LE POIDS DES MOTS

LE POIDS DES MOTS

Martin Cauchon n’aime pas que le gouvernement du Québec ait choisi de désigner
"Capitale nationale"la région administrative de Québec. En fait, ceux pour qui
il agit ont décidé de ne pas tolérer que l’expression se retrouve dans un dépliant
destiné à soutenir la promotion de la région dans l’ensemble de la Francophonie. On lui
a donc dit de dire qu’il retirerait la contribution de 400 000 $ que le gouvernement
fédéral s’était engagé à verser au Groupe pour le rayonnement international . (Le
Devoir 27 août)

Il fait bien son travail Martin Cauchon." On est dans une démocratie, ils peuvent
utiliser ces mots comme bon leur semble, mais il m’apparaît difficile d’accepter ces
expressions dans notre entente." Le Canada n’accepte rien d’autre qu’une présence
anecdotique du Québec. Voilà déjà plusieurs années que les périphrases et les
euphémismes – qui n’ont d’autre effet que de nous déréaliser – servent à donner les
apparences de compromis pragmatiques pour laisser Ottawa gommer le dynamisme québécois :
chanson d’ici au lieu de chanson québécoise, culture francophone au lieu de culture
québécoise, théâtre d’expression française, la liste peut s’étirer. La tolérance
canadienne ne peut en subir davantage : le peuple québécois n’existe pas pour Ottawa et,
s’il peut bien endurer que, sur la scène locale, les Québécois aient une Assemblée
nationale, une Bibliothèque nationale etc., il n’est pas question pour lui de laisser
passer quoi que ce soit destiné à l’étranger qui pourrait laisser entendre qu’il existe
ici une nation qui tient à vivre et à se faire connaître en tant que telle.

La ministre Beaudoin a déjà laissé entendre qu’elle retirerait le soutien du
gouvernement du Québec si le Groupe pour le rayonnement international cédait au
chantage. Ce n’est pas suffisant. Elle doit rejeter ce qui a déjà été présenté par
le Groupe comme un compromis raisonnable avec la désignation "capitale du
Québec". Il y a une limite : le gouvernement du Québec ne doit en aucune manière
se faire le complice de manoeuvres qui viseraient à contourner les conséquences et la
portée des décisions de l’Assemblée nationale. Il est sans doute essentiel à la
carrière de Martin Cauchon que cette Assemblée soit provinciale mais il est contraire à
notre intérêt national de laisser entendre à qui que ce soit que la façon de nommer
notre territoire et nos institutions puisse faire l’objet de maquignonnage.

En traquant partout et tout le temps les symboles et les signes non seulement de notre
affirmation mais encore de notre simple présence, Ottawa démontre toute l’importance
qu’il faut accorder au poids des mots. Madame Beaudoin, les représentants de la région
et la population du Québec doivent en faire autant. Agir autrement, c’est accepter à la
face du monde qu’Ottawa prétende qu’on peut traiter les Québécois comme des gens qui
parlent pour ne rien dire.

Robert Laplante
Directeur de L’Action nationale

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