LE FRANÇAIS AU JEUX OLYMPIQUES

LE FRANçAIS AU JEUX OLYMPIQUES

La langue française, bien négligée aux jeux Olympiques d’Atlanta en 1996, a
retrouvé à Nagano pour les XVIIIe JO d’hiver, la place que lui attribue la charte
élaborée par Pierre de Coubertin. "Soyez les bienvenus à Nagano", même le
maire de la ville Tasuku Tsukada alterne l’anglais, le japonais et le français -au moins
cette formule- pour accueillir ses hôtes.

Dès l’embarquement à bord du train "shinkansen" à destination de Nagano, les
passagers bénéficient d’annonces verbales dans les trois langues, ainsi que sur le
journal lumineux de bord. Arrivés dans la ville olympique, sportifs, officiels et
journalistes sont guidés par des enseignes dans les trois langues tandis qu’une armée
d’interprètes, un brassard identifiant leur langue de travail, est à leur disposition.

Cette présence de la langue française est si flagrante que le Comité international
olympique (CIO) a remercié les organisateurs. "Nous avons remarqué l’effort tout
particulier fait par les organisateurs japonais pour que la charte olympique soit, à ce
titre, scrupuleusement respectée. Le CIO les a félicités", a déclaré Me
François Carrard, le directeur général du CIO.

Dommage que l’Association olympique canadienne n’ait pas pris de notes!

Seule fausse note relevée sur le ton de la plaisanterie par le prince Alexandre de
Mérode, président de la commission médicale du CIO: le "halte au sida" sur
l’emballage des préservatifs distribués au village olympique n’est qu’en japonais et en
anglais.

Cet état de fait est le résultat d’un long travail de préparation du côté français.
Des contacts étroits avec le Comité d’organisation de Nagano (NAOC) ont permis de
préparer la mise en place d’équipes de francophones à tous les niveaux. Le lexique
sportif des Jeux en langue française a été une coédition franco-japonaise. La France a
pris en charge une formation complémentaire pour 152 interprètes de six mois à un an.

Un concours de français "Nagano 98", le journal des Jeux, financé par le NAOC
et publié sous la responsabilité de l’agence Kyodo et du quotidien local Shinano
Mainichi, fait part égale aux trois langues grce à une équipe de huit journalistes
francophones. Ils sont dirigés par un ancien journaliste de l’Equipe, venu à Nagano avec
l’aide du Comité olympique français.

De même Info’98, le service d’informations réalisé par IBM et le NAOC, accessible via
internet, est disponible en anglais et
français, là encore grâce à des journalistes francophones.

Une cinquantaine d’interprètes ont été formés à l’Institut français de Tokyo. Ils ne
savaient pas que sa directrice, Marie-Christine de Navacelle, est une petite nièce du
Baron de Coubertin. Elle a d’ailleurs été invitée à ce titre à la cérémonie
d’ouverture des Jeux.

Pour compléter cette action de sensibilisation à la langue française, l’Institut de
Tokyo et ses antennes au Japon ont organisé un
concours de français sur le thème des sports d’hiver pour les élèves des lycées. La
finale aura lieu le 22 février, le jour de la clôture des JO et cinq élèves
accompagnés de leur professeur gagneront un voyage à Chamonix, station qui a accueilli
les premiers Jeux d’hiver en 1924.

(Source AFP+SRC)