ÉROSION CULTURELLE : LE CAS DE L’OUTAOUAIS

éROSION CULTURELLE : LE CAS DE L’OUTAOUAIS

Jean-Paul Perreault
Président

Les données du recensement canadien de 1996 montrent que, pour la région de recensement de Hull (RMR de Hull), la langue dominante demeure la langue anglaise malgré l’existence de la Charte de la langue française et des politiques d’intégration des immigrants mises de l’avant par le gouvernement du Québec. Le tableau 1 permet de mesurer les effets de l’assimilation linguistique : le nombre de locuteurs anglais augmente de 13,70 % alors que la langue française subit une légère perte.

Tableau 1
Assimilation dans la région de Hull – 1996

Langue maternelle Langue d’usage écart %
anglais 34 524 39 252 + 4 728 + 13,70
français 198 896 198 608 – 288 – 0,15
autres 12 020 7 580 – 4 440 – 36,94
Total 245 440

Source : Statistique Canada – 1996



De 1991 à 1996, il est aisé de constater (tableau 2) que la situation n’a guère changé : la langue anglaise demeure la langue dominante, la langue assimilatrice. Qui plus est, le tableau 2 indique que le nombre absolu d’anglophones, langue maternelle et langue d’usage, connaît une augmentation dans la RMR de Hull. .

Tableau 2
évolution de la langue anglaise
Région de Hull – 1991 et 1996

Langue maternelle Langue d’usage écart %
1991 30 774 35 230 + 4 456 + 14,48
1996 34 524 39 252 + 4 728 + 13,70
écart + 3 750 + 4 022
% + 12,19 + 11,42

Source : Statistique Canada – 1996





Le tableau 3 sur la mobilité linguistique confirme la dominance de la langue anglaise. Le bilan net avantage toujours la langue anglaise ! La majorité anglophone canadienne établie en Outaouais continue de faire des gains largement supérieurs grâce à l’assimilation des autres.

Tableau 3
Solde de la mobilité linguistique

Vers le français

1996

Vers l’anglais

1996

Anglais au français 3 960 Français à anglais 5 610
Autres à français 1 935 Autres à anglais 2 190
Total vers français 5 895 Total vers anglais 7 800
Moins :
Français à anglais


5 610
Moins :
Anglais vers français


3 960
Pertes nettes du français + 285 Gains nets de l’anglais + 3 840

Source : Statistique Canada – 1996



Le tableau 4 permet d’observer que le nombre d’allophones optant pour le français comme langue parlée à la maison connaît une légère augmentation depuis 1981. Par contre, l’ensemble de la mobilité linguistique des allophones vient, à nouveau, confirmer la dominance de la langue anglaise en Outaouais. Bien que les anglophones ne représentent que 14,06 % de la population de la RMR de Hull, ils attirent toujours la majorité des allophones, soit 53,09 %, qui optent pour l’anglais comme langue parlée à la maison.

Tableau 4
Mobilité linguistique des allophones

1981 1991 1996
Autres à anglais 1 180 (62,10%) 2 090 (56,10%) 2 190 (53,09%)
Autres à français 720 (37,90%) 1 635 (43,90%) 1 935 (46,91%)
Total 1 900 3 725 4 125

La mesure des phénomènes d’assimilation linguistique des francophones et des allophones permet d’évaluer l’ampleur du recul de la langue française en Outaouais. Il faut dès maintenant spécifier qu’une bonne partie de ce recul est exportée au Québec, en Outaouais, par le Canada, le gouvernement canadien et la capitale canadienne, Ottawa, région voisine de l’Outaouais. Le gouvernement du Québec et la région doivent donc redoubler d’efforts afin de contrer ces forces d’anglicisation effrontément encouragées et, même, odieusement subventionnées.(1)

DU FRANçAIS, IL EN FAUT PLUS; PAS MOINS !



Impératif français effectuera, dans les mois à venir, une recherche sur le phénomène de l’assimilation linguistique dans la capitale fédérale, Ottawa, à partir des données récentes du recensement de 1996.. Cette analyse servira à mesurer les incidences de la Loi canadienne sur les langues officielles, en vigueur depuis près de vingt-neuf ans, au sein de la Capitale des deux langues officielles, Ottawa, et, par conséquent, sur la rive québécoise de l’Outaouais .

(Le 9 avril 1998)

Impératif français
C.P. 449
Aylmer (Québec)
J9H 5E7
C. élec . : Imperatif@imperatif-francais.org
Site : http://www.imperatif-francais.org


1 Par exemple, le gouvernement canadien verse annuellement quelques millions de dollars en subventions et en allocations diverses aux organismes canadiens établis au Québec pour oeuvrer, au Québec, au rayonnement et à la promotion de la langue canadienne et nord américaine vastement majoritaire, la langue anglaise. à elle seule, Outaouais Alliance aurait reçu à ce chapitre 270 200 $ seulement pour l’année 1996-1997.