MAIRES DU PONTIAC DEBOUT!

LE DROIT (Ottawa) le vendredi 16 juillet 1999

Ils dénoncent la recommandation du député Robert Middlemiss

Deux maires du Pontiac réclament l’application de la loi 101

Les maires de deux municipalités du Pontiac sortent de l’ombre et exigent, eux aussi,
l’application complète de la Charte de la langue française (loi 101) sur le territoire
de la MRC Pontiac

MATHIEU TURBIDE, Le Droit

Hector Soucie, de Fort-Coulonge, et Marcel Pigeault, de l’Île-du-Grand-Calumet,
appuient la position du Comité d’action francophone du Pontiac (CAFP), qui demande la
présence à temps complet d’un inspecteur de la Commission de protection de la langue
française sur le territoire du Pontiac.

Les deux maires s’opposent vivement à la proposition du député Robert Middlemiss
d’assouplir l’application de la loi 86.

Nous dénonçons la recommandation du député Middlemiss visant à faire du Pontiac
une zone exemptée de la loi 86. Nous demandons au gouvernement du Québec d’appliquer la
loi concernant l’affichage comme ailleurs au Québec», expliquent les deux maires, dans
une déclaration commune qu’ils ont signée, mercredi.

MM. Soucie et Pigeault doivent approfondir leur position sur l’affichage et sur
l’application des lois linguistiques dans le Pontiac lors d’une conférence de presse,
lundi prochain, à l’hôtel de ville de Fort-Coulonge.

Le président du Comité d’action francophone du Pontiac, Sébastien Beaudoin, s’est
réjoui de l’appui des deux politiciens.

«Je pense que leur geste va convaincre tout le monde que les francophones ici ne se
laisseront plus faire. J’ai reçu beaucoup d’appels d’appui et les gens ne veulent pas
qu’on laisse tomber. On va se tenir debout», a réagi M. Beaudoin.

Même les Franco-Ontariens seraient prêts à se ranger du côté des francophones du
Pontiac dans leur lutte pour l’application des lois linguistiques du Québec. Du moins,
l’Association canadienne-française de l’Ontario, section Prescott-Russell, s’apprêterait
à appuyer les revendications du CAFP.

Perreault fustige Middlemiss D’autre part, le président du mouvement Impératif
Français, Jean-Paul Perreault, s’en est pris au député libéral Robert Middlemiss,
hier, en l’accusant de vouloir angliciser le Québec.

«La proposition d’exempter Shawville de la Charte de la langue française est
dangereuse. Imaginez un instant ce qui arriverait si on permettait cela. Les villes de
l’ouest de Montréal en voudraient autant dans un avenir proche, et toute l’île de
Montréal, à moyen terme. Cela ne ferait que donner raison aux anglophones unilingues
dans leur obstination à refuser de reconnaître la culture française et le fait
français», a indiqué M. Perreault.