LE RECUL DU FRANÇAIS AU CANADA – LES EFFETS DE L’ASSIMILATION CULTURELLE

LE RECUL DU FRANçAIS AU CANADA

LES EFFETS DE L’ASSIMILATION CULTURELLE : L’OUTAOUAIS QUéBéCOIS

Le tableau suivant (tableau 10) permet de constater que, même si les anglophones ne représentent que 13,18% de la population outaouaise, ce groupe intègre toujours plus de 56,1% des allophones qui optent pour l’anglais comme langue parlée à la maison. Selon certaines sources, ce phénomène reprendrait de la vigueur depuis quelques années !

Tableau 10
Mobilité linguistique des allophones
(RMR* de Hull)

1981 1991
Autres vers l’anglais 1 180 62,1 % 2 090 56,1 %
Autres vers le français 720 37,9 % 1 635 43,9 %
Total 1 900 100,0 % 3 725 100,0 %

Les transferts linguistiques entre francophones et anglophones en Outaouais confirment encore la dominance de la langue anglaise (tableau 11)

Tableau 11
Transferts linguistiques
entre francophones et anglophones
1991

RMR Hull Québec
Francophones vers l’anglais 5 160 58 040
Anglophones vers le français 3 155 54 305
Solde net – 2 005 – 3 735

Les chiffres du tableau 11 confirment la gravité de l’érosion culturelle dans la région outaouaise et pour l’ensemble du Québec. Dans les deux cas, il est aisé de constater l’attraction exercée par la langue anglaise. à elle seule, l’Outaouais serait responsable de 53,7% du solde net des transferts de l’ensemble du Québec vers l’anglais, langue dominante.

L’analyse de la situation démolinguistique de la région urbaine de l’Outaouais pose le problème de l’unilinguisme anglophone et de ses effets sur le milieu ambiant. La fonction publique fédérale, l’Ouest du Pontiac, la Basse Gatineau, le centre-ville de Hull et Aylmer sont autant de viviers linguistiques où l’anglicisation est à l’oeuvre. Les habitants anglophones ne voient pas la nécessité de parler français, si bien que plus de 46% d’entre eux «admettent» ignorer la langue commune et officielle du Québec !

RMR : Région métropolitaine de recensement

Déjà en 1977, le professeur Charles Castonguay de l’Université d’Ottawa écrivait : «Il faudra surtout que les gouvernements de Québec et d’Ottawa arrivent à articuler entre eux une politique linguistique cohérente pour l’Outaouais, afin de conjurer définitivement le spectre de l’assimilation qui plane sur la région (…) Nous continuons de croire que seule une politique de bilinguisme territorial (notamment pour Ottawa, la capitale fédérale) visant en particulier à établir le français comme langue véhiculaire incontestée dans la région de Hull, pourra efficacement à la fois sécuriser et mettre en valeur le fait français dans l’Outaouais.» (Le recul du français en Outaouais, Le dossier Outaouais)

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Le gouvernement canadien, par l’entremise de sa fonction publique fédérale, sert d’exemple à l’ensemble canadien. Corroborant cette réalité, le commissaire aux langues officielles écrivait dans son rapport de 1994 : «Les années passent, mais le dossier de la langue de travail dans l’Administration fédérale reste au même point : c’est la langue au bois dormant.»

Quels seront les princes qui, par leurs baisers, sauront réveiller la belle (la langue française) et éloigner les mauvais sorts que lui ont jetés de vilaines sorcières ?

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Quelques pensées :

«Le plus grand des crimes, c’est de tuer la langue d’une nation avec tout ce qu’elle renferme d’espérance et de génie.» (Charles Nodier, La Fée aux miettes)

«…une langue natale… c’est celle que l’on emporte partout à la semelle de ses chaussures. Et vous aurez beau nous dire de nous essuyer les pieds en entrant rien ni fera. Indécrottables, les galoches.» (Gérard Saint-Georges)


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