LE SCANDALE DU FINANCEMENT DES UNIVERSITÉS AU QUÉBEC

MOUVEMENT ESTRIEN POUR LE FRANçAIS

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Sherbrooke, 12 juin 1998

Le scandale du financement des
universités au Québec

Dans L’Action nationale d’avril 1998, monsieur Michel Moisan de
l’Université de Montréal décrit le déséquilibre du financement des universités
québécoises. Voici un résumé de son article.

Les anglophones forment 8,8 % de la population du Québec. Ils
reçoivent 23,6 % du total des subventions universitaires versées par le Québec et 36,7
% des subventions fédérales attribuées aux universités québécoises. En 1994, McGill
accueillait 39,8 % d’étudiants hors Québec et Bishop’s, la même année, 52,7 %. La
Charte de la langue française stipule que le Québec est un état francophone mais que la
minorité anglophone, par ses institutions propres, peut continuer de maintenir ses
effectifs. Or, le réseau universitaire anglophone accueille trois fois plus d’étudiants
que ce qui lui est nécessaire pour former les anglophones du Québec. Ceci constitue un
facteur d’anglicisation et, en conséquence, de bilinguisation du Québec. à l’heure des
compressions budgétaires féroces en éducation et en santé, le Québec et Ottawa
dépensent des sommes faramineuses pour former un pourcentage démesuré de non-résidents
du Québec SANS réciprocité des provinces canadiennes ou des états américains.
L’université de Toronto, en 1994, accueillait 2,7 % d’étudiants hors Ontario tandis que
les états-Unis accueillaient 3,1 % d’étudiants étrangers durant la même année.

Au minimum, le réseau universitaire anglophone devrait être
ramené à une taille plus conforme au poids démographique de la communauté anglophone
du Québec. Notons que l’Ontario, qui compte 600 000 francophones, n’a jamais eu
d’université francophone pour sa minorité francophone, semblable en nombre à la
minorité anglophone du Québec. Ce surfinancement des universités anglophones du Québec
se fait sur le dos des contribuables du Québec et au détriment des étudiants des
universités francophones québécoises. L’argent que l’on met en trop dans les
universités anglophones McGill, Concordia et Bishop’s, on le met en moins dans les
universités francophones, celles de Laval, de Montréal, du Québec et de Sherbrooke.

Le gouvernement du Québec a pris une bonne décision en exigeant
que les étudiants hors Québec paient des frais de scolarité comparables à ceux qu’ils
paieraient dans leur province d’origine. Il doit continuer dans ce sens c’est-à-dire
s’interroger sur la pertinence d’avoir trois universités anglophones surfinancées au
Québec. Est-il toujours justifiable de gaver le réseau universitaire de langue anglaise
à 3 ou 4 fois le pourcentage d’anglophones québécois?

Au terme de l’aperçu des considérations de monsieur Moisan sur le
scandale du financement des universités au Québec, ajoutons que si le Québec doit être
un état de langue française, les paroles nébuleuses et les voeux pieux ne suffisent
plus. La générosité béate et suicidaire doit cesser. En vue du respect de soi, place
aux actes, à la justice! Pour ça, il faut du courage et le sens de l’équité. Est-ce
trop demander au gouvernement qui nous a promis d’"oser"?

Jacques Poisson, président