PERVERSION LINGUISTIQUE

PERVERSION LINGUISTIQUE

Jean-Paul Perreault
Président
Impératif français

Déjà en 1970, la Commission royale
d’enquête sur le bilinguisme et le biculturalisme déclarait au
sujet d’Ottawa : « La capitale symbolise l’ensemble du pays.
Elle devrait exprimer le plus exactement possible les valeurs du
pays tout entier, son mode de vie, sa richesse et sa diversité
culturelle, ses conceptions sociales et ses aspirations » et
d’ajouter « si la capitale d’un pays doit inspirer le respect et
la fidélité chez ses citoyens des deux langues, elle ne doit
pas refléter la domination d’une langue sur l’autre. »

A l’époque, pour régler le problème de
l’unilinguisme méprisant de la capitale « nationale »*,
Ottawa, le gouvernement canadien n’a rien trouvé de mieux que
d’adopter une politique d’hégémonie territoriale en créant de
toute pièce la vaste « région » de la capitale fédérale en
englobant des villes et des villages de la rive québécoise.
L’Outaouais connaît donc ainsi un problème d’assimilation.

Vingt-sept ans plus tard, la situation
s’est gravement détériorée à Ottawa au lieu de s’améliorer.
Le taux d’assimilation des francophones y est passé, de 1971 à
1991, de 16,9 % à 28,1 %. Sans compter que l’unilinguisme
anglophone demeure toujours très élevé (74 %) dans la capitale
des deux langues officielles.

Toutefois, en plus des ravages
catastrophiques pour les francophones d’Ottawa, les forces
assimilatrices du Canada rejoignent maintenant tout l’Outaouais
québécois. Les francophones perdent sur tous les tableaux… La
dominance de la langue anglaise s’affiche de plus en plus. De
plus, la Loi sur les langues officielles adresse l’un contre
l’autre les francophones, car elle a inventé de toute pièce une
minorité anglophone en Amérique !

Tout récemment des francophones de la
Capitale, Ottawa, dénonçaient avec une ardeur redoublée
l’absence de français dans l’affichage à Ottawa. Dans son
rapport publié en avril dernier sur L’application de la Loi sur
les langues officielles dans la région de la capitale nationale
(Houp ! La capitale, Ottawa, vient soudainement d’être
remplacée par la «région» de la Capitale), le Comité
canadien mixte permanent des langues officielles propose de «
régler » le problème de la capitale en accroissant la
présence et l’attraction de l’anglais… au Québec, alors que
la difficulté décriée est à Ottawa.

Le gouvernement canadien obligera les
locataires d’espaces d’affaires dans les édifices fédéraux à
afficher en anglais, fera la promotion de la langue anglaise en
Outaouais, incitera les partenaires privés et publics à
refléter l’importance de l’anglais… au Québec, etc. !

Rien n’a changé : vingt-sept ans plus
tard, la trouvaille canadienne pour « corriger » le problème
(!) d’Ottawa est de faire progresser la dominance de l’anglais au
Québec, langue dominante et assimilatrice au Canada et en
Amérique.

Syndrome de Pinocchio : toute la démarche
canadienne s’appuie sur un mensonge légalisé dans la Loi
canadienne sur les langues officielles : la vaste majorité
anglophone nord américaine et canadienne y devient
paradoxalement une minorité bafouée, et la langue anglaise, une
langue menacée…(!) réclamant des mesures de protection !

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* Une fois de plus, le Canada sème
volontairement la confusion en présentant Ottawa comme capitale
« nationale » au lieu de capitale fédérale. Toujours
l’excécrable supranationalisme du gouvernement canadien !

Courriel : imperatif@imperatif-francais.org

Le rapport est accessible à l’adresse
Internet suivante :
http://www.parl.gc.ca/committees352/olan/reports/03_1997-04/introf.html