LANGUE FRANÇAISE DANS LES INSTITUTIONS EUROPÉENNES

LANGUE FRANçAISE DANS LES INSTITUTIONS EUROPéENNES

Après avoir eu connaissance, par la presse, de l’évolution des pratiques
linguistiques au sein de la Commission européenne
et appris le comportement pro-anglais d’un haut fonctionnaire français, l’association
DéFENSE DE LA LANGUE FRANçAISE a écrit à M. Lionel Jospin, Premier ministre, Mme
Catherine Trautmann, Ministre de la Culture et M. Pierre Moscovici, Ministre délégué
aux Affaires européennes pour faire part de son inquiétude et de son indignation.

à titre d’information le texte de la lettre à M. Jospin est joint à la présente.
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M. Lionel JOSPIN
Premier ministre
58, rue de Varenne
75007 PARIS

Réf : MD99266
Objet : langue française dans les institutions européennes

Paris, le 4 octobre 1999

Monsieur le Premier ministre,

La presse vient de se faire l’écho des pratiques linguistiques observées au sein de
la commission européenne (Libération du
29 septembre 1999). Cette observation confirme l’hégémonie de plus en plus grande de la
langue anglaise au sein des
institutions européennes au détriment de l’usage des autres langues et en particulier de
l’usage de la langue française.

Le même journal relate le comportement inacceptable d’un haut fonctionnaire français,
M. Christian Noyer, vice-président de
la Banque centrale européenne. Il a choisi, le lundi 17 septembre, de s’exprimer en
anglais devant la commission
parlementaire des Affaires monétaires, alors qu’un dispositif de traduction simultanée
dans les onze langues de l’Union
était prévu.

Cette attitude est en complète contradiction avec les recommandations que vous avez
édictées dans le vade-mecum " guide sur
le français dans les institutions européennes ". Ce guide paru début 1999 rappelle
bien les devoirs et obligations des hauts
fonctionnaires français en matière linguistique. L’attitude de M. Noyer constitue donc
une indiscipline notoire. Nous vous
demandons de bien vouloir faire rappeler à ce fonctionnaire de la République les devoirs
de sa charge à défaut de lui faire
aimer son pays et sa langue.

Nous vous prions d’agréer, Monsieur le Premier ministre, l’expression de notre haute
considération.

Marceau Déchamps
Vice-président
dlf78@club-internet.fr

P.J. Article du journal Libération : http://www.liberation.fr/commission/990929.html

(Le 6 octobre 1999)