LES RÉPONSES DES DIVERSES FORMATIONS POLITIQUES

Les partis politiques fédéraux et l’avenir du français au Canada

LES RéPONSES DES DIVERSES FORMATIONS POLITIQUES

Le 30 octobre dernier, Impératif français invitait les chefs
des diverses formations politiques f édérales à faire connaître publiquement leurs
positions sur la politique linguistique canadienne, notamment sur l’enjeu suivant :

Le statut, la place et l’importance du français au sein de la
Ville d’Ottawa, capitale du Canada

Bien que le Canada soit un pays officiellement bilingue; bien
qu’Ottawa soit la capitale du Canada; bien que le Canada soit membre de la
Francophonie internationale; bien que des millions de visiteurs canadiens et étrangers
visitent chaque année la capitale du Canada; bien que 25 % de la population canadienne
soit francophone; bien que le Québec, état francophone, fasse partie de la fédération
canadienne; à moins d’une intervention du gouvernement du Canada, la nouvelle Ville
d’Ottawa ne sera pas officiellement bilingue.

Nous reproduisons les réponses obtenues à ce jour aux trois questions
suivantes qui accompagnaient la mise en situation précédente :

à votre avis, le français devrait-il avoir un statut officiel égal
à celui de l’anglais au sein de la capitale du Canada ?

Parti libéral :

«Le Parti libéral prône la reconnaissance du français et de
l’anglais en tant que langues officielles du Canada. Nous sommes attachés à la
défense des intérêts des communautés de langue officielle vivant en milieu
minoritaire, et au respect de la dualité linguistique, caractéristique fondamentale de
notre pays.»

«Le français et l’anglais étant les langues officielles du
Canada, il est tout à fait raisonnable qu’Ottawa, en tant que siège du gouvernement
canadien, reflète dans sa vie civique cette dualité linguistique. Dès 1970, la ville
d’Ottawa reconnaissait l’anglais et le français comme langues officielles et,
depuis 1982, elle offre des services en français. En outre, depuis 1986, les
municipalités désignées en vertu de la Loi sur les services en français ont le
pouvoir d’adopter des règlements prévoyant des services publics dans les deux
langues officielles. La municipalité régionale d’Ottawa-Carleton, qui correspond
approximativement à la nouvelle ville d’Ottawa, est désignée en vertu de cette
loi.»

Bloc Québécois :

« La ville d’Ottawa devrait être dotée du statut de ville
bilingue pour les raisons suivantes :

– elle est la capitale du Canada ;

– la Constitution canadienne prévoit au Canada l’usage de deux
langues officielles, l’anglais et le français ;
– la Loi sur les langues officielles accorde aux fonctionnaires fédéraux le choix de
leur langue de travail et aux contribuables canadiens le droit d’être servi dans la
langue officielle de leur choix ;
– l’Ontario est la province qui compte la plus importante minorité francophone au
Canada; – et on retrouve, dans la nouvelle ville d’Ottawa, une partie
importante de la population francophone de l’Ontario.»

« En fait, nous estimons que le gouvernement de l’Ontario aurait
pleinement assumé ses responsabilités morales à l’ égard de la Constitution
canadienne s’il avait choisi de faire d’Ottawa une ville bilingue. Cette
décision aurait non seulement donné un cadre l égal sur lequel auraient pu
s’appuyer les francophones d’Ottawa, elle aurait également projeté au Canada
et à l’étranger l’image d’un gouvernement préoccupé par la francophonie
canadienne.»

Alliance canadienne :

« La responsabilité constitutionelle pour les institutions
municipales réside au niveau provincial. Les résidants de la région de la capitale
nationale des deux côté s de la rivière par l’entremise de leurs représentants
municipaux élus doivent décider où les services seront fournis.»

NPD :

« Merci de votre courriel. Vous pourrez trouver notre programme sur
notre site. Comme vous le savez probablement, notre député Yvon Godin, porte-parole
néo-démocrate en matière de langues officielles a défendu le statut bilingue de la
ville d’Ottawa et à exhorté le gouvernement Libéral à s’impliquer dans ce dossier.
Nous continuerons à défendre les intérêts des francophones. Merci de votre intérêt.
»

Parti conservateur1 :

« Certainement !»

La capitale du Canada doit-elle être tenue d ’adopter et de
pratiquer une politique de bilinguisme officiel semblable à celle de
l’Administration fédérale?

Parti libéral :

« Le gouvernement libéral croit que chaque Canadien a le droit de
vivre, de travailler et de se divertir dans la langue officielle de son choix. à notre
avis, la restructuration des municipalités est l’occasion, non seulement de
maintenir les services en français, mais de les élargir. Qu’il s’agisse de la
Capitale nationale ou de l’ensemble du pays, nous avons la ferme volonté de
favoriser, par tous les moyens dont nous
disposons, l’épanouissement de la dualité
linguistique au Canada.
»

Bloc Québécois :

« La ville d’Ottawa doit prendre le relais de l’occasion
ratée par son gouvernement provincial. Nous croyons qu’elle doit adopter des
dispositions qui en feront dans les faits une ville bilingue. Nous souhaitons que si elle
reprend à son compte le modèle de l’administration fédérale, elle l’applique
de manière plus efficiente.
»

Alliance canadienne :

« Bien qu’Ottawa soit la capitale du Canada, la constitution ne
donne au gouvernement fédéral aucun pouvoir d’imposer une politique linguistique
sur les services fournies par d’autres paliers de gouvernement, provincial ou
municipal. Les villes de Québec, Winnipeg et Fredericton sont toutes des capitales de
provinces qui ont des responsabilités constitutionnelles en matière linguistique.
Néanmoins, ces villes décident elles-mêmes du niveau de service dans la langue de la
minorité. »

Parti conservateur :

« Sans connaître tous les détails dans la pratique, je partage cet
objectif en général.»

Quelles mesures concrètes votre formation politique prendra-t-elle à
cet égard?

Parti libéral :

« Le Premier ministre du Canada, Jean Chrétien, s’est entretenu
avec son homologue de l’Ontario sur l’importance de reconna ître les deux
langues officielles dans la nouvelle ville d’Ottawa. Le premier ministre Harris a
donné publiquement l’assurance que le nouveau conseil municipal maintiendra les
services aux francophones après la fusion. Il a également indiqué au gouvernement
libéral que dans l’éventualité où les services en français ne seraient pas
maintenus, il accepterait de discuter des mesures possibles à prendre. Un nouveau
gouvernement libéral continuera de suivre de près l’évolution de ce dossier.»

Bloc Québécois :

« Les lois et leur réforme ne valent en autant que la volonté
politique de les respecter est manifeste. Or, tous les rapports rendus publics par
diverses sources depuis 1993 et traitant de la question du respect par le gouvernement
fédéral des dispositions de la Loi sur les langues officielles font état du laxisme du
gouvernement f édéral. Le dernier rapport de la Commissaire aux langues officielles
pointe du doigt l’inertie des politiciens et de la haute fonction publique.»

« Ceci dit, le Bloc Québécois serait favorable à des modifications
qui permettraient de renforcer l’application de la Loi et la présence du français
dans les institutions fédérales, en autant que celles-ci ne viennent pas affaiblir le
statut du français au Québec.»

Alliance canadienne :

«Nous respecterons le droit des résidants de toutes les villes et
villages dans la région d’Ottawa-Hull de décider eux-m êmes cette question.»

Parti conservateur :

«à ce que je sache, le Parti Progressiste Conservateur fédéral n’a
pas proposé de mesures concrètes à cet égard. Si j’étais élu, ce serait une
priorité pour moi.»

(1) Dans tous les cas, les réponses proviennent des
bureaux de chefs de parti sauf celles du Parti conservateur qui nous ont é té fournies
par le candidat d’Ottawa-Vanier, M. Stephen Woollcombe.

Source :
Impératif français
Tél. : (819) 684-7119
Courriel : Imperatif@imperatif-francais.org
Site : http://www.imperatif-francais.org