MIKE HARRIS RÉVOLTE…

Dieppe, le 15 décembre 1999

L’honorable Michael D. Harris
Premier ministre de l’Ontario
Queen’s Park
Toronto (Ontario) M7A 1A2

Monsieur le Premier ministre,

Nous venons d’apprendre, à notre grande déception, que votre
gouvernement a refusé de reconnaître le statut bilingue officiel de la capitale
nationale. Nous savons que le comité de restructuration avait fait une recommandation à
l’effet que la nouvelle ville d’Ottawa devienne officiellement bilingue.

Il est abérrant, voire même révoltant, de croire que la capitale du
Canada, un pays officiellement bilingue, ait un statut unilingue anglophone. Comment
croire au bilinguisme national quand sa propre capitale refuse obstinément, par
l’entremise du gouvernement de la province où elle réside, d’adopter le statut
bilingue? Permettez-moi, Monsieur le Premier ministre, de vous rappeler que vous ratez une
belle occasion de faire preuve de respect non seulement auprès des francophones de votre
province, mais également auprès de toutes les communautés francophones et acadiennes du
Canada.

Au nom de la Société Nationale de l’Acadie (SNA) et de ses
associations membres des quatre provinces de l’Atlantique, nous tenons à vous
exprimer notre profonde déception face à la décision de votre gouvernement. Par ce
geste, nous croyons que le gouvernement que vous représentez fait preuve
d’indifférence et de non considération à l’endroit de sa population
francophone et vexe l’ensemble de la communauté acadienne du Canada atlantique.

De plus, les médias nous apprenaient récemment, que votre
gouvernement a l’intention d’en appeler de la décision de la cour suprême en
ce qui concerne l’hôpital Montfort, seule institution de formation des soins de
santé en français et seul hôpital francophone, en Ontario.

En tant que Président de la Société Nationale de l’Acadie (SNA)
permettez-moi de vous exprimer mon désaccord devant cette décision aussi dévastatrice
que désobligeante de votre gouvernement envers l’ensemble des francophones de
l’Ontario.

Nous espérons fortement que vous puissiez reconsidérer la position de
votre gouvernment dans le dossier entourant le bilinguisme de la capitale nationale. Par
la même occasion nous souhaitons pouvoir compter sur l’indulgence du gouvernement
ontarien pour se rétracter dans le dossier de l’hôpital Montfort. Il faut voir,
monsieur le Premier ministre, en cet unique hôpital francophone dans votre province, le
mandat de traiter dans leur langue la plus nombreuse minorité francophone au pays.

Je vous remercie à l’avance de l’attention que vous
accorderez à ces requêtes. Veuillez agréer, Monsieur le Premier ministre,
l’expression de ma considération respectueuse.

Le Président,

Neil Boucher

c.c.

L’honorable Bernard Lord, Premier ministre du Nouveau-Brunswick
L’honorable John Hamm, Premier ministre de la Nouvelle-écosse
L’honorable Patrick Binns, Premier ministre de l’Île-du-Prince-édouard
L’honorable Brian Tobin, Premier ministre de Terre-Neuve et du Labrador
L’honorable Ronald Duhamel, Secrétaire d’état responsable de la Francophonie
L’honorable John Baird, Ministre délégué aux Affaires francophones de
l’Ontario
Madame Dyane Adam. Commissaire aux langues officielles
Monsieur Don Boudria, Jeux de la Francophonie
Madame Alexa MacDonough, Chef du NPD
Monsieur Gilles Duceppe, Chef du Bloc Québécois
Présidences des associations membres de la SNA