LETTRE DE M. YVES MICHAUD AUX DÉPUTÉS DU QUÉBEC

LETTRE DE M. YVES MICHAUD AUX DéPUTéS DU
QUéBEC
Des excuses publiques s’imposent.

Conforté par l’appui
renouvelé, massif et élargi, des militants et militantes de la circonscription
de Mercier et de la réprobation générale du vote infâme de l’Assemblée
nationale du Québec exercé à son endroit, Yves Michaud maintient sa
candidature à l’assemblée d’investiture du Parti Québécois de la
circonscription de Mercier. Il invite les militants et les militantes de toutes
les régions du Québec qui seraient tentés de déchirer leur carte de membre
du Parti de ne pas le faire et de continuer à défendre à l’intérieur de ses
structures le droit à la liberté d’expression de tous les citoyens et
citoyennes du Québec, et celle pour notre peuple de décider de son avenir.

En attendant la réponse à la
requête qu’il a faite aux 125 députés de l’entendre sur les vagues,
imprécises et grossières accusations qui lui ont valu un vote de blâme
unanime des élus du suffrage universel, M. Michaud affirme qu’il ne sera pas
disponible pour aucun commentaire sur cette déshonorante et triste affaire.

Lettre de M. Michaud aux 125
députés de l’Assemblée nationale du Québec :

Montréal, le 18 décembre 2000

à la suite de la motion unanime
de l’Assemblée nationale au sujet de propos que j’aurais tenus récemment, et
compte tenu de la demande que j’ai faite au président de l’Assemblée nationale
d’être entendu par les députés, je m’adresse à vous comme à l’ultime
gardien des valeurs démocratiques et de la liberté d’expression.

La motion de blâme votée le 14
décembre 2000 à mon endroit est sans précédent dans les annales de notre
droit. Le code pénal prévoit des sanctions pour des propos relevant de la
littérature haineuse, de la diffamation ou de l’atteinte à l’intégrité des
personnes physiques ou morales. Je crois, je persiste et je signe, que les
opinions que j’ai pu exprimer n’enfreignent pas la Loi. L’Assemblée nationale n’est
pas un tribunal habile à se prononcer sur des opinions exprimées librement par
un citoyen ou une citoyenne. Il appartient seul au pouvoir judiciaire d’en
disposer.

La motion de blâme à mon
égard, en violation des principes élémentaires du droit, discrédite l’Assemblée
nationale qui s’est constituée en tribunal d’exception pour honnir un citoyen
qui a le droit à son honneur, à sa réputation et à sa dignité. Elle offense
à travers ma personne tous les citoyens et citoyennes du Québec dans leur
liberté d’expression.

En l’occurrence, j’espère que
ma requête d’audition recevra votre agrément de sorte que réparation puisse
être faite dans les plus brefs délais des atteintes à ma réputation et aux
préjudices que j’ai subis. Si tel ne devait pas être le cas, je me verrai dans
l’obligation de m’adresser à d’autres instances pour que réparation soit faite
et que justice me soit rendue.

Yves Michaud