PLUS DE 75 % DES OFFRES D’EMPLOI EXIGENT L’ANGLAIS !

PLUS DE 75 % DES OFFRES D’EMPLOI EXIGENT L’ANGLAIS !

Juste un commentaire à propos du texte EXIGENCE DE LA CONNAISSANCE D’UNE AUTRE LANGUE ( http://www.imperatif-francais.org/bienvenu/articles/2000-et-moins/exigence-de-la-
connaissance-dune-autre-langue.html
) apparu sur votre site. Il fait état de l’exigence relative à la connaissance de l’anglais pour accéder à un emploi au Québec.

Votre texte est sûrement d’actualité dans le secteur de l’informatique. Présentement, je songe retourner au Québec, et donc je cherche sur Internet les offres d’emplois disponibles au Québec dans mon secteur de spécialité – l’informatique. Hé bien, dans la région de Montréal, il me semble que 75% ou plus des offres que j’ai vues mentionnent l’exigence de la connaissance de l’anglais.

Je trouve cela très excessif. Je comprends qu’un employé en informatique rencontre souvent des termes anglais. Il n’y rien de nouveau là – c’était comme ça il y a vingt ans. Même que quelques-uns de mes livres d’étude du temps étaient en anglais seulement. Est-ce que les profs en ont concluent que les étudiants devraient savoir l’anglais comme exigence d’entrée au cours? Bien sûr que non. ça aurait été ridicule, n’est-ce-pas? Aussi il y a vingt ans, les employeurs n’exigeaient pas autant (il me semble) la connaissance de l’anglais.

Je crois que la technologie autoroute informatique ou Internet est ce qui fait la différence ici. Il y a tellement d’anglais sur Internet que sa connaissance semble maintenant une nécessité. Mais l’est-elle vraiment? Exiger cette connaissance est discriminatoire et force un bilinguisme effectif et systématique du Québec. Pourquoi se délaisser comme ça?

De tout façon, je crois que plusieurs emplois informatique ne nécessitent pas l’anglais. Pourtant, selon les offres d’emplois que j’ai vues, quasiment tous les secteurs informatique exigent le bilinguisme. Or je doute qu’un programmeur au Québec ait besoin de l’anglais à ce point, je doute qu’un administrateur de réseaux ait besoin de l’anglais à ce point, et je doute qu’un technicien informatique ait besoin de l’anglais à ce point.

Bien sûr, dans tous les cas, la connaissance de l’anglais est un atout, mais les employeurs ne devraient pas nécessairement l’exiger. Par contre, il est raisonnable peut-être d’exiger un certain niveau de bilinguisme d’un développeur de logiciel Internet par exemple. Pour un informaticien qui travaille sur Internet, la connaissance de l’anglais est un atout clé. Mais même dans ce cas, est-ce que la maîtrise d’un anglais parfait est vraiment nécessaire?

Si une certaine connaissance de l’anglais est en effet si nécessaire, alors est-ce peut-être parce que l’anglais, et non le français, devient maintenant la langue de travail prédominante dans certaines régions du Québec? Si cela est le cas, alors le Québec a pris un mauvais tournant, et glisse vers une assimilation systématique. Imaginez: on parlera français à la maison, on travaillera en anglais, et ceux qui ne parleront pas l’anglais seront destinés à une vie triste et pauvre. Une chance que Camille Laurin et René Lévesque ne sont plus là. Ils verraient leur projet de francisation du Québec «dégringoler»!

En passant, je cherche aussi dans la région d’Ottawa un emploi. Curieusement, il est très rare que je vois une offre qui demande la connaissance du français! Pourtant le Québec est juste de l’autre côté de la rivière. ça dit tout… «the writing is on the wall» comme disent les anglophones. Oups! Je viens d’introduire une phrase en anglais. Que faire? (1) Exiger que le lecteur de cette lettre sache l’anglais ou (2) suggérer à l’auteur de cette lettre d’utiliser le français? La première solution (1), pourtant maladive, est celle que les Canadiens français choisissent souvent, trop souvent !

Jean Corriveau, Moose Jaw
corriveau@siast.sk.ca

(Le 14 mai 1999)