OÙ SONT PASSÉS LES ENFANTS

Où SONT PASSéS LES ENFANTS ?

Voici enfin les statistiques sur les ayants droit d’âge préscolaire
(0 à 4 ans ) et d’âge scolaire ( 5 à 17 ans) recueillies selon les données du
recensement de 1996 par Statistique Canada et compilées par la CNPF. Il s’agit du
troisième exercice du genre par la CNPF, les précédentes datant de 1990 et 1994.

Ces données ont une importance capitale pour qui veut comprendre
l’état des effectifs présents et futurs dans les écoles françaises en milieu
minoritaire au Canada. Elles ont d’ailleurs servi de matière première à deux analyses
de la socio-liguiste Angéline Martel, intitulées:

– Droits éducatifs et langue – évolution des ayants droit
francophones de l’article 23 de la Charte canadienne des droits et libertés;
( http://www.cnpf.ca/DroitEducatif.html
) et

– Langue, familles et droits éducatifs – Les ayants droit francophones
selon l’article 23 de la Charte canadienne des droits et libertés.
( http://www.cnpf.ca/LangueFamille.html
)

Est-ce que les choses vont bien ? C’est à vous d’en juger! Encore faut-il
savoir lire entre les lignes et les chiffres…

Les analyses d’Angéline Martel suscitent ainsi des questions
importantes quant à l’avenir de la francophonie en milieu minoritaire. En particulier,
même si pour le moment les inscriptions semblent se maintenir dans les écoles publiques,
quel est l’impact dans les communautés de la chute du français comme langue d’usage au
foyer ? La socio-linguiste propose donc quelques pistes d’intervention.

Depuis la publication des études précédentes sur la situation des
ayants droit, l’environnement éducatif francophone a évolué au Canada. En particulier,
la gestion scolaire est en place et on assiste à des regroupements de plus en plus larges
d’intervenants en éducation, mandatés de relever l’énorme défi de faire face aux
transferts linguistiques et / ou de développer des ressources communes.

Il existe maintenant des consortiums en éducation dans l’Ouest et le
Nord, dans l’Atlantique et aussi en Ontario. De plus, les organismes nationaux oeuvrant en
éducation (représentant les jeunes, les parents, les enseignants, les conseils
scolaires, les universités, les facultés d’éducation, l’aphabétisation et les femmes)
ont créé en 1998 le consortium francophone de l’éducation du Canada, dont le mandat est
la mise en place du projet éducatif pancanadien, PEP.

Le PEP est une démarche de mise en commun des ressources et des
réalisations de neuf partenaires autonomes dans le but de promouvoir des interventions
éducatives favorisant le plein épanouissement de la personne, l’émergence de
communautés apprenantes engagées et la continuité historique de la francophonie
canadienne. C’est tout un mandat qui vient s’ajouter à la gestion scolaire dans le
contexte de la prise en main de l’éducation par les communautés en situation
minoritaire.

Un des grands besoins de tous ces partenaires est de connaître à fond
la situation des personnes apprenantes francophones que nous desservons. Les tableaux
réunis dans cette publication serviront, comme les deux études précédentes, à faire
connaître une dimension importante de cette situation dans chacune des sous-divisions de
recensement. En effet, en découvrant le potentiel de la francophonie, cette mise à jour
des chiffres permettra aux parents et à leurs partenaires de continuer à alimenter leurs
pressions pour que des services éducatifs et autres soient dispensés là où ils ne le
sont pas encore.

Rappelons que les ayants droit sont essentiellement des enfants de
citoyens dont la première langue apprise et encore comprise est le français, les enfants
de citoyens qui ont fréquenté une école française, ainsi que les enfants dont un
frère ou une soeur a fréquenté une école française.

Quant aux critères utilisés par Statistique Canada dans la cueillette
de ces données, rappelons que deux aspects sont retenues : le nombre de citoyens qui
comprennent le français et, parmi ces derniers, le nombre de ceux et celles qui le
parlent.

Nous espérons que les tableaux répondent aux besoins de recherche et
d’analyse des comités de parents, des conseils scolaires, des ministères de l’éducation
et des chercheurs.

Bonne lecture !

Annette Labelle
Présidente
CNPF

Le site Internet du CNPF : http://www.cnpf.ca/

( Le 1er décembre 1999)