat du Groupe
Vidéotron au coût de 5,6 milliards.

Le hic, c’est que moins de 1% des abonnées de la région dispose
d’un équipement numérique et qu’ils doivent payer pour avoir accès à ces
canaux. «En d’autres mots, 99% des gens ne peuvent capter ces nouvelles stations
pour le moment», souligne M. Charest.

En raison du «piètre service télévisuel que cette compagnie offre
en langue française à ses abonnés», Rogers s’est d’ailleurs vu décerner le
prix Citron 1999 par Impératif français, un organisme né il y a un quart de
siècle en Outaouais, pour la défense de la langue française et des cultures
d’expression française.

IMPéRATIF FRANçAIS: http://www.imperatif-francais.org/