PRIX CITRON – 1999

PRIX CITRON – 1999

OBJET : CANDIDATURE DE ROGERS CABLESYSTEMS au Prix citron d’Impératif français, pour son attitude envers les francophones. Rogers Cable est une filiale de Rogers Communications. MacLean Hunter fait aussi partie de la famille Rogers Communications.

Justification – six raisons :

1. En 1995, à Ottawa, Rogers Cablesystems retirait Météomédia et Musique Plus de sa grille de service; il aura fallu une vive campagne de protestation d’abonnés francophones pour que le câblodistributeur décide de rétablir ces services;

2. à Ottawa, en octobre 1997, Rogers ajoutait 12 canaux à sa grille de service mais ignorait l’arrivée de quatre nouveaux canaux francophones; il abandonnait Superécran et repoussait la chaîne éducative TéléQuébec à la position 70. Toutefois, dans son forfait Me-TV, Rogers trouvait de la place pour quatre stations américaines mais pas pour les quatre nouveaux canaux spécialisés de langue française;

3. Dans la région métropolitaine de Toronto, en octobre 1998, Rogers repoussait RDI à la position 71, rendant ainsi ce canal inaccessible pour plusieurs abonnés;

4. Durant l’été 1998, Rogers Cablesystems s’est aussi opposé devant le CRTC à la demande de TVA de devenir un canal obligatoire pan canadien. Ce fait est noté dans la décision 1998-488* du CRTC et dans un éditorial de Murray Maltais daté du 24 juillet 1998** [« Oui à TVA »].

4. En septembre 1998, Rogers s’est attiré la foudre non seulement des francophones mais de beaucoup d’anglophones et d’allophones en retirant TV5 de son service dans les villes ontariennes suivantes : Oshawa, Kitchener, Guelph, Woodstock, Tillsonburg et Strathoy; cette nouvelle a même été rapportée dans un média écrit;

6. En décembre 1998, Rogers ajoutait le Canal D à sa grille; cette décision était une bonne nouvelle pour les francophones sauf qu’elle a eu pour effet la perte du canal de la Chaîne parlementaire d’affaires publiques (CPAC) en français. Après le retrait de CPAC français, Rogers a préféré ne pas fournir la bande sonore CPAC bilingue (langue de parquet) sur le canal 24 et y diffuse toujours la bande sonore anglaise.

Notons toutefois que les abonnés munis d’un nouveau dispositif appelé « bande audio secondaire » peuvent écouter CPAC en français sur le canal 24 depuis le début de février 1999. Ce dispositif est très rare : il ne se trouve que sur des téléviseurs stéréo haut de gamme et sur les nouveaux modèles (1999) de récepteurs télé stéréo, de même que sur quelques nouveaux modèles de magnétoscope stéréo Hi-Fi. En d’autres mots, un nombre très restreint d’abonnés dans la capitale nationale ont accès à la version française de CPAC, et beaucoup de consommateurs qui achètent les nouveaux modèles de téléviseurs ne connaissent pas ce nouveau dispositif.

* Entres autres, le texte suivant a été relevé dans le site web du CRTC [para 9.] :

[ http://www.crtc.gc.ca/FRN/BCASTING/DECISION/1998/D98488_0.txt ]

« Dans leurs interventions défavorables, la Rogers Cablesystems Limited et la Shaw Communications Inc. ont proposé que le signal du réseau TVA soit ajouté à la Liste de services par satellite admissibles en vertu de la partie 2; ainsi, les entreprises de distribution de classe 1 et de classe 2 pourraient l’offrir dans les endroits où la demande le justifie. »

**Voir [ http://www.smartnet.ca/users/vigile/francophonie/maltaisTVA.html ]

« Les deux principaux câblodistributeurs anglophones, Shaw et Rogers, sont contre et ont déposé des mémoires en ce sens. Une attitude qui n’étonne pas de la part de Rogers, dont la politique est loin d’être francophile. Les francophones d’ici ont régulièrement maille à partir avec ce câblo, qui ignore les canaux spécialisés en français à Ottawa, au profit de services américains. »

(Le Droit, 24 juillet 1998, Ottawa)

ADDENDUM : Ces jours-ci, notre Ministre du Patrimoine canadien, Mme Sheila Copps, présente au Parlement une loi spéciale pour protéger les périodiques canadiens contre le débordement des magazines américains. Parmi ces magazines, notons les réputés « MacLean’s » et « Canadian Business » publiés par MacLean Hunter, propriété de Ted Rogers. Notre Ministre vient donc au secours de la culture canadienne; Rogers Communications devrait lui en être reconnaissant. Pourquoi madame Copps n’essaie-t-elle pas de convaincre ce même monsieur Rogers d’en faire autant dans son entreprise de câblodistribution? En octobre 1997, en bonifiant sa grille de services à Ottawa, Rogers Cablesystems ignorait quatre nouvelles stations spécialisées canadiennes de langue française pour faire de la place à quatre stations américaines (Les francophones d’ici s’en rappellent encore!). Rogers Ottawa offre à ses abonnés trois stations de nouvelles continues en provenance des é.-U. mais n’offre toujours pas le Le Canal Nouvelles (LCN) de TVA, un canal pourtant canadien. Qu’en pensent madame Copps et monsieur Rogers? N’est-ce pas là de l’invasion américaine dans notre espace culturel canadien? Ou est-ce moins important puisqu’il ne s’agit que de l’espace francophone canadien?