L’IMPORTANT, C’EST DE NE PAS EN PARLER

MOUVEMENT ESTRIEN POUR LE FRANçAIS

Sherbrooke

6 mai 1997

L’important, c’est de ne pas en parler



Dans La Tribune du samedi 2 mai 1998, Jean Charest prend les gens pour des "non-instruits".
Il répète que la constitution et la langue ne sont pas ses priorités parce que le
peuple ne veut rien savoir de ces questions – ce qui reste à voir. Selon l’ex-député de
Sherbrooke, la loi la plus importante du pays et la Charte de la langue française
n’intéressent personne et "exaspèrent" les gens. L’essentiel, c’est
l’économie et l’emploi, clame-t-il, comme si la constitution et la langue ne faisaient
pas partie de l’essence d’un pays. Mais, le français ne le laisse quand même pas
totalement indifférent…

"Il y a un consensus sur la langue au Québec avec la loi 86",
prétend l’ex-conservateur. Du même souffle, il réprouve le statut quo en souhaitant
abolir la Commission de protection de la langue française – dangereuse "police",
dit-il – comme s’il préférait que la loi soit ridiculisée et bafouée. Fidèle à sa
théorie d’un Québec bilingue dans un Canada unilingue, le nouveau chef libéral rêve de
généraliser l’anglais dans la santé et les services sociaux. Pour le personnage,
l’Estrie avec ses 91 % de francophones devrait s’afficher comme région bilingue et "faire
preuve d’ouverture"
à un nouveau recul du français dans l’administration.

Partisan de la bilinguisation intégrale du CUSE comme on le sait, monsieur Charest
appuie-t-il la position de ses amis Townshippers qui ont créé des postes
strictement réservés aux anglophones dans la santé et les services sociaux? Est-il
d’accord avec le CADRE DE RéFéRENCE du ministère de la Santé et des Services sociaux,
page 26, qui interdit aux francophones de se présenter et d’occuper certains postes,
postes qui "exigent la présence d’un anglophone ayant une maîtrise parfaite de
l’anglais et qui est familier avec le milieu anglais de Estrie et sa culture"
?
Il y a un nom pour qualifier ce réglement antifrancophone basé sur le sang adopté en
1994 par le parti dont il est la recrue.

Quels autres "irritants" de la loi 101, prévoit faire disparaître
l’aspirant premier ministre? L’accès contrôlé à l’école anglaise? La francisation des
entreprises? La politique d’achat du Québec qui favorise le français? Le statut de
Montréal comme ville francophone? Avant de voter pour l’éventuel candidat Jean Charest,
les électeurs ont sans doute le droit de connaître ses intentions sur la préservation
et l’affirmation de "l’unicité" du Québec.

Bien que "réticent" à aborder ces questions, le nouveau chef
libéral pourra compter sur plusieurs groupes, comme le Mouvement estrien pour le
français, pour lui rappeler qu’ici au Québec, nous voulons vivre dans un pays
francophone et que cela passe par une Charte de la langue française efficace et non pas
rendue totalement insignifiante.

Jacques Poisson, président

Mouvement estrien pour le français, 1920, rue Grime,Sherbrooke
(Québec) J1J 1E7

téléphone: (819)565-1076 télécopie: (819)846-1371


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