LES BOURSES DU MILLÉNAIRE

LES BOURSES DU MILLéNAIRE

Les querelles constitutionnelles sont presque toujours fermentées par Ottawa. Les
bourses du millénaire sont une attaque insidieuse contre le pouvoir exclusif du
Québec en matière d’éducation. Elles ne sont qu’un autre épisode du conflit
Ottawa-Québec.

Les besoins québécois ne correspondent pas au projet fédéral. Le Québec possède
la formule de prêts et de bourses la plus avantageuse au Canada. Les étudiants
québécois connaissent le plus bas niveau d’endettement à la fin de leurs études. Les
frais de scolarité sont inférieurs à ceux des autres provinces.

Le hochet de Jean Chrétien n’est pas un monument dressé à sa gloire. Il est une
invention irrationnelle. Les bourses d’une valeur de 3 000 $, portant l’effigie de la
feuille d’érable, augmenteront le nombre des étudiants dans des universités
impuissantes à dispenser une formation de qualité. Ce sont les universités qui ont
besoin des trois milliards $. Les 750 millions $ destinés au Québec seraient plus
profitables s’ils étaient utilisés dans l’enseignement supérieur, l’engagement de
jeunes diplômés, la modernisation des laboratoires et l’enrichissement des
bibliothèques.

Le fédéral a accouché d’une fondation pour assurer la visibilité fédérale. Une
fondation imposera au Québec une politique dans un domaine qui relève de sa compétence.
L’état du Québec devra discuter avec un organisme non imputable aux contribuables. C’est
là une attitude méprisante. Est-ce une nouvelle orientation du fédéralisme canadien ?

Le grand patron de Bell Canada, Jean Monty, est nommé président d’un organisme qui
contourne la Loi constitutionnelle de façon infâme. Le Canada anglais sera bien servi.
La banque Toronto Dominion sera le banquier. Les gestionnaires sont Phillips, Hager &
North de Vancouver, TD Asset Management et YMG Capital Management de Toronto.

Le gouvernement du Québec n’a pas le choix. Il doit réclamer que le fédéral lui
verse la part qui lui revient pour l’investir dans les besoins véritables des
Québécoises et des Québécois. La richesse opulente d’Ottawa est révoltante dans un
système politiques où les provinces doivent leurs indigences à l’avidité fiscale
fédérale.

Rosaire Morin,
directeur de L’Action nationale

Bulletin V11, Les bourses du millénaire, 8 mars 1999
L’Action nationale, 425, boul. de Maisonneuve Ouest, Montréal H3A 3G5
Téléphone: 514-845.8533 – Télécopie: 514-845.8529
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(le 8 mars 1999)