LES CAISSES DE RETRAITE ET L’ÉPARPILLEMENT

LES CAISSES DE RETRAITE ET L’éPARPILLEMENT



« Il faut, par tous les moyens, lutter contre la déportation de l’épargne »
Rosaire Morin
Directeur de L’Action nationale

Il y a dans l’usage actuel un émiettement financier intolérable. Les cotisations des
travailleurs sont déportées dans la proportion satanique de 80%. Des milliards de
dollars sont placés en d’autres provinces et en d’autres pays. Des caisses de retraite de
municipalités, d’universités et d’organismes gouvernementaux créent des emplois en
d’autres régions plutôt qu’au Québec.

Il y a dans l’usage actuel des pratiques récusables. Il y a surtout de mauvais
gestionnaires. Sur 163 caisses de retraite municipales, 60 caisses enregistrent un
déficit de 2 089 millions $ à la fin de l’année 1996…

Par surcroît, les surplus de certaines caisses attisent la convoitise des employeurs.
Plusieurs municipalités et organismes ont cessé de contribuer aux régimes de retraite
de leurs employés. à titre d’exemples, la CUM a omis de verser 69 millions $ à la
caisse sur une période de dix ans. Un recours collectif a été déposé contre la ville
d’Outremont pour un montant de 8,5 millions $.

Dans la gestion des caisses de retraite se pose aussi une question éthi que
importante. Divers témoins dénoncent l’usage de pour boires assez plantureux. Plusieurs
caisses confient, on ne sait pourquoi, la gestion de leurs avoirs à des fonds mutuels de
Toronto ou à leurs sociétés filiales établies au Québec.

Le gouvernement du Québec doit légiférer. Il doit confier la gestion des caisses de
retraite du secteur public à la Caisse de dépôt et placement du Québec. Cet organisme
investit au Québec au moins la moitié des actifs qu’elle gère.

La différence serait plus qu’appréciable. Des milliards de dollars additionnels
seraient placés dans le développement du Québec. Par mesure de prudence, le
législateur devrait obliger la CDPQ à investir la moitié de l’actif des caisses de
retraite selon un système lié au développement social, économique et régional. La
mobilisation de l’épargne québécoise est une priorité majeure.

L’épargne doit créer des emplois, ici, au Québec.

Le 14 décembre 1998