LES PROGRAMMES D’IMMERSION ANGLAISE AU NIVEAU PRIMAIRE

——————SSJBM, Impératif français, Mouvement estrien pour le
français—————–


«Le français devrait être la seule langue enseignée au primaire»,
affirment la SSJBM, Impératif français et le Mouvement estrien pour le français.


Montréal, le 27 novembre 1997 – Réunis en conférence de presse aujourd’hui, la
Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal, Impératif français et le Mouvement estrien
pour le français demandent à la ministre de l’éducation de procéder à une
évaluation publique des différentes expériences d’enseignement intensif de
l’anglais au primaire et, qu’en attendant les conclusions, elle instaure un
moratoire sur l’enseignement de cette matière au primaire. «à un âge où il est
prioritaire de consolider son identité culturelle, l’enseignement d’une langue
seconde ou d’une troisième est prématuré et inefficace sur le plan pédagogique,
estiment les porte-parole des trois organismes.

Le président de la SSJBM, Guy Bouthillier, le président d’Impératif français,
Jean-Paul Perreault, et le vice-président du Mouvement estrien français, Rodrigue
Larose, rappellent que toute société poursuit des objectifs précis en matière
d’éducation et de scolarisation. Un de ces objectifs doit être le développement de
citoyens conscients de ce qu’ils sont. Dans le contexte actuel, où le Québec est
entouré d’une mer anglophone, il faut d’abord s’assurer que les enfants
maîtrisent suffisamment leur langue maternelle avant de débuter l’apprentissage
d’une autre langue, ont-ils affirmé.

Selon les porte-parole, Il s’agit simplement de donner aux enfants les meilleures
conditions pour permettre la plus grande rétention possible des connaissances acquises.
à ceux qui prétendent que plusieurs études démontrent l’efficacité d’un
apprentissage hâtif d’une seconde langue, M. Larose, du Mouvement estrien français,
répond que d’autres études, notamment une réalisée en Angleterre, démontrent le
contraire.

Par ailleurs, le président de la SSJBM, Guy Bouthillier, souligne que dans la
métropole, où bon nombre d’enfants ont des parents venus d’ailleurs, le risque
de confusion culturelle est encore plus important. «Pour ces enfants, dit-il, le
français n’est même pas la langue maternelle. Or, enseigner dès les premières
années de fréquentation scolaire une autre langue que le français envoie comme message
à ces jeunes que l’anglais est plus important que le français. Est-ce de cette
façon que l’état québécois entend faire la promotion du français, langue commune
et seule langue officielle?»

Selon Rodrique Larose, l’enseignement de l’anglais au primaire amène une
anglicisation de la vie familiale. «En effet, précise-t-il, l’école demande la
participation des parents pour renforcer la portée du programme de cours intensifs, en
créant à la maison un environnement anglophone par le visionnement de la télévision en
anglais, la lecture et la conversation en anglais.»

Les trois organismes sont conscients de toute la publicité qui entoure les programmes
spéciaux d’apprentissage intensif de l’anglais et de l’engouement des
parents pour ce qu’on appelle «les bains linguistiques» en cinquième et sixième
années du primaire. Ils soulignent, cependant, que l’efficacité de ces méthodes
n’a pas été prouvée, qu’aucun bilan sérieux ne semble avoir été fait par
le ministère de l’éducation et, qu’en plus, les parents qui refusent
d’inscrire leur enfant à ces programmes le voient menacé d’être changé
d’école ou encore marginalisé par l’école. «Les problèmes sont réels et
sérieux. Ces parents sont laissés à eux-mêmes et n’obtiennent aucun support des
structures scolaires. C’est comme si on leur laissait entendre qu’ils sont
contre le progrès, déclarent les porte-parole.

«Il ne s’agit pas, pour nous, de nier le contexte mondial dans lequel la langue
anglaise prend tant d’espace, ajoute M. Jean-Paul Perreault d’Impératif
français, nous disons, au contraire, que pour répondre efficacement aux besoins de la
mondialisation, l’enseignement d’une langue seconde et d’une troisième,
notamment l’anglais et l’espagnol, est nécessaire, mais doit être concentré
au niveau du secondaire, c’est-à dire plus rapproché du moment de l’entrée
sur le marché du travail. En corollaire, nous demandons que le français soit la seule
langue enseignée au primaire et que son enseignement soit amélioré.»

Les trois organismes fondent donc leur opposition à cette anglicisation du primaire
sur les motifs suivants :

  • L’enseignement par bains linguistiques ou cours intensifs au primaire entretient
    dans l’esprit des enfants l’idée que l’anglais est une matière plus
    importante que toutes les autres, y compris même la langue maternelle;
  • Cette approche aboutit le plus souvent à la ségrégation des enfants sur la base de
    leur participation au programme et revêt un caractère élitiste;
  • La preuve de l’efficacité de cette méthode n’a pas été démontrée;
  • Pratiquée sur une grande échelle et sur une période plus ou moins longue, cette
    méthode nous rapprocherait de la bilinguisation de notre système d’enseignement.

Les trois organismes insistent sur les risques réels que de tels programmes viennent
annuler les efforts pour améliorer la qualité de l’enseignement du français et
minimiser l’impact de l’augmentation annoncée du nombre d’heures
d’enseignement du français. «La ministre ne doit pas envoyer un contre-message à
la population, affirment les porte-parole.»

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