L’AFFAIRE MICHAUD

L’AFFAIRE MICHAUD

Comme propos antisémites l’on pourrait
facilement trouver mieux !

Les représentants du
B,Nai Brith et du gouvernement du Québec présents aux audiences des états
généraux lorsque M. Yves Michaud a fait sa présentation l’ont entendu inviter
les Québécois, en citant le Chanoine Groulx, « à posséder comme les Juifs
leur âpre volonté de survivance, leur invincible esprit de solidarité, leur
impérissable armature morale », ajoutant, par la suite, «que l’antisémitisme
était une attitude antichrétienne et que les chrétiens sont en un sens
spirituellement des sémites». Comme propos antisémites l’on pourrait
facilement trouver mieux ! Depuis quand l’antisémitisme consiste-t-il à
prendre les juifs comme modèles ?

Motion de blâme
– Nous reproduisons la motion de blâme de l’Assemblée nationale. Vous
constaterez par vous-même qu’en aucun temps l’on invoque les propos positifs de
M. Michaud sur le peuple juif: «Que l’Assemblée nationale dénonce sans
nuance, de façon claire et unanime, les propos inacceptables à l’égard des
communautés ethniques et, en particulier, à l’égard de la communauté juive
tenus par Yves Michaud à l’occasion des audiences des états généraux sur le
français à Montréal le 13 décembre 2000.» Signé du député de D’Arcy-McGee
et du député de Sainte-Marie-Saint-Jacques.

Manipulation
politicienne
– Les
représentants du B’Nai Brith,les députés de l’Assemblée nationale qui ont
voté la motion de blâme,le Premier ministre du Québec et Président du Parti
québécois, M. Lucien Bouchard, et le Chef de l’opposition, M. Jean Charest,
grand responsable de cette controverse, n’ont à aucun moment évoqué dans
toutes leurs interventions publiques ce témoignage d’admiration à l’endroit du
peuple juif. Se pourrait-il que de taire ces déclarations permettait
d’atteindre d’autres fins politiciennes !

Les droits et libertés
fondamentales de la personne –
à
la lecture de la Charte québécoise des droits et libertés, il est facile de
constater que plusieurs de ceux-ci n’auraient pas été respectés dans ce
cas-ci. En voici quelques-uns :

– «Toute personne est
titulaire des libertés fondamentales telles la liberté de conscience, la
liberté de religion, la liberté d’opinion, la liberté d’expression, la
liberté de réunion pacifique et la liberté d’association.»

– «Toute personne a le
droit à la sauvegarde de sa dignité, de son honneur et de sa réputation.»

– «Toute personne
légalement habilitée et qualifiée a droit de se porter candidat lors d’une
élection et a droit d’y voter.»

– «Une atteinte
illicite à un droit ou à une liberté reconnu par la présente charte confère
à la victime le droit d’obtenir la cessation de cette atteinte et la
réparation du préjudice moral ou matériel qui en résulte.»

Que l’on soit en accord
ou en désaccord avec certains propos, que l’on aime ou n’aime pas certains des
personnages en cause, ou que l’on soit membre ou non-membre de telle formation
politique, certaines valeurs humaines fondamentales doivent transcender dans
notre interprétation de cette situation : les droits et libertés de la
personne doivent être respectés. Dans le cas contraire, comme dans celui-ci,
tout citoyen a le droit d’exiger que réparation entière et totale soit faite
contre sa personne.

Qu’attendent donc l’Assemblée
nationale, le Premier ministre et le Chef de l’opposition, ce dernier étant le
grand responsable de cette controverse ?

Plus le temps passe,
plus toute l’affaire prend une coloration suspecte !