LES FORCES DU TOUT-ANGLAIS SONT À L’OEUVRE

LES FORCES DU TOUT-ANGLAIS à L’OEUVRE

Le journal The Gazette de Montréal rapporte dans son édition du samedi 18 septembre
1999 que la commission scolaire anglophone Lester B. Pearson refuse de donner suite à une
invitation de l’Office de la langue française de bilinguiser les messages
d’accueil des répondeurs téléphoniques de ses diverses écoles : « Cette semaine,
la commission scolaire anglophone a déclaré qu’elle ignorerait l’invitation de
l’Office de la langue française de bilinguiser ses messages d’accueil…» en
« ajoutant une couple de mots français ».

Alliance Québec n’a pas tardé à émettre un communiqué en
anglais dans lequel elle appuie la position de la commission scolaire anglophone Leaster
B. Pearson de promouvoir au Québec l’unilinguisme anglais en refusant l’ajout
de quelques mots français. Le président de l’organisme, William Johnson, souhaite
que la Leaster B. Pearson School Board maintienne sa décision : « Alliance
Quebec hope that the Leaster B. Pearson School Board will stand firm.
» Le président
ajoute : « It is important that the institutions of the English-speaking community be
vigilant to resist unreasonable restrictions and defend our rights in court.
»

Il faut se rappeler qu’Alliance Québec et son président
réclamaient à hauts cris, il n’y a pas si longtemps, la bilinguisation
systématique, partout au Québec, de l’affichage publique et de la publicité
commerciale pour, aujourd’hui, parler de « restrictions déraisonnables » et
de « limites aux droits » l’addition d’un message en français dans les
écoles québécoises de Leaster B. Pearson!!!

Quelques jours plus tard, les forces d’anglicisation du Québec
revenaient à la charge, incarnées cette fois-ci par la Jamaica Association of
Montreal
, pour exiger un message d’accueil en anglais au répondeur
téléphonique de la Commission des droits de la personne. Le président de la
Jamaica Association y voit même un refus possible de la part de la Commission «
d’écouter les plaintes en provenance de la communauté noire ». N’y aurait-il
pas lieu pour la Commission de dénoncer les propos discriminatoires et d’exclusion
de cette association qui laisse ainsi entendre que toute la communauté noire est
anglophone ? L es Québécois d’origine haïtienne, d’Afrique francophone ou de
d’autres pays non anglophones se trouvent exclus par ces propos ! La communauté
noire non anglophone du Québec aurait bien raison d’être dérangée par de tels
propos…

The Gazette rapporte que la vice-présidente de la Commission des
droits de la personne, madame Jennifer Stoddart, aurait communiqué avec le président de
la Jamaica Association of Montreal, monsieur Noel Alexander, pour s’excuser et
pour s’empresser de lui annoncer que la situation serait rapidement corrigée puisque
dorénavant l’accueil serait aussi offert en anglais.

Dire que tout récemment le Conseil de la langue française rendait
publique une étude affirmant que « les allophones adoptent majoritairement le français
comme langue de vie publique » et montrant la pertinence de « l’orientation de la
politique québécoise visant à faire du français la langue publique commune à toutes
les personnes qui résident sur le territoire du Québec… » !!!

Ces deux exemples récents confirment, à leur façon, la tendance à
l’anglicisation au Québec par, d’une part, le maintien de l’unilinguisme
anglais et, d’autre part, par le retour en force du bilinguisme institutionnel…