LES NATIONS UNIES CONDAMNENT LE COLONIALISME…

« LES NATIONS UNIES
CONDAMNENT LE COLONIALISME SOUS TOUTES SES FORMES…»

Il est des gens et des
organismes qui choisissent de ne pas se taire lorsque les valeurs
fondamentales et les droits de l’homme sont remis en cause ou non
respectés.

Au-delà du choix collectif
que pourrait faire le peuple québécois, il y a des valeurs
qu’il faut savoir défendre à tout prix en condamnant tous les
gestes de violation des droits fondamentaux reconnus par l’Organisation
des Nations Unies
.

**********

Le 14 décembre 1960 l’Assemblée
générale des Nations Unies
adoptait par résolution 1514
(XV) sa fameuse Déclaration sur l’octroi de l’indépendance
aux pays et aux peuples coloniaux
réaffirmant le droit
inaliénable à l’autodétermination et à l’indépendance de
tous les peuples soumis à la domination…

Par la suite, plusieurs pays,
notamment l’Espagne, les états-Unis, le Royaume-Uni, la
Nouvelle-Zélande, la France et le Portugal, donnèrent la liste
des territoires placés sous leur administration qu’ils
considéraient comme non autonomes, le Canada n’ayant pas alors
soumis le nom du Québec.

Dans sa résolution du 11
décembre 1980 visant la mise en force du Programme d’action
pour l’application intégrale de la Déclaration sur l’octroi de
l’indépendance aux pays et aux peuples coloniaux
, les
mêmes Nations Unies énoncent la règle de conduite
suivante :

« Les états Membres
adopteront les mesures nécessaires pour décourager ou
prévenir l’afflux systématique dans les territoires
sous domination coloniale d’immigrants et de colons venus
de l’extérieur, qui bouleverse la composition
démographique de ces territoires et peut être un
obstacle majeur à l’exercise véritable du droit à
l’autodétermination et à l’indépendance par les
habitants de ces territoires. »

à la lumière de cet article
qui stipule clairement que l’état membre doit « prévenir
l’afflux systématique d’immigrants pouvant être un obstacle
majeur à l’exercise du droit à l’autodétermination et à
l’indépendance », comment doit-on interpréter la déclaration
suivante de la ministre canadienne de la Citoyenneté et de
l’Immigration, Lucienne Robillard : « à cause des délais, nous
avons accordé une attention particulière à l’octroi de
certificats de citoyenneté au moment du vote référendaire au
Québec » ?

Le journal Le Soleil écrivait
le samedi 29 juin : « Le gouvernement fédéral a tellement
émis de certificats de citoyenneté au Québec avant le
référendum que seulement 2640 certificats ont été accordés
entre janvier et mars 1996. Au dernier trimestre de 1995, plus de
13 161 personnes étaient devenues canadiennes au Québec » et
d’ajouter « le gouvernement fédéral a déployé une énergie
considérable afin d’accélérer la cadence d’émission des
certificats de citoyenneté au Québec avant le référendum
d’octobre dernier. Ce certificat donne notemment aux nouveaux
Canadiens le droit de vote.»

Toujours à la lumière de
l’article de l’ONU où il est fait obligation aux pays exerçant
une tutelle coloniale de : « prévenir l’afflux systématique de
colons venus de l’extérieur pouvant être un obstacle majeur à
l’exercise véritable du droit à l’autodétermination et à
l’indépendance…», comment ne pas voir que les gestes que
relatent les quelques extraits d’articles de journaux anglophones
reproduits ci-dessous sont le plus éloquent démenti qui soit du
refus du Canada de reconnaître son statut d’état colonialiste ?

« Some of the buoyant
Montreal crowd had travelled from as far as the West
Coast hoping to convince Quebecers they should reject
independance in Monday referendum. » (The Guardian)

« Ten of thousands
making their way to Montreal by car, train, plane, bus,
to talk to anyone they can, to wave Maple Leaf flags, to
cheer federalist speakers at a monster rally. » (Times
Colonist)

« Hundreds of
Manitobans will converge downtown (Montreal) this morning
to shout the praises of a united Canada in a last-ditch
effort to get Quebecers to vote No on Monday. » (Winipeg
Free Press)

« …Western
Canadians came with a sentimental message and an
idealistic mission : to tell Quebecers they love them
and, by dint of that, persuade them to vote No in
Monday’s referendum. » (Globe and Mail)

En agissant de la sorte, le
Canada et les Canadiens administrent de facto la preuve
qu’ils considèrent le Québec comme un territoire non autonome
même si, contrairement à ce qu’ont fait les état-Unis, le
Royaume-Uni, la Nouvelle Zélande et d’autres pays, ils se
refusent à inscrire le Québec comme territoire non autonome. La
communauté internationale devrait-elle être saisie de tout cela
?

De son côté, le gouvernement
du Québec doit exiger et obtenir les pleins pouvoirs sur
l’immigration afin d’établir une politique de citoyenneté
rendant nécessaire l’obtention de la citoyenneté québécoise
avant toute autre. Le Québec sera ainsi mieux placé pour bien
remplir son rôle de société ouverte et accueillante.

En intervenant «
illégalement » et contrairement au droit international dans le
référendum québécois, le Canada a contrevenu à la
Déclaration des Nations Unies où il est écrit que « tous les
peuples ont le droit de libre détermination ».

Lord Durham écrivait dans son
désormais célèbre rapport : « Si l’on estime exactement la
population du Haut-Canada à 400 000 âmes, les Anglais du
Bas-Canada à 150 000 et les Français à 450 000, l’union des
deux provinces ne donnerait pas seulement une majorité nettement
anglaise, mais une majorité accrue annuellement par une
immigration anglaise. »

L’ONU écrivait : « Le
système du colonialisme continue d’exister dans plusieurs
régions du monde. » Depuis 1839, le Canada le pratique tel que
le confirment ses gestes lors de l’exercise de libre
détermination d’octobre 1996 et les propos de Durham.

« L’Assemblée générale
des Nation Unies
réaffirme que la persistance du
colonialisme sous toutes ses formes et dans toutes ses
manifestations est incompatible avec la Charte, la Déclaration
universelle des droits de l’homme et la Déclaration sur la
décolonisation. » (Département de l’information des
Nations Unies
)

Jean-Paul Perreault
434, rue Parker
Aylmer (Québec)
Tél. et téléc : (819) 684-7119

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