LOGICIEL DE HAUTE GAMME

LOGICIEL DE HAUTE GAMME

« La présence française très réelle dans le domaine du logiciel haut de gamme est
largement ignorée du fait que les éditeurs de logiciels hexagonaux veulent se faire
passer pour des sociétés américaines, dernière approche que des "élites"
mentalement infériorisées ont jugée opportune pour conquérir les marchés mondiaux. »

NDLR Ci-joint un échange de correspondance entre une société « française »
et un simple citoyen qui ne faisait que réclamer le service en langue française !

Dear relation,

Did you know that REALVIZ now has its own public user group and message board?!! You
can subscribe by going to the REALVIZ website: http://www.realviz.com/contact/index.htm
and then click on Subscribe to Mailing List. (…)

The entire staff of REALVIZ wishes you a successful new Millenium !!!

Warm regards,

Emmanuel Javal
VP Sales and Marketing

*********
REALVIZ,

Veuillez, je vous prie, m’envoyer du courrier en français ou retirer mon nom de votre
liste de distribution.

Je vous suggère de changer de nationalité pour rester conforme à votre politique de
commercialisation actuelle.

Sans formule de politesse.

Charles Durand
Charles.Durand@utbm.fr

**********
Cher Monsieur,

Je viens d’etre avise par notre service informatique que votre nom a bien ete retire de
notre liste de distribution.

Nous sommes desoles de vous avoir froisse en commettant cette infidelite a notre belle
langue, mais le marche francais etant trop petit pour notre modeste societe, nous sommes
obliges d’adopter une langue d’expression commerciale comprise par le plus grand nombre
sur la planete.

Veuillez accepter, cher Monsieur, l’expression de nos salutations distinguees.

Guillaume Duboc – REALVIZ
International Sales Director
Arep Center – 1 Traverse des Brucs – 06560 SOPHIA ANTIPOLIS – FRANCE
guillaume.duboc@realviz.com
Sales Dpt Phone : +33 (0)4 92 38 84 62
Cell Phone : +33 (0)6 12 10 81 61
Fax : +33 (0)4 92 38 84 61

Site : http://www.realviz.com/

———————-
REALVIZ

Cher Monsieur,

Je vous remercie de me communiquer la position officielle de votre compagnie
à propos de l’utilisation de la langue anglaise avec vos clients potentiels.

J’ai déjà lu et entendu ce genre d’argumentation à de nombreuses
reprises, qui est d’ailleurs fondé sur le discours dominant actuel.

Les logiciels que vous commercialisez sont effectivement assez spécialisés
et destinés aux producteurs d’images, de séquences vidéo et d’effets
spéciaux. Toutefois, avec ses 60 millions de consommateurs, il me semble
que la France qui est, dans l’absolu, l’un des pays les plus informatisés
d’Europe, n’en est pas pour autant négligeable. En fait, si l’on rajoute en
plus de cela les marchés francophones de Belgique, de Suisse, du Québec et
du reste du monde francophone, je pense qu’il y a de quoi être occupé un
moment, plus spécialement pour une petite équipe comme la vôtre. Pour être
"universelle", votre compagnie néglige en fait ce qui devrait être son
"pré
carré", sa propre communauté qui devrait lui réserver l’accueil le plus
favorable.

Je suis d’accord avec vous que, dans la conjoncture actuelle et dans votre
domaine, il faut souvent percer aux Etats-Unis pour être pris au sérieux
dans certains pays francophones et plus particulièrement en France. le
problème trouve son origine dans le fait que le milieu professionnel
français a renoncé à ses propres critères en matière d’évaluation de son
propre potentiel. Pour être vraiment reconnu dans les domaines de pointe,
une entreprise doit avoir fait ses preuves aux états-Unis. être français
est souvent perçu comme un handicap sur le marché français. Si vous venez
de la "Silicon Valley", vous êtes brillant. Si vous venez de Besançon ou de
Lannion, vous n’êtes rien ou pas grand chose.

La présence française très réelle dans le domaine du logiciel haut de gamme
est largement ignorée du fait que les éditeurs de logiciels hexagonaux
veulent se faire passer pour des sociétés américaines, dernière approche
que des "élites" mentalement infériorisées ont jugée opportune pour
conquérir les marchés mondiaux. Le fait que certains de nos plus brillants
mathématiciens ont travaillé à mettre au point pour le compte d’I.B.M des
outils d’acquisition de connaissance ("Intelligent Miner" par exemple) ou
que nos plus brillants informaticiens travaillent pour ILOG, pour Réalviz
et bien d’autres éditeurs de logiciels français qui, depuis belle lurette,
excluent totalement la langue française de leurs logiciels et de leurs
manuels d’utilisation, en France même, ne constitue pas exactement un atout
publicitaire faisant briller la technique française à l’extérieur comme à
l’intérieur de ses frontières. Tant et si bien qu’il est facile de
rencontrer, dans les universités françaises, des professeurs d’informatique
qui croient, dur comme fer, qu’ILOG est une compagnie cent pour cent
américaine !!

Pour être prises au sérieux par les Français et les responsables
gouvernementaux francophones, tout autant que pour diminuer leurs propres
complexes d’infériorité, les noms, les désignations et l’essentiel des
produits de ces compagnies sont en anglais, diminuant encore plus leur
visibilité à la fois sur les plans national et international, puisqu’elles
sont souvent assimilées à des compagnies américaines, contribuant ainsi à
l’affaiblissement de la perception que l’on a, à l’étranger, des
contributions techniques de l’Hexagone en matière d’informatique.

Se référant au succès commercial de sa propre société, Pierre Haren, PDG
d’ILOG déclarait: « Le critère d’une entreprise réussie est son impact sur
le monde ». Le seul petit problème que pose cette compagnie, comme nous
l’avons vu, c’est qu’elle renforce la réputation de l’informatique
américaine puisque beaucoup d’informaticiens français pensent qu’il s’agit
d’une entité américaine… De ce fait, elle contribue à l’affaiblissement
de la perception du tissu informatique français et européen en général.
L’étudiant informaticien ne voit pas en ILOG une société installée au
Val-de-Marne. Au contraire, elle se dilue dans l’ensemble des innombrables
sociétés de la "Silicon Valley" et c’est cette dernière qu’il perçoit seule
comme futur tremplin d’une carrière réussie.

Alan Meckler, patron de « Mecklermedia », une maison américaine spécialisée
dans l’édition de magazines d’informatique grand public, pouvait claironner
que « l’industrie informatique est presque exclusivement américaine ». Mike
Dertouzos, un professeur d’informatique d’origine grecque au "Massachusetts
Institute of Technology" pense que l’Europe est inexistante dans sa
discipline professionnelle. On ne peut pas dire qu’il soit mal renseigné
puisque les compagnies européennes et plus particulièrement françaises,
comme la vôtre, n’ont de cesse de le faire oublier à tous leurs clients
potentiels.

Nul ne peut vous reprocher de vouloir gagner de l’argent, mais je ne vois
pas en quoi l’existence d’une version française vous pénaliserait
financièrement en quoi que ce soit. Vos produits ont été conçus par des
Français qui, même s’ils n’ont pas produit de version française, n’en ont
pas moins traduit leurs concepts, leurs approches et leurs consignes
d’utilisation à partir de leurs propres "versions mentales" qui, elles,
étaient en français. Rien n’est plus absurde et humiliant que d’avoir
recours à une langue étrangère, fut-elle l’anglais ou le zoulou, pour
utiliser des produits conçus par des compatriotes au sein de notre propre
communauté. Rien n’est plus ridicule que de recevoir du courrier et des
"newsletters" rédigées en anglais par des Français installés à
Sophia-Antipolis, à 20 km de ma ville natale ! J’ai vécu 20 ans en Amérique
du nord et je lis l’anglais aussi bien et aussi rapidement que le français
mais je ne tolère pas qu’une organisation qui fasse partie de ma communauté
s’adresse à moi dans une langue étrangère. Imaginez un Américain
s’adressant à un autre Américain en français, ou en chinois pour tenter de
le convaincre d’acheter et d’utiliser ses produits ! Personnellement, mon
réflexe est d’aller ailleurs, de rechercher d’éventuels produits
concurrents plutôt que de me soumettre à la sinistre farce que
constituerait pour moi l’obligation de communiquer avec vous en anglais,
chinois ou taki-taki.

Permettez-moi aussi de vous dire que l’introduction de vos produits au sein
des universités françaises et francophones devrait constituer pour votre
compagnie une priorité. De nombreuses filières images existent dans les
écoles d’informatique et nous venons d’ailleurs d’en créer une, ici à
l’UTBM. Les universités et écoles spécialisées seraient d’excellents
marchepieds pour faire connaître vos produits et former de futurs marchés
captifs.

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Charles Durand, E.C.C., Téléphone: 03.84.58.31.97
Génie Informatique, Télécopie: 03.84.58.30.30
Université de technologie de Belfort-Montbéliard (UTBM),
4, rue du Château, (Si vous téléphonez de l’extérieur
Sévenans, de la France, omettez le premier zéro)
90010 BELFORT Cédex
France Téléphone domicile: 03.84.54.06.43
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NDLR N’hésitez pas à faire parvenir vos commentaires à
REALVIZ : guillaume.duboc@realviz.com