«E-MAIL» EST UN TERME BARBARE !

«E-MAIL» EST UN TERME BARBARE !

Bonjour

Ayant trouvé votre prospectus -intéressant au demeurant- lors de la Journée de la
francophonie hier soir, je voudrais formuler une petite mise au point concernant le
libellé de votre adresse, qui contient le barbarisme «Email».

Je regrette également que votre site http://www.devenir.org
ne comporte aucun lien de courrier électronique permettant un dialogue.

En tant que traducteur français d’anglais technique, je considère que le terme
anglo-américain "E-Mail" ou "Email » n’a pas sa place dans un document en
langue française. Au pire, le mot français « émail » serait préférable à ce
barbarisme.

S’agissant d’une abréviation dans une adresse (comme "Tél." ou
"Fax"), l’usage établi est d’écrire "Mél." signifiant
"messagerie électronique". Cet usage est confirmé et validé pour usage dans
les administrations, aussi bien au Canada (Office de la langue française) qu’en France
(Direction générale de la langue française).

Veuillez consulter à ce sujet les sites suivants:
http://www.olf.gouv.qc.ca/ressources/avis/fiches/1299158.htm

http://www.culture.fr/culture/dglf/mel.htm

Voici ce que précise l’administration canadienne à ce sujet:

"222. electronic mail;
mail boxing;
message handling;
Abrév. e-mail

courrier électronique n. m.;
courriel n. m.;
messagerie électronique n. f.;
Abrév. C. élec. n. m.;
Courrier électr. n. m.;
Cé n. m.;
Mél . n. m.

Terme non retenu : messagerie Internet

Service de correspondance sous forme d’échange de messages électroniques, à travers
un réseau de téléinformatique.

En France, c’est Mél. pour messagerie électronique que la Commission générale de
terminologie et de néologie a retenu comme abréviation pour désigner l’adresse de
courrier électronique. (Modifié le 97-11-17)

Terme à éviter : adresse e-mail
electronic mail message
Synonyme(s):
e-mail message
electronic message
e-mail
e-message

=courriel n m
Message transmis par un utilisateur vers un ou plusieurs destinataires, d’ordinateur à
ordinateur, via un réseau informatique, favorisant entre eux un échange rapide et sans
frontières.
Note(s): Par extension de sens (procédé de dénomination fréquent en néologie), on
utilise les termes « courrier électronique » et « courriel » pour désigner le
message lui-même. D’ailleurs, le mot « courrier » désigne couramment à la fois le
mode de transport (la poste) et la chose transportée (les lettres ou les messages).
D’origine québécoise, le mot-valise « courriel » (contraction de « COURRIer » et «
éLectronique ») présente l’avantage d’être court et peut concurrencer le « e-mail »
anglais. Du point de vue technique, un courriel est un message échangé entre deux
ordinateurs, qui sont connectés par modem à un réseau informatique, tel Internet. Il
est possible de joindre au courriel un fichier contenant des données multimédias (texte,
image ou son numérisés).

Synonyme(s):
message électronique n m
courrier électronique n m "
A toute fin utile, je reproduis ci-après le texte d’un article paru au Canada à ce
sujet.

Pour écrire dans le cyberespace un nouveau moyen technique apparaît, et avec lui une,
deux, trois appellations : en anglais, en français, longues ou abrégées, heureuses ou
moins heureuses. Elles vont et viennent, s’échangent, s’installent un peu; on les essaie,
on les compare, on en recommande… Le « service de correspondance sous forme d’échange
de messages, à travers un réseau de téléinformatique », qui a été popularisé par
le réseau Internet, s’appelle courrier électronique. On parle aussi dans ce cas de
messagerie électronique, terme qui est maintenant considéré comme un synonyme, même
si, à l’origine, il était perçu comme un générique. Par ailleurs, il y a environ deux
ans est apparu, sous la plume de Jean-Claude Guédon, dans La planète cyber, le
mot-valise courriel, formé à partir de courrier et de électronique.Même s’il n’a pas
encore eu droit de cité dans les dictionnaires usuels français, il a commencé à
s’implanter au Québec et est maintenant reconnu comme synonyme de courrier électronique
et de messagerie électronique dans un avis de recommandation de l’Office de la langue
française publié à la Gazette officielle du Québec du 10 janvier 1998. En anglais, ce
service a pour nom electronic mail, qu’on voit (et qu’on entend) généralement abrégé
en e-mail, email ou E-mail. Un autre avis de recommandation porte sur le terme adresse de
courrier électronique, qu’on peut raccourcir en adresse de courriel ou adresse
électronique. Il s’agit de l’« identifiant personnel d’un internaute grâce auquel il
peut communiquer par courrier électronique avec d’autres internautes » . C’est cette
adresse qu’on indique sur les cartes professionnelles et dans les en-têtes de lettres, et
qu’on voudrait parfois faire précéder d’une mention, comme pour les numéros de
téléphone et de télécopie. Tout comme l’adresse postale est facilement reconnaissable
sans que l’on ait besoin de la faire précéder de la mention « adresse postale » ou «
poste », il est généralement superflu de faire précéder l’adresse électronique d’une
mention, abrégée ou non, celle-ci étant une suite de lettres, de symboles ou de
chiffres nettement identifiable, surtout grâce à la présence du fameux @ (a
commercial). Dans le cas des numéros de téléphone et de télécopie, c’est bien sûr
différent, car ils ont la même forme et peuvent être confondus. Si toutefois on tient
à indiquer qu’il s’agit d’une adresse électronique, on peut inscrire soit le mot
courriel, soit une abréviation ou un symbole de courrier électronique : C. élec. ou
Cé. En France, dans ce cas, c’est Mél. (pour messagerie électronique) qui a été
retenu, avec une mise en garde indiquant que ce « symbole » ne doit pas être employé
comme substantif.

Noëlle Guilloton novembre 1998

Cordialement vôtre pour le rayonnement de la francophonie, « creuset dans lequel
différentes populations peuvent puiser la force de résister au nivellement des cultures
», comme vous l’écrivez très justement.

Monsieur
Denis Bloud
Mél.: bloud@itu.int
http://bloud.ctw.cc

(Le 21 mars 2000)