OTTAWA APPUIE L’IDÉE D’UNE ORGANISATION INTERNATIONALE DE LA CULTURE

Ottawa appuie l’idée d’une organisation internationale de la
Culture

Lun 29 Jui 98 – 17h04 GMT

OTTAWA, 29 juin (AFP) – Les ministres de la Culture de 21 pays sont réunis lundi et
mardi à Ottawa pour une conférence consacrée à la politique culturelle à l’heure de
la mondialisation des échanges, le Canada souhaitant soumettre l’idée de créer une
organisation internationale de la culture.

S’exprimant devant des journalistes, la ministre canadienne du Patrimoine, Sheila
Copps, a estimé nécessaire de créer une telle organisation, comme il en existe par
exemple dans le domaine du commerce.

La culture a besoin d’une voix au niveau international pour protéger la diversité
culturelle, en danger d’être "traitée comme un bien comme un autre" dans les
institutions existantes, a expliqué la ministre.

"Nous avons l’OMC (Organisation mondiale du Commerce), l’OCDE (Organisation de
coopération et de développement économique)", a déclaré Mme Copps. "Il n’y
a rien de tel pour la culture. Nous avons besoin de liens internationaux
(culturels)", a-t-elle ajouté.

Ce projet risque toutefois d’être mort-né en l’absence à la conférence de deux
acteurs clés: les Etats-Unis et la France, qui ne sont pas représentés.

Les Etats-Unis n’ont pas été invités parce qu’ils "n’ont pas de ministre de la
Culture", a expliqué le bureau de Mme Copps, tandis que la France est également
absente en raison officiellement d’un "conflit de calendrier".

Les Etats-Unis sont considérés par beaucoup, surtout au Canada, comme représentant
la plus grande menace à l’autonomie culturelle dans ce pays. La France, elle, s’est
alliée au Canada dans le combat pour "l’exception culturelle".

La culture ne doit pas être subordonnée aux accords de commerce internationaux, a
poursuivi Mme Copps. "La culture est un puissant instrument de l’autonomie
individuelle. La diversité culturelle est au coeur même de notre identité
nationale", a-t-elle dit.

"Nous ne pouvons pas traiter la culture comme un bien comme un autre", a
expliqué Mme Copps, soulignant que "pour la première fois, nous vivons dans un
monde où le nombre de langues a diminué".

D’où, selon elle, la nécessité de créer une organisation internationale chargée de
la culture qui pourrait protéger "la diversité culturelle de l’espèce humaine
parce que les gouvernements nationaux ne peuvent plus le faire".

Avec l’explosion de l’Internet, "aucune autorité nationale ne peut plus assurer
de souveraineté culturelle", a conclu le ministre.

Les pays participants à la conférence sont: l’Arménie, les Barbades, le Brésil, la
Grande-Bretagne, le Canada, la Croatie, la République dominicaine, la Grèce, l’Islande,
la Côte d’Ivoire, l’Italie, le Mexique, le Maroc, la Pologne, le Sénégal, l’Afrique du
sud, la Suède, la Suisse, Trinidad et Tobago, la Tunisie et l’Ukraine.

La réunion d’Ottawa fait suite à une conférence intergouvernementale sur les
politiques culturelles et le développement, parrainée par l’UNESCO à Stockholm en mars
dernier.

©AFP 1998