LES PROGRAMMES D’ANGLICISATION DE LA SANTÉ

LES PROGRAMMES D’ANGLICISATION DE LA SANTé

C’est fait ! Le gouvernement Bouchard vient d’approuver par décret les 16 programmes
d’anglicisation pour les 16 régies régionales de la santé. Bien que les francophones
éprouvent encore des difficultés à se faire soigner en français, au Québec, dans les
18 hôpitaux anglophones, le décret du 7 juillet 1999 consacre l’obligation du réseau
francophone de la santé de fournir, sur demande, des services en anglais, à toute
personne qui le désire. Voilà un pas de plus vers le bilinguisme institutionnel. Pendant
ce temps, l’Ontario ferme le seul hôpital francophone de la province, l’hôpital
Montfort. Deux poids, deux mesures. En plus, le gouvernement Bouchard a décidé de
construire un nouveau méga hôpital pour les anglophones, à Montréal. Ce sera le plus
important au Québec, avec son pouvoir évident d’attraction sur les immigrants, déjà
massivement en voie d’assimilation à l’anglais. Où iront nos meilleurs médecins? Dans
des hôpitaux francophones dépassés ou dans ce nouvel hôpital d’avant-garde ? Est-ce le
dernier clou pour le cercueil du français agonisant à Montréal ? évidemment Alliance
anti-Québec est contente. Elle a, par son comité «provincial» et ses comités
régionaux d’anglicisation (payés à 100% par nos taxes), finit par avoir raison du bon
sens et du gouvernement Bouchard. Désormais le droit de travailler en français au
Québec, reconnu par la Charte de la langue française, n’existe plus dans la santé ;
c’est l’obligation pour le personnel de se soumettre à des contraintes d’anglais partout.
Et pour glacer ce gâteau assez particulier, plusieurs postes sont carrément interdits
aux francophones, en raison de leur sang, peu importe leur compétence en anglais. Ces
postes «exigent la présence d’un anglophone ayant une maîtrise parfaite de la langue
anglaise» (Cadre de référence du ministère de la Santé et des Services sociaux, pages
26 et 27). Pour les francophones, une prise de sang linguistique est essentielle pour
postuler à plusieurs endroits dans la santé, notamment au CLSC Alfred-DesRochers de
Magog, où 10 services requièrent la présence d’anglophones et l’exclusion de
francophones (Rapport d’activités 1996, CLSC Alfred-DesRochers). On est à des
années-lumière de la parité de traitement, entre le Québec et le reste du Canada,
quant aux services en français et en anglais; devant l’absurdité de la situation au
Québec, on comprend que le ROC (Rest of Canada) fasse peu de cas du français et
préfère fonctionner en anglais…

Jacques Poisson
Président
Mouvement estrien pour le français
1920, rue Grime
Sherbrooke (Québec)
J1J 1E7
téléphone : (819) 565 – 1076
télécopie : (819) 565 – 8071
courriel : m.e.f.@sympatico.ca
site : www.mef.qc.ca

(Sherbrooke, 99-08-11)