QUÉBEC, AU COEUR DU MONDE

QUéBEC, AU COEUR DU MONDE

« La Fête nationale, pour moi…
C’est honorer d’où on vient
pour regarder avec fierté
vers où on va »

Danielle Grégoire, comédienne
Metteur en scène
Présidente ambassadrice
Fête nationale du Québec – L’Outaouais en fête

Quand j’ai accepté d’être l’ambassadrice de la Fête
nationale
, je me suis demandée ce que ça voulait vraiment dire pour moi. Alors Je
suis allée fouiller dans mes souvenirs, me rappeler les St-Jean-Baptiste de mon
enfance…

En famille, avec les voisins on se rendait à pied au terrain de jeu.
Il y avait la célèbre course de boîtes de savon dans la côte de la rue principale. Les
dames fermières organisaient un grand bazar dans le stationnement de l’église. Les
chansonniers prenaient le contrôle des haut-parleurs de la salle paroissiale installés
dehors pour l’occasion. On chantait du québécois; on faisait danser le fleurdelisé
jusqu’aux petites heures du matin. On fêtait dehors! Et on pouvait veiller tard!

Bien sûr la vedette c’était le grand feu de la St-Jean. Cet
honneur revenait de soi à nos valeureux pompiers volontaires qui veillaient à ce que la
braise soit sécuritaire. Plus tôt dans la journée, avec ma chorale, nous avions
participé à la fête en chantant dans les rues et c’est probablement là que
j’ai eu la piqûre, comme on dit… J’avais sept ans…

Les artistes d’ici ont presque tous participé à ces fêtes de
quartier. C’est un si beau tremplin pour la relève. C’est un peu comme si on
sortait la culture dehors pour l’aérer, la revitaliser mais surtout la partager.
Parce que la culture ça nous appartient, c’est à Nous. C’est notre héritage
le plus cher.

Comme femme de théâtre je suis toujours à la recherche de
l’expression juste des sentiments, des émotions. M’exprimer clairement, dire et
interpréter les auteurs, les poètes pour rejoindre, divertir et surtout toucher le plus
de gens possible, c’est pour ça que je fais du théâtre. J’aime les gens et
j’aime les mots. Je parle beaucoup et je suis fascinée par ma langue. Une langue
française pleine de couleurs et de musique. Je suis née en banlieue de la ville de
Québec et j’ai eu la chance d’étudier au Saguenay, et en Beauce. J’ai
travaillé en Gaspésie et je suis tombée en amour avec l’Outaouais il y a quinze
ans déjà. Tous ces accents, ces tournures de la langue, toutes ces régions du Québec,
si différentes et si belles… C’est ça La St-Jean pour moi; la fête de
toutes ces différences, ces contradictions que nous sommes et qui nous rendent si
intéressants partout dans le monde.

J’ai une petite fille de huit mois, Charlotte, et un grand garçon
de cinq ans, Laurence, qui va bientôt prendre l’autobus pour la maternelle en
septembre. La notion de langue maternelle m’habite beaucoup ces temps-ci. Quand on
devient parent, bien s’exprimer devant ses enfants, faire l’effort de bien
parler c’est une des façons de les aimer. On veut ce qu’il y a de mieux pour
nos enfants. Plus on leur donne de mots, plus ils seront libres et capables de
s’exprimer dans la fierté. C’est Gilles Vigneault qui disait que la violence
existait parce que les gens manquaient de mots. Je ne veux que mes enfants manquent de
mots. Notre histoire, notre langue et notre culture c’est notre héritage le plus
précieux.

Aujourd’hui, c’est à mon tour de prendre la main de mes
enfants et de les amener à la Fête nationale; célébrer mon héritage, leur
héritage aussi. être ambassadrice de la Fête nationale en Outaouais c’est
vous inviter chaleureusement au nom de tous les organisateurs et organisatrices à
célébrer ensemble notre fête à Nous!

La Fête nationale, pour moi…

C’est honorer d’où on vient pour regarder avec fierté vers
où on va.

(Le 3 mai 1999)