LE POIDS DU FRANÇAIS : « EN CHUTE LIBRE »

Déjeuner-causerie d’Impératif français

LE POIDS DU FRANçAIS : « EN CHUTE LIBRE »

(Texte rédigé par Bernard Bérubé)

Si le professeur Charles Castonguay, de l’Université d’Ottawa, a encore un mince espoir que le gouvernement canadien se penche sur le problème de l’assimilation des francophones, ce n’est pas le cas de son confrère de l’UQAM, Gérald Larose. Ce dernier est convaincu que seule la souveraineté du Québec pourra assurer la survie du français au Québec.

Environ 150 convives ont assisté dimanche matin au déjeuner-causerie organisé par Impératif français au Château Cartier. Dans le cadre de la Semaine de la Citoyenneté qui se déroule cette semaine au Québec, les deux orateurs ont parlé d’assimilation et de citoyenneté. à cause du phénomène de la sous-fécondité des francophones, et en dépit de la loi 101 qui permet de mieux franciser les immigrants, Charles Castonguay estime que « le poids du français est en chute libre » au Canada. Selon des calculs fondés sur les données de Statistique Canada, il prévoit même que la proportion des francophones au Québec connaîtra une décroissance à partir de 2021. Ce qui inquiète le chercheur, autrefois un unilingue anglophone de l’ouest canadien qui s’est intégré à la communauté francophone de la région, c’est que «la volonté semble absente à Ottawa » pour corriger la tendance à l’assimilation, au Canada et au Québec.

D’autre part, Monsieur Castonguay a affirmé que la marge de manoeuvre du gouvernement québécois en matière linguistique est trop limitée pour assurer la survie du français. Il recommande une autre commission d’enquête sur le biculturalisme qui pourrait conclure « qu’au Québec, c’est en français que ça se passe », et reconnaître la nation québécoise.

L’ex-président de la CSN n’a pas été tendre envers le gouvernement canadien. Parlant du sentiment d’appartenance qui est une des conditions essentielles dans la notion de citoyenneté, Gérald Larose considère que « le jeu du fédéral est de prolonger l’illusion que ce pays pourra avoir un projet commun ». Dans ce but, Ottawa selon lui tire des boulets sur tout ce qui contribue à assurer le sentiment d’identité québécoise, que ce soit au niveau politique, économique ou culturel. M. Larose a cité le « zigonnage » de Patrimoine Canada aux sommets de la Francophonie. Il a aussi dénoncé les politiques d’empiétements du fédéral auprès des jeunes (bourses du millénaire) et des jeunes ménages (prestations de maternité) pour rapatrier le sentiment d’appartenance vers le fédéralisme. Il a aussi mentionné les contributions du même organisme à des "sectes" comme Alliance-Québec pour miner le développement d’un sentiment d’identité majoritaire au Québec et accréditer la thèse partitionniste.

Le président d’Impératif français, Jean-Paul Perreault, a parlé dans la même veine en soulignant que Patrimoine Canada a versé 2 M$ pour la promotion culturelle, dont 1 M$ à Alliance-Québec et 200 000$ à Outaouais-Alliance. Combien pour Impératif français ? 0 $.

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P.-S. Ceux et celles qui désirent obtenir plus de renseignements sur la conférence du professeur Castonguay « L’immigration et le déséquilibre linguistique » le peuvent en se rendant à l’adresse Internet suivante : http://www.imperatif-francais.org/bienvenu/articles/2000-et-moins/limmigration-et-le-desequilibre-linguistique.html