LES RADOTEURS AUTOMATIQUES

LES RADOTEURS AUTOMATIQUES

Vous est-il déjà arrivé de téléphoner à une RRSSS, un CLSC, un
bureau d’aide juridique, un ministère québécois, une municipalité, une compagnie de
téléphone ou d’électricité ou autres administrations publiques pour être
accueilli au Québec en anglais ?

Ne trouvez-vous pas déjà assez déshumanisant ces voix en conserve
qui vous disent d’appuyer ici ou d’appuyer là, sans avoir à vous le faire dire
deux fois, une fois en français et une autre en anglais?

Croit-on les anglophones ignorants au point de ne pas comprendre
qu’il faut laisser le message après le son du timbre ? Les répondeurs installés au
Québec feraient-ils un « bip bip » différent de ceux entendus aux états-Unis,
au Canada ? Qui de vous n’est pas au courant que l’on doit laisser le message
après le timbre sonore ?

Nous verrait-on comme incapables de comprendre du premier coup au point
qu’il faille tout nous dire deux fois?

Parfois, on va jusqu’à demander au Québec aux Québécois s’ils
veulent le service en français : « pour le service en français, appuyer sur…
» ou encore « si vous désirez le service en français, appuyer sur… » !

à certains endroits du Québec, quelques-uns poussent l’affront plus
loin. Ils offrent en premier, à tous, dès le départ, l’accès au message en
anglais « If you want the message in English, press…» Ils vous disent qu’ils
offrent l’accès au message en anglais d’abord afin de ne pas exposer
inutilement les anglophones au message français qui suit. Incroyable, n’est-ce- pas ?

En procédant de la sorte, on accorde carrément priorité à
l’anglais; on expose tous les francophones à la langue anglaise afin de ne pas exposer
(quel supplice !) quelques anglophones unilingues au français; on dit aux anglophones
qu’ils n’ont pas besoin d’apprendre le français; on invite les nouveaux arrivants à
l’apprentissage de l’anglais; on indique aux francophones qu’ils sont des citoyens de
seconde classe même chez eux au Québec !

D’un côté, l’on dit vouloir faire du français la langue
commune du Québec; de l’autre, les messages des boîtes vocales ou répondeurs vous
disent le contraire : il y aurait deux langues officielles et communes au Québec. De
surcroît, dans certains cas, ce sont les répondeurs du gouvernement du Québec ou autres
administrations publiques qui vous le disent !

La prochaine fois que l’on vous offrira au Québec l’accès
au service en anglais en premier, demandez-leur pourquoi il vous traite au Québec comme
citoyen de seconde classe ! Si l’on répète deux fois le même message, en français
et en anglais, répondez « poliment » que vous aviez très bien compris la première
fois et qu’il est inutile de vous le dire deux fois.

P.-S. En passant que faut-il penser des messages d’accueil en
français et en anglais des répondeurs personnels ? Aurait-on déclaré les maisons
privées institutions du gouvernement fédéral ! Encore là, il faudra répondre que vous
aviez très bien compris la première fois.

(La reproduction et la diffusion de ce texte sont grandement
recommandées. Merci !)