LA PRESSE ALLEMANDE ÉCRIT EN ANGLAIS

LA PRESSE ALLEMANDE éCRIT EN ANGLAIS
… pour se mettre à la page.

Article extrait de La Presse, Montréal, du mardi 4 avril 2000 –
agence France-Presse – Berlin

La presse allemande, avide de reconnaissance internationale, veut se mettre
à la page en écrivant dans la langue de Shakespeare, comme l’illustre le
lancement récent de suppléments en anglais dans deux des plus grands
quotidiens nationaux.

La Frankfurter Allgemeine (FAZ), qui tire à un demi million d’exemplaire, a
commencé hier à publier une édition anglophone, vendue dans les pays de
langue allemande avec l’International Herald Tribune.

De son coté, le quotidien conservateur Die Welt propose dans son cahier
"Culture" depuis le 1er avril une page réservée à des auteurs anglo-saxons,
baptisée Atlantic Daily. Le quotidien, dont le tirage atteint plus de 220
000 exemplaires, avait déjà créé en octobre une page en anglais sur Berlin,
publiée uniquement dans l’édition berlinoise et désormais accessible sur
l’internet.

Pour les journaux, il s’agit tout d’abord de montrer leur ouverture sur le
monde. "Ils cherchent à établir leur prestige", estime le président de la
Fédération allemande des Journalistes (DJV), Siegried Weichenberg.

Car les Allemands pensent que "parler anglais, c’est être moderne" note
Johano Strasser, secrétaire général du Pen Club allemand. Même dans la rue,
chacun se pique de colorer son discours de mots américains pour avoir l’air
savant, ajoute le responsable de l’association d’écrivains.

Contrairement à ce qui se passe en France, cette invasion d’une langue
étrangère n’est pas perçu comme dangereuse. Il n’existe pas en Allemagne
d’institution comme l’Académie française qui veille à préserver la couleur
nationale des mots.

La Frankfurter Allgemeine souligne ainsi que "face aux tendances croissantes
à la mondialisation, la FAZ veut prouver qu’elle n’est pas seulement un
"journal pour l’Allemagne" (le sous-titre du Quotidien, NDLR), mais qu’elle
est aussi la voix de la presse allemande dans le monde".

* fin de l’article *

A quand maintenant une version anglaise du Journal de Montréal ou de la
Presse pour établir leur prestige? J’imagine qu’avec les éditeurs et les
propriétaires de la presse écrite au Québec, cela ne saurait tarder………

Daniel A. Duclos
d.duclos@sympatico.ca

(Le 5 avril 2000)