LE RECUL DU FRANÇAIS AU CANADA – LE QUÉBEC N’EST PAS EXEMPTÉ

LE RECUL DU FRANÇAIS AU CANADA

LE QUÉBEC N’EST PAS EXEMPTÉ

Le seul état français en Amérique du Nord, le Québec, a le devoir de se défendre et de défendre et promouvoir la langue française avec toute la vigueur nécessaire… et ce, sans recul et sans ménagement, car là comme ailleurs la langue française a besoin d’aide… les transferts linguistiques favorisant l’anglais.

Tableau 12
Assimilation au Québec (1991)

Langue
maternelle
Langue
d’usage
écart %
anglais 626 200 761 815 + 135 615 + 21,66 %
français 5 585 650 5 651 795 + 66 145 + 1,18 %
autres 598 455 396 695 – 201 760 – 33,71 %
Total 6 810 300

Source : Statistique Canada, Cat. 96-313F

Bien que ne représentant que 10% de la population québécoise, la communauté anglophone attire à elle seule tout près de 70% des transferts linguistiques. Ce fait invalide la prétention à l’existence d’une minorité anglophone propre au Québec. Les transferts linguistiques viennent gonfler l’importance de la communauté anglophone de 21,66% comme le montre le tableau 12.

S’agit-il vraiment d’une «minorité» ? Ou plutôt de la majorité canadienne ? De la majorité continentale ? Sur ce point, le Comité des droits de l’homme de l’Organisation des Nations unies est très clair : «Les citoyens canadiens anglophones ne peuvent être considérés comme une minorité linguistique.»

Parler de minorité anglophone au Québec et nier l’assimilation des francophones s’apparentent à de la désinformation ! La langue française au Canada sera toujours minoritaire, voilà pourquoi il faut freiner son déclin par des mesures spécifiques ne comportant aucune contrepartie à une prétendue minorité anglaise au Québec.

«La langue comme capital humain – un des avantages les plus importants est l’aptitude à communiquer avec d’autres personnes qui parlent et écrivent la même langue. De cet avantage découle un effet externe majeur (un impact sur les autres personnes). Quand, par exemple, une immigrante allophone venue à Montréal investit dans l’apprentissage du français, elle obtient un avantage pour elle-même, soit la facilité de communiquer avec ses voisins francophones; du même coup, elle accorde un avantage à ses voisins, puisque ceux-ci peuvent désormais communiquer plus facilement avec elle. Inversement, lorsque des immigrants allophones transfèrent leur loyauté linguistique à l’anglais, ils abaissent la valeur du capital humain des francophones. », de dire le professeur John Richards, professeur de Simon Fraser University.

Il ajoute : «Lorsqu’un immigrant transfère sa loyauté linguistique au français, il accroît le marché pour les activités culturelles francophones; si la majorité de la population montréalaise devait un jour cesser d’être francophone, les Québécois perdraient le seul centre métropolitain d’Amérique du Nord assez grand pour générer une production cohérente et de haute qualité en matière de journalisme, de télévision, de romans, de théâtre, de musique populaire et de cinéma en français.» (Language Matters, p. 11) Le Canada et le Québec, tous deux, seraient perdants.

Tableau 13
Pourcentage de la population
selon la langue maternelle
Île-de-Montréal

1971 1991
français 61,2 56,8
anglais 23,7 20,6
autres 15,1 22,6
Total 100,0 100,0

Source : Le français langue commune. Enjeu de la société québécoise. pp. 272-273

Les démographes prédisent que, d’ici l’an 2010, les francophones seront minoritaires à Montréal. Les démographes prévoient une poursuite et une accélération de la baisse observée allant même jusqu’à prédire une diminution du nombre absolu de francophones au Québec !

Le professeur Charles Castonguay disait à ce sujet : «La population francophone du Québec et du Canada entrera vraisemblablement dans une phase de disparition tendancielle. L’image est-elle trop choquante, trop mobilisatrice ? C’est néanmoins celles de démographes sérieux» : «Certains n’ont pas aimé l’expression disparition tendancielle, mais quand une population diminue de 20 à 30% en trente ans, elle est en voie de disparition. Cela prend du temps, mais la lenteur des phénomènes démographiques ne devrait pas étonner» (Jacques Henripin et Réjean Lachapelle, Le Devoir, 16 juillet 1977). Il suffit de consulter à nouveau les données du tableau 3 pour saisir toute la gravité de la situation !

Paraphrasant Radio-Canada : « Si la tendance se maintient,…» !!!

Le rapport annuel du Conseil du Trésor portant sur Les langues officielles dans les institutions fédérales démontre hors de tout doute une des contributions canadiennes à cette disparition tendancielle puisqu’au Québec, pour une population anglophone de dix pour cent, la fonction publique fédérale compte 52,7% de postes exigeant la connaissance de l’anglais. L’on sait que les francophones du Canada hors Québec sont bien loin de trouver un tel niveau de services.

Sous des apparences trompeuses, le gouvernement canadien joue un rôle primordial dans l’affaiblissement de la francophonie puisqu’il anglicise le Québec par l’intermédiaire de sa politique sur les langues officielles dans les institutions fédérales.

L’honorable Marcel Massé, président du Conseil du Trésor et ministre responsable de la Loi sur les langues officielles, déclarait le 3 octobre dernier : « Le point principal du rapport est que les langues officielles sont de mieux en mieux (!) mises en place au Canada…» Il ajoutait : « Au Québec, il y a une proportion d’anglophones et d’allophones qui est tout près de 20 p. 100; par conséquent, nous avons une proportion de fonctionnaires bilingues (52,7 % !) qui correspond aux besoins de la province (où la population anglophone n’est pourtant que de 10 p. 100). Dans les autres provinces, il y a des pourcentages plus bas (…) » puisque, selon lui, les besoins seraient «moindres» !!!

(Journal des débats)


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